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Tous les commentaires sur cet article
ouaipok
Posté le 16-05-2009 à 09:25:55
C'est scandaleux de croire qu'une coupure internet peut s'apparenter à une série de "ripostes graduées". Privé quelqu'un d'internet, en lui faisant croire que c'est pour son bien et celui de l'art, revient à un véritable ostracisme moderne.
Les personnes des quartiers populaires si elles sont touchées par ces mesures seront encore une fois un peu plus coupés des autres.
Quant à la loi elle est fatigante. Parler de l'évolution des technologies ne sert pas juste à faire bel effet. De plus en plus de gens achètent tout en téléchargeant (peut être moins qu'avant) mais cela libère du pouvoir d'achat pour d'autres formes d'art. Il est intéressant de voir que les chiffres sur les salles de concert sont toujours un peu flou. De plus, ce nouveau contexte pousse à l'innovation intellectuelle, technologique et artistique.
Loizbec
Posté le 13-05-2009 à 01:02:57
@mononoke74
 
merci de prendre le temps de lire des contre arguments, même s'ils ne te convainquent pas. Si je comprends bien ce papier (et il n'est pas du tout exclu que je n'aie pas appréhendé toute sa porté), après avoir "semé la pagaille" au sein des partis français, la loi hadopi porterait un coup au scrutin européen. C'est intéressant, mais je ne comprends pas bien la morale de cette histoire. Débattre des lois et perdre son temps à essayer de se documenter (plutôt que regarder la télé ou faire du shopping) nuirait donc à la "démocratie" ?
 
bonne journée à toi
mononoke74
Posté le 12-05-2009 à 19:27:22
@loizbec
 
Bravo pour ton argumentation. Tu m'a convaincu d'une chose c'est que tu as beaucoup, beaucoup de temps libre apparemment .
 
Ayant moi aussi du temps libre je te conseille la lecture de ce papier.  
http://www.lefigaro.fr/politique/2009/05/08/01002-20090508ARTFIG00002-loi-hadopi-le-gouvernement-affiche-sa-confiance-.php
 
