Yes U235 Can | Le 17-02-2009 à 15:34:59, ablpb a écrit :
Docteur en physique. Je ne peux pas dire que je sois surpris. Vous corroborez mon sentiment. Mais êtes-vous sûr de ne pas faire partie des cerveaux formatés comme j’en ai rencontré tant dans le milieu scientifique ? En quoi vous démarquez-vous de la pensée dominante ? Dans ce que vous avez dit jusqu’à présent, je suis désolé d’avoir à le dire, mais je ne le vois pas…
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Pour vous, donc, partager la pensée dominante c'est forcément avoir tort?!?
Le 17-02-2009 à 15:34:59, ablpb a écrit :
Et puis, vous avez certainement lu Descartes à l’école.
Et après cela, quels autres auteurs auriez-vous lu qui proposent une vision différente du savoir, du raisonnement, de la pensée, de l’homme, du monde vivant ?
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Au risque de vous décevoir, non je n'ai pas lu Descartes, ni à l'école ni après.
Et au risque de vous surprendre j'ai lu et je lis régulièrement: Nietzsche, Onfray, Laborit, Asimov, Huxley, Villiers de l'Isle Adam, Herbert...
Le 17-02-2009 à 15:34:59, ablpb a écrit :
En vous relisant, je me dis que, à part caricaturer des propos, peut-être parce que vous n’arrivez pas à les appréhender, à les saisir, que faîtes-vous ?
Vous utilisez des mots et me prêtez des notions que je n’utilise pas moi-même.
Ce n’est pas très rigoureux comme démarche de faire dire aux autres ce qu’ils n’ont pas dit.
C’est aussi votre esprit scientifique qui doit éprouver le besoin de mettre des étiquettes sur les choses qu’ils ne connaissent pas en espérant ainsi mieux les comprendre.
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Je faisais juste quelques hypothèses pour mieux vous cerner...quant à vous, vous vous permettez de cataloguer très rapidement et radicalement tous les scientifiques dans la même case...
Le 17-02-2009 à 15:34:59, ablpb a écrit :
Et puis, je vous trouve trop sur la défensive. Le problème, c’est que ça ne présente pas franchement d’intérêt. Et, vous ne dîtes rien que je n’ai déjà lu des dizaines de fois.
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Difficile de ne pas être sur la défensive quand on voit la charge contre le nucléaire sur ce forum.
Le 17-02-2009 à 15:34:59, ablpb a écrit :
Je ne crois pas m’être opposé à la science en tant que savoir, en tant que connaissance, en tant qu’une des formes de connaissance et d’approche du monde qui nous entoure et de nous-mêmes.
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Vous n'êtes pas sans savoir que nombre de découvertes sont liées à des avancées technologiques et vice et versa. Technique et connaissance sont inséparables.
Le 17-02-2009 à 15:34:59, ablpb a écrit :
Ce qui me gêne plus c’est une certaine forme de raison dont se parent certains scientifiques et techniciens. Au nom de la raison, on justifie des atrocités. D’ailleurs, en fait, je me dis qu’il ferait mieux de parler de rationalité plutôt que de raison.
Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. Tout le monde connaît cette citation extraite de Pantagruel de Rabelais. La science peut-être rationnelle, logique mais pas raisonnable. J’utilise volontairement, et ironiquement, l’expression des techniciens de la raison, car la plupart des scientifiques et techniciens croient faire usage de raison, là où ce n’est que logique et rationalité.
Je n’ai donc rien contre la raison, bien au contraire, simplement nous ne devons pas en avoir la même définition. Et en ce qui concerne plus directement notre sujet, pour ma part, en l’état actuel des connaissances scientifiques et technologiques, faire usage de l’énergie nucléaire est déraisonnable.
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Toute cette digression sur la différence entre rationnel et raisonnable pour finalement condamner le nucléaire en 2 lignes, voilà un jugement qui semble bien déraisonnable. Puisque vous mettez en doute ma capacité à saisir vos propos, permettez que je mette en doute vos compétences dans le domaine du nucléaire vous autorisant à conclure de la sorte.
Le 17-02-2009 à 15:34:59, ablpb a écrit :
Venons en progrès, fidèle à vos principes de caricature vous me faîtes un opposant su progrès. Mais de quel progrès parle-t-on ? En ce qui vous concerne, il semble que le ou les progrès de l’humanité se résument au progrès technologique. Un peu réducteur, non ?
