Dur métier que celui de ligneur, surtout lorsqu'il est pratiqué dans les eaux tumultueuses de la Mer d'Iroise. Un métier rude qui rend rude celui qui le pratique. D'accord.
L'équipe de reporters de Thalassa a passé plusieurs heures avec ces pêcheurs, dans des conditions difficiles, et elle éprouve visiblement de la sympathie pour eux. Toujours d'accord. Mais nul n'est besoin d'inventer des explications qui ne tiennent pas debout pour expliquer que l'ami Mick traite de "fumier" un malheureux plaisancier qui pêchait moteur arrêté.
Je cite : "S'il y a bien une chose que Mick déteste, ce sont les plaisanciers qui viennent tenter leur chance sans savoir qu'en naviguant n'importe où, ils éloignent les bancs de bars". A qui pourrait-on réussir à faire croire cela ? La vérité, plus prosaïque, est que le ligneur voulait mettre sa ligne où se trouvait le plaisancier, pourtant arrivé avant lui. Et Mick ne s'en cache pas, puisqu'il dit : "Je vais mettre ma ligne là !". Ce qui, entre parenthèses, est bien la preuve qu'il ne pense pas que la présence du plaisancier ait pu chasser les bars !
Bref, on a droit a des commentaires qui essaient de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Idem pour le culte du secret qui règne dans ce milieu, à propos des quantités de poissons débarqués. Puisque c'est vendu et donc enregistré en criée, je ne vois pas comment il pourrait y avoir "secret". Ou alors, c'est un secret très sélectif dont on peut se demander la signification.
Bref, on souhaiterait un peu plus d'objectivité dans les commentaires. Et des commentaires qui ne restent pas aussi superficiels. En quelque sorte, des commentaires de journalistes d'investigation.
Thalassa ne nous livre, hélas trop souvent, que de bien belles images d'Epinal, destinées à ravir les yeux sans faire travailler le cerveau.