Bonne journée
Loizbec
Posté le 12-05-2009 à 15:20:07
C'est rigolo, sur un échantillon non représentatif, les désaccords "pro hadopi" ont tendance à se contenter de 2 lignes péremptoires et définitives. Alors que les autres tendent à argumenter.
Ça pose beaucoup de questions sur le fameux article :
http://www.framablog.org/index.php/post/2008/12/07/est-ce-que-google-nous-rend-idiot
Est-ce que les pro-hadopi passent plus de temps sur internet que les autres ? Est-ce que les gens qui contestent la loi hadopi sont forcés de lire des articles jusqu'au bout ? Ou enfin est-ce que l'utilisation d'internet nuit a la faculté de synthétiser l'information, et de traiter l'information synthétisée, ce qui expliquerait pourquoi je n'ai rien compris au message de fred6633 ?
Et enfin, la contestation a-t-elle le monopole de la justification ou est-ce une perception erronée ? Enfin j'ai l'impression qu'en règle générale, les mesures les plus contestées sont toujours justifiées par un bon vieux TINA (There is no alternative : voir les reportages de mermet sur chomsky), alors que la contestation semble proposer des arguments plus réfléchis, mais toujours balayés d'un revers de main "TINA".
fred6633
Posté le 12-05-2009 à 08:55:42
On sacrifie la musique et les jeunes créateurs sur l'autel internet au profit de quelques founisseurs d'accès et autres publicitaires, sous les bravos de l'extrème gauche. Madoff-Besancenot même combat...quelle époque !
Loizbec
Posté le 12-05-2009 à 00:38:05
@pierroMontmartre
mmm, merci pour tout ce grain à moudre. Cependant il y a une contradiction dans le témoignage de johnndoe... Et spontanément j'aurais plutôt tendance à accorder plus de crédit à sa vision des choses qu'à la tienne.
D'autres articles au cas où ça t'intéresserait de prendre le risque intellectuel d'écouter des gens pas d'accord avec toi (quitte à les trouver naïfs, anarchistes ou sombrement cons APRÈS lecture) :
http://www.internetactu.net/2008/03/10/la-gratuite-est-elle-lavenir-de-leconomie/
http://blog.mondediplo.net/2007-12-27-Des-maisons-de-disques-bousculees-par-la-rue
http://www.monde-diplomatique.fr/1998/06/D_ANGELO/10606
http://caveat.ouvaton.org/2008/02/16/qui-veut-la-peau-du-domaine-public-pour-faire-plaisir-a-aznavour/
http://www.lekti-ecriture.com/bloc-notes/index.php/post/2008/10/04/Portrait-du-pirate-en-conservateur-de-bibliotheque
Le meilleur pour la fin, si tu n'en lis qu'un, lis celui là :
http://petaramesh.org/post/2009/03/11/La-bete-est-morte-mais-elle-nuit-encore
Si tu n'aimes pas lire, voici quelques liens vers des fichiers bittorrent... (une recherche google "bittorrent client" devrait te permettre de trouver facilement des logiciels GRATUITS pas piratés pour les télécharger). Mais ne t'inquiète pas, il ne s'agit que de cinéastes qui "laissent la porte de chez eux ouverte". Les films sont licenciés creative commons (http://www.wumingfoundation.com/italiano/outtakes/copyleft_french.html), et leur téléchargement ainsi que leur diffusion (tu as même le droit d'ouvrir la porte du hall d'entrée, même si tu fermes les autres pièces à double tour) :
http://www.stealthisfilm.com/Part2/download.php excellent documentaire en 2 parties avec des sous-titres français pour les deux...
http://www.goodcopybadcopy.net/download (pas de sous-titres ici, mais tu peux trouver une version de moindre qualité vidéo mais avec sous-titres incrustés ici : http://www.goodcopybadcopy.ralamax.net/ mais le lien a l'air mort)
Et puis si, en même temps que tu t'invites chez eux pour l'apéro, tu veux apporter des cacahuètes, chacun des sites permet des donations. Mais, si t'as pas les moyens, parce que t'as tout filé à Vincent Delerm, ses musiciens contractuels, ses ingénieurs du son, les commerciaux de "tôt ou tard" et les actionnaires de la fnac (http://biz.branchez-vous.com/actuaffaires/2009/03/la_fnac_frappee_par_la_crise_e.html), ils ne t'en voudront pas que tu viennes les mains vides. C'est toujours mieux que de leur poser un lapin...
PierroMontmartre
Posté le 11-05-2009 à 10:12:16
excuz moi loisbec mais é ce que toi par exemple tu laiss la porte de chez toi ouverte pour que tou le monde vienne se servir ? non ? et ben c'est pareil pour le téléchargement illégal figure toi !!
Loizbec
Posté le 09-05-2009 à 11:45:08
Quelques remarques :
Le débat sur l'université était effectivement trop court. Le problème de la commercialisation du savoir est transversal à l'art et la recherche. Et c'est aussi contre ça que les chercheurs se battent.
 
Sur le débat HADOPI :
Il est effarant de constater à quel point les gens qui s'insurgent contre les sales pirates sont ignorants non seulement de leurs pratiques et attentes, mais surtout des technologie (même celles qui relèveraient de leurs compétences). Je ne sais pas si les invités pro HADOPI étaient caricaturaux, mais leurs interventions étaient teintées d'un mépris pour les gens et d'une incapacité à croire en la nature humaine, qui ne donne pas envie de financer leur travail...
Pour revenir au débat, il a été question de la licence globale (qui pour moi est un mauvais système de répartition en ce sens qu'il ne laisse pas assez libre les gens de décider ce qu'ils donnent à qui. Voir l'excellent article suivant : http://petaramesh.org/post/2009/03/11/La-bete-est-morte-mais-elle-nuit-encore) et Carrière dans toute son ignorance des gens qu'il semble exécrer sans les connaitre la déclare, impossible à mettre en place. Mais les auditeurs témoins existent déjà !!! Allez donc faire un tour sur last.fm (qui appartient à CBS, les gens de l'industrie devraient connaitre) : le groupe le plus écouté l'est par 120000 personne. Je ne connais pas le nombre de membres, mais il y a assez de volontaires pour un échantillon représentatif.
 