Que faîtes-vous des progrès sociaux, des progrès moraux, des progrès politiques, des progrès économiques, des progrès de la conscience, etc. ? De la même manière que je suis pas un opposant acharné du progrès, je n’en suis pas un défenseur acharné.
On dit parfois que le mieux est l’ennemi du bien.
Comme nous parlions du progrès technologique, avez-vous pensé vous-mêmes à en faire le bilan ?
Si c’est le cas, vous savez bien que le corollaire de chaque avancée technologique se solde par un revers cuisant. Comme les deux faces d’une même médaille. L’usage des faits montre que chaque avancée technologique destinée à un usage pacifique, ou positif, a eu pour corollaire un usage destructeur et néfaste.
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Ce ne sont pas les avancées technologiques qu'il faut condamner mais la nature humaine pour l'usage qu'elle en fait...
Le 17-02-2009 à 15:34:59, ablpb a écrit :
Pour ma part, ce qui me semble important, c’est d’abord de partir d’une question : de quoi ai-je besoin ?
Vous semblez croire que le progrès technique apportera le bonheur à l’humanité. C’est là aussi très réducteur. A mon sens, à part un surplus de confort matériel, souvent très dispensable, je ne considère pas que ce progrès est considérablement accru le bonheur d’une bonne partie de l’humanité.
Pour comprendre cela, il est vrai qu’il faut avoir l’ouverture d’esprit, la curiosité sincère, de se pencher sur la manière dont d’autres civilisations, d’autres sociétés ont pu s’organiser et ne pas, là encore, nous considérer comme l’alpha et l’oméga de tout.
On dit que l’on juge l’arbre à ses fruits. Appliquez donc cette règle à nos sociétés modernes, techniques et industrielles. Ce sera déjà un début.
Dans la pensée scientifique et technique, française en particulier, il y a une espèce de rationalité folle et monstrueuse à vouloir soumettre la nature à nos désirs et à nos fins.
Cependant, pourquoi ne pas voir les choses sous un autre angle. Au lieu de chercher à adapter et soumettre notre milieu à nos exigences, pourquoi ne cherchons-nous pas à nous adapter à ce milieu et à ce qu’il est capable de nous offrir ? Est-ce si insensé de dire cela ?
Assumez-vous le mode de vie que vous semblez défendre ? Vous pensez-vous responsable ?
Si oui, connaissez-vous le prix de votre mètre cube d’eau, connaissez-vous la quantité d’eau que vous utilisez chaque jour ? Connaissez-vous la quantité de déchets que vous jetez chaque jour dans vos poubelles ? Connaissez-vous la quantité de pesticides rejetés dans la nature pour vous emplir le ventre ? Connaissez-vous les quantités d’énergie que vous utilisez chaque jour, pétrole, nucléaire, gaz, pour vous chauffer, vous éclairer, vous déplacer. ? Connaissez-vous la surface de forêts primaires qui a du être détruite pour vous meubler, pour extraire les minerais nécessaires à votre auto ou à votre téléphone portable, ou encore pour trouver du pétrole ? La liste de ce genre de questions est interminable.
Figurez-vous que dans mon cas, j’en ai une idée assez précise. Et je crois pouvoir affirmer que l’impact que je laisse sur cette planète, au vu de vos différents propos et allégations, est certainement incomparablement moindre que le votre.
Et je vais vous dire pourquoi cela. Parce que je ne m’estime pas particulièrement en droit de tout détruire sur mon passage, parce que je me sens des devoirs et des responsabilités par rapport au monde vivant qui m’entoure et par rapport aux générations futures.
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Plus que "de quoi ai-je besoin?", je pense que la question fondamentale c'est "que vais-je accomplir dans le temps qu'il m'est donné sur cette planète?". Ceci permettant de faire un bilan, chose que vous adorez visiblement, entre ce que vous avez consommé comme ressources planétaires et de votre apport pour l'humanité...
Quand vous me citez, merci de prendre la phrase en entier, tout le monde connait ce genre de technique pour détourner des propos de leur sens premier.
Le 17-02-2009 à 15:34:59, ablpb a écrit :
A la limite dîtes plutôt cela à tout ceux qui prennent la planète pour une poubelle et qui estime que leurs contemporains ne sont bons qu’à être des larbins à leur service. Tout ça tant qu’ils satisfont leurs petits plaisirs égoïstes.
Quand j’entends dire des choses pareilles, j’aurai envie de prendre certaines personnes par les oreilles et de leur mettre le nez dans leur caca.