Enfin, il y a un aspect du débat curieusement passé sous silence : la comparaison des offres. La différence ne réside pas seulement entre gratuité et non gratuité. Mais entre qualité et médiocrité. Et la qualité semble être un concept qui échappe à l'industrie du disque. Les pirates ont accès à des milliers d'album rip parfait de CDs (protocole en 12 pages, format sans perte FLAC), des rips de vinyls en 24bit/96kHz (et FLAC), quand ils recherchent des mp3 ce sera du VBR lame en V2 ou mieux en V0, ou du 320kbps. Maintenant récapitulons l'offre de l'industrie :
     * mp3 128 kbps
     * drm parfois
     * vendus par une industrie perçue comme une sorte d'empire du mal qui spolie ses artistes.
Et quand on voit les problèmes de youtube pour payer sa bande passante, quand on imagine la taille des serveurs nécessaires à l'itune store on peut imaginer pourquoi il n'y a pas de place pour une offre comparable à celle du p2p. Seules de petites plateformes proposent actuellement légalement du lossless (mergerecords.com, DandyWarhols.com). Finalement, peut être que le seul moyen de proposer de la qualité sur une offre large c'est le p2p...
nathous
Posté le 08-05-2009 à 21:11:18
Quel dommage que le dialogue sur l'université eut été si court !  
Il faudrait une émission entière sur le sujet.
floydangel
Posté le 07-05-2009 à 15:15:09
Il y a quelques années, les artistes ont tenté de se battre contre justement "l'industrie" qui distribuait les oeuvres ( ex: universal). c'était alors un débat récurent. Biensûr, ce combat était perdu d'avance comme tout combat contre des multinationales.  
 
Puis est apparue "l'industrie" du net (parmis lesquelles figurent des fournisseurs d'accès!!) avec la mise à disposition d'outils, pour les internautes, permettant de visionner ou télécharger librement tout type de support (photos, vidéo, musiques...). Le tout financé entre autre par l'abonnement à internet, par des frais d'accès ou tout simplement par la publicité...  
 
Le combat contre cette nouvelle industrie étant une nouvelle fois perdu  d'avance, quoi de plus naturel que de se retourner tout simplement contre les utilisateurs !!!!  
Et oui, nos politiques pensent... On va "responsabiliser" les internautes (qu'est ce qu'ils aiment ça "nous responsabiliser"!!! Autrement dit, tu paies...mais tu touches pas!!!! parce que Attention on te surveille...  
Et oui, il est là le probleme, pour moi, de cette loi : c'est un droit pour l'Etat de nous surveiller, une fois de plus.
 
Pour ma part, je confirme, s'il m'arrive de télécharger un album ou un film cela ne m'empêche pas (au contraire!) d'aller l'acheter. Et au moins je sais que je ne vais pas être déçu...  
Et puis lorsque je suis fan de quelqu'un (comme Francis Lalanne par exemple je vais acheter tous les albums sans même les avoir préalablement téléchargés, je vais aller aux concerts, acheter le tee shirt..... parce que je suis fan!!!
bz438a
Posté le 07-05-2009 à 09:59:24
Emission très intéressante et utile.
 
Enfin on a pu entendre certaines choses, souvent tues...
 
1) les internautes NE téléchargent PAS gratuitement contrairement à ce que l'on essaye de faire croire :  
    ils payent leur connexion et leur fournisseurs d'accès (qui en attendant s'en mettent plein les poches sans rémunérer  les artistes via la SACEM)
    et en utilisant une partie du coût de connexion on pourrait compenser partiellement le manque à gagner constaté.
    Au contraire, avec une diffusion plus importante, avec une extension au monde entier, ce que permet Internet,
    il serait possible de retrouver des profits corrects.
    En fait, les "majors" préfèreraient que la mondialisation leur apporte une mondialisation de leurs bénéfices, au lieu
    d'étendre le public atteint par une mondialisation accompagnant une diminution du coût du produit individuel, le rendant
    enfin accessible à chaque citoyen du monde !
 
2) le coût de production des majors est souvent lourdement grèvé par les coûts de marketing et de publicité, qui
    ne servent pas nécessairement l'artiste, plus que si son oeuvre avait été mise à disposition gratuitement ou pour un
    prix plus modique. Le téléchargement "gratuit" est une alternative au marketing/publicité qui ne fait pas l'affaire
    des publicitaires qui se sentent mis hors-jeu et dont les lobbies essaye bien sûr d'empêcher cela.
    Ce n'est pas pour autant que les artistes ne vivraient pas de leurs concerts.
 
3) Pourquoi à l'époque les gens qui enregistraient de la radio n'étaient pas considérés comme des pirates ?
    Et pourquoi aujourd'hui, les gens qui téléchargent et s'échangent des fichiers seraient considérés AUTREMENT ?
 
 
Une chose qui n'a pas été dite.... mais a faire remarquer selon moi.
 
4) Pourquoi les consommateurs qui achètent légalement un DVD, doivent obligatoirement visualiser ces  
    publicités anti-piratages qu'ils ne peuvent pas "skipper" et prennent un temps inutile, et qui ne les  
    concernent pas, puisqu'ils ont payé leur produit !!  
    Alors que les versions "pirates" bien sûrs ne les contiennent pas !!!
    Cela occupe en plus une place inutile sur les DVD
    qui pourraient être mises à profit pour ajouter quelques bonus  plus attrayants.
     
 
Merci à Frédéric Taddéï, Philippe Aigrin, Francis Lalanne et Santiago H. Amigorena qui ont éclairé le
débat sous un jour un peu différent que les poncifs habituellement égrénés par certains lobbies influents.
kev3784
Posté le 07-05-2009 à 09:54:53
Certaines choses peuvent être gratuites, à commencer par le système d'exploitation de votre ordinateur (Linux par exemple). Malheureusement, des sites comme celui de France 3, en utilisant un système de vidéos Microsoft, empêche les utilisateurs de Linux de pouvoir regarder ses vidéos. Je n'ai donc moi même pas pu voir la vidéo de cette page. Merci le service public...
RasLaFrange
Posté le 06-05-2009 à 15:02:24
Merci de l'info johnndoe.
et Bravo à Francis Lalanne qui a été brillant sur le sujet, et qui gagne décidément à être mieux connu et plus écouté, au moins en tant que politique .
Merci, Francis.
LeMontFuji
Posté le 06-05-2009 à 15:00:52
Tout le monde comprend qu'il est triste est décevant de voir le travail de quelqu'un volé.
Tout le monde comprend qu'il y a malaise chez les artistes, puisqu'ils disent tous qu'ils gagnent moins d'argent alors que les majors déclarent des profits en hausse.
Tout le monde est contre les suppressions d'emplois qu'ils soient chez Caterpillar, Continental ou dans l'industrie du disque.
 
Mon métier à moi ce n'est pas artiste.
Je travail dans le domaine de l'informatique et je vous assure que cette loi ne vous protégera pas. Elle n'aidera pas, elle risque même de mettre des familles qui n'y connaissent rien à l'informatique dans de très mauvaises situations. Comment voulez vous que des parents ignorants les détails du contenu de leur ordinateur familiale puissent réprimander leurs enfants alors qu'il n'y connaissent rien ?  
 
Pensez vous normal que des agents administratifs soient mis en place pour tenter de vous défendre ?
Ne préférez vous pas que, comme dans tous Etat de droits, des juges ou des gendarmes compétent s'occupe de ce genre de choses ?
(Alors qu’ils existent déjà… ils font un travail formidable pour lutter contre la pédophilie !)
 
Cette loi est liberticide et ce n'est pas parce qu'elle voudrait lutter contre des pirates informatiques mais parce qu'elle est très mal faite.
Savez vous que même des associations de consommateurs ont demandées a la ministre de consulter des professionnels de l'informatique ?
 
Je suis révolté contre le non respect des artistes et contre le non respect de ma profession.
On vole leurs travail et on pense que le mien n'est que broutille.
Qu'on demande aux professionnels de l'informatique d'aider la ministre et une bonne solution sera mis en place. Ce n'est pas compliqué il suffit qu'elle pose enfin des questions...
johnndoe
Posté le 06-05-2009 à 12:29:58
Dans cette émission une fois de plus on nous a servis un paquet de banalités et de contrevérités. Une me révolte particulièrement faire l'amalgame vole d'objet, vole de fichiers numériques.
 
Je vous invite à lire cela, trouver sur le site de pour le cinéma, qui bien qu'ils s'opposent à la loi hadopi, défend les intérêts du secteur.
 
 
La licence globale : il est temps d’entrer dans l’ère numérique !
 
 
Les discussions relatives à la circulation des œuvres sur Internet conduisent toujours à la même impasse : la répression. Le très controversé projet de loi Création et Internet en est l’éclatante illustration. Cet égarement peut s’expliquer par le refus de certains, dont le législateur, de se poser les vraies questions : quel est le prix des biens culturels dématérialisés ? Quels doivent être leur mode de commercialisation ?
 