Si ça ne tenait qu’à moi, je vous prendrai par les oreilles et je vous mettrai quelques semaines dans la peau d’un Nigérian comme minier d’Aréva au Niger, et je vous mettrai quelques semaines dans la peau d’un Amérindien d’Amazonie dont l’habitat disparaît chaque jour pour chercher le pétrole de nos voitures, ou pour faire pousser le soja qui nourrit notre bétail en Europe, je vous mettrai aussi quelques semaines dans la peau d’une petite main asiatique qui trime pour faire vos chemises et vos pantalons, dans un champ de coton ou dans une usine. Cela et tant d’autres choses. Peut-être, après tout cela, auriez-vous une vue différente de ce que vous appelez le progrès ? Peut-être penserez-vous qu’il aurait mieux valu que ce soit vous qui ne veniez pas au monde, plutôt que moi ?
Vous pensez encore que le progrès technique libère l’homme ? Vous avez un doctorat, faîtes l’effort de réflexion nécessaire, vous avez certainement toutes les capacités pour comprendre ce qu’il en est réellement.
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Merci de ne pas faire un amalgame grotesque et de me rendre responsable de toutes les misères du monde, je ne fais que défendre le nucléaire comme seule source d'énergie viable au jour d'aujourd'hui pour subvenir aux besoins énergétiques d'une population mondiale en augmentation constante.
Le 17-02-2009 à 15:34:59, ablpb a écrit :
Lisez, cherchez et vous trouverez. Si c’est moi qui vous le dit, vous n’aurez pas l’honnêteté intellectuelle de considérer ce que je dis en profondeur.
Intéressez-vous à l’histoire de l’industrialisation, de la révolution industrielle, et de la mécanisation de l’agriculture. Savez-vous à quoi ont servi les premières machines à vapeur ? Cherchez à savoir si les tisserandes en Angleterre étaient plus heureuse avant ou après la mécanisation, avant ou après l’invention des machines à tisser.
Intéressez-vous à Henry Ford et au début de l’industrie automobile. De quoi s’est-il inspiré pour ces méthodes de travail ? Des abattoirs. Demandez-vous en quoi les méthodes travail que nous connaissons aujourd’hui diffèrent de celles de Ford ? Demandez-vous pourquoi Hitler avait un portrait grandeur nature de Ford dans son bureau? Demandez-vous en quoi les abattoirs diffèrent des monstruosités commises sous sa dictature ?
Visitez une usine agricole, une usine d’élevage de porcs ou de poulets et un abattoir.
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L'industrialisation et la mécanisation de l'agriculture étaient inévitables pour subvenir à l'accroissement des populations et c'est la même problématique aujourd'hui concernant l'énergie. Il me semble tout de même que la pénibilité des travaux agricoles a nettement régressé et que nos agriculteurs modernes passent moins de temps dans leurs champs et ont donc par conséquence plus de temps libre pour eux, pour se cultiver, s'instruire, etc.
Vous qui êtes un "libre" penseur devriez voir cela plutôt positivement, non?
Le 17-02-2009 à 15:34:59, ablpb a écrit :
Savez-vous ce que sont les transhumanistes ? Cherchez.
Il y a un lien dans tout ça. C’est le mépris de la vie. C’est cette aptitude à considérer le vivant et la planète comme une machine à exploiter. Et pendant que nous soumettons le vivant, au lieu de nous adapter à lui, nous nous devons de nous adapter et nous soumettre à des systèmes sociaux sans âme, à des contrats, à des horloges, à des calculateurs, à des machines.
Machines que nous finirons par devenir un jour nous-mêmes si nous continuons ainsi.
Relisez Descartes. Il y a déjà les prémices de tout ça. Pour lui, un animal ne vaut pas plus qu’une machine.
Et de l’animal à l’homme, ne croyez pas, le pas n’est pas si grand.
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La conscience de soi n'est pas un grand pas? Et en ce qui concerne le mépris de la vie, que dire de la responsabilité de certains par rapport au fait d'avoir des enfants sans pouvoir leur assurer une éducation correcte?
Le 17-02-2009 à 15:34:59, ablpb a écrit :
Je livre un dernier point à votre réflexion.
Interrogez-vous sur l’effondrement des civilisations. Sur les causes de leur effondrement. Et à côté de cela, regardez quelles formes d’organisations de la vie des hommes entre eux et avec leur milieu naturel a été, est, ou serait le plus à même de perdurer.
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L'effondrement des civilisations fait partie du cycle de celles-ci, sur les ruines de la précédente une autre verra le jour, il ne tient qu'à vous, qu'à nous, de faire qu'elle soit meilleure. |