Dans notre raisonnement, le bien culturel n’est pas l’œuvre en elle-même (l’art a-t-il un prix ?) mais sa cristallisation sur un support.
 
Les supports physiques, une cassette ou un DVD d’une œuvre, ont un prix. Le prix d’un support dépend étroitement de son coût. Dans la théorie économique, le prix est déterminé en fonction du coût marginal. Par exemple, un CD a un coût marginal positif, car produire un CD supplémentaire et le mettre à disposition ne peut se faire sans dépenses supplémentaires (la production de l’objet physique, le transport, le stockage, la distribution).
 
Autre caractéristique essentielle du bien physique : sa « rivalité ». S’il ne reste qu’un seul CD dans un rayon et que vous l’achetez, vous privez le consommateur qui vous suit et si vous partez sans payer vous privez le disquaire d’une vente (et il réalise une perte, le prix auquel il a acheté ce CD).
 
Dans l’économie de l’immatériel, les choses sont bien différentes et cela pour une raison : le coût marginal de production d’un fichier numérique est nul. Plus précisément, on peut multiplier les fichiers numériques d’une œuvre pour un coût égal à zéro. Aussi, contrairement au support physique, le fichier numérique est un bien « non rival ». Lorsque vous téléchargez un morceau de musique vous ne privez personne et personne ne réalise de pertes. Il peut donc être possédé par tous. C’est d’ailleurs pour cette raison que comparer le téléchargement d’un fichier au vol d’une baguette de pain n’a aucun sens !
 
Par conséquent, la dématérialisation parce qu’elle permet un partage sans coût de la culture, parce qu’elle constitue un accès à l’information et à l’art pour tous, remet fondamentalement en cause les modèles économiques existants. Dès lors, il apparaît essentiel de proposer de nouvelles formes de rémunération pour allier les avantages d’Internet à une juste rétribution des artistes/créateurs.
 
Notre point de vue est que dans une économie de coûts fixes, distribuer un ou 10 000 MP3 ne fait pas varier le coût de production, il est plus pertinent de faire payer l’accès et non pas la quantité. Ce mode de commercialisation, apparut avec la commercialisation de l’accès à internet (le forfait illimité), est le modèle consacré par l’économie numérique.
 
Pour bien comprendre la pertinence d’un tel modèle nous pouvons nous appuyer sur la fiction, riche d’enseignements, de Nicolas Curien:
 
« Supposons que, dans le monde « physique », ait été inventée une technologie « miracle » qui permette de remplacer immédiatement, à l’identique et sans aucun coût, tout CD retiré des bacs d’une surface de distribution. Dans un tel monde, il apparaîtrait impensable que des caisses soient disposées en sortie de magasin afin de faire payer les CD emportés par les « clients » : celui qui part avec 100 CD « cause » en effet exactement le même coût que celui qui part avec 10 CD ou encore que celui qui part avec 1000 CD, c’est à dire zéro ! En revanche, personne ne comprendrait que des caisses ne soient pas installées à l’entrée, afin de facturer l’accès à une telle caverne d’Ali Baba »1
 
Tout le monde comprendra que Nicolas Curien défend dans cette fiction la licence globale. Ce travail vise à illustrer que l’on peut garantir à la fois l’accès à la culture et la création de revenus.
 
On peut également ajouter que l’accès à la culture n’est pas le point final de ce processus. Un certains nombre d’études récentes2 semblent le montrer : le téléchargement créerait de nouvelles appétences chez le consommateur. D’ailleurs, cela corrobore les principaux résultats de notre propre étude. Nous avons, par exemple, observé que bien que le téléchargement existe depuis plusieurs années, le secteur de la culture se porte plutôt bien, voire mieux, puisque certaines activités comme le spectacle vivant et le cinéma en salle explosent… De la à y voir un lien de cause à effet, il n’y a qu’un pas.
 
Par conséquent, il apparaît que la licence légale constitue le modèle économique adapté au monde numérique. Nous irons même plus loin, elle n’est pas un remède à un mal (le téléchargement), elle est une ouverture vers une nouvelle ère économique, fondée sur le cercle vertueux de la diffusion et du partage, qui créera plus de richesses que le déclin du monde physique en a détruit.
 
 
 
source: http://pourlecinema.over-blog.fr/article-30347389.html
ModerateurFTV
Posté le 06-05-2009 à 12:21:04
Emission du mardi 5 mai