Bonjour,
Sincères félicitations pour votre émission « Pièces à convictions » du mercredi 17/12.
Véritable travail d'investigation journalistique qui fait honneur au service public !
Sur le fond, ce sont des tonnes de commentaires qu'on aimerait faire, tellement ce reportage était riche en informations.
Pourtant, tout pourrait être résumé de manière assez simple.
D'un côté, le monde du travail, des salariés, des petites et moyennes entreprises, le monde du réel, celui de la production qui doit permettre de consommer et de vivre.
De l'autre, le monde de la finance qui doit, en principe, permettre d'alimenter en crédits et en prêts le monde réel, et qui doit pour cela rester un outil, un moyen aux mains de l'Etat, des collectivités et des particuliers.
Au centre, le monde politique qui doit, en principe, veiller au bien-être et à l'intérêt collectif et jouer le rôle de régulateur entre les deux.
Mais à partir du moment où le monde de la finance, obnibulé par la recherche de gains rapides susceptible de lui rapporter bien plus que les habituels crédits, à partir du moment où ce monde se lance dans l'élaboration de produits et de calculs financiers de plus en plus complexes, à partir du moment où ce monde devient en quelque sorte sa propre fin et ne pense plus qu'à la spéculation, on entre alors dans logique complètement irresponsable et irrationnelle qui bâtit sur du vent.
Et quand les « experts » finissent par réaliser que c'est une montagne de « vent » qu'ils ont élaborée, elle devient réelle cette montagne et elle s'effondre : et c'est la catastrophe que nous sommes en train de vivre...
Alors on a : un monde de la finance en plein caca nerveux qui pleure ses milliards perdus auprès des états.
Des états à genoux, qui ont toujours été complices de l'enchaînement diabolique ayant conduit à la catastrophe, et qui torchent le caca nerveux des financiers à coup de milliards de dollars et d'euros garantis sur les fonds publics.
Ces financiers qui nous font des caprices, qui ne redémarrent pas, et qui en demandent toujours un peu plus : et les états à leur botte, qui s'exécutent servilement; qui remplissent à nouveau la louche...
Et on a : un monde du travail, brisé, mort, décapité par l'abscence d'oxygène financière, condamné au chômage partiel ou définitif, une consommation en deuil, et des citoyens angoissés pour leur avenir.
Mais ce qui est incroyable, et votre reportage l'atteste, c'est qu'aucune vraie leçon ne semble être tirée de cette catastrophe.
Les directeurs de banques (comme le directeur de Dexxia) rejettent la balle à leurs débiteurs en précisant qu'ils étaient assez grands pour savoir que quand on veut profiter des meilleures conditions de prêts, on doit être prêt à assumer des risques.
Les hommes politiques, comme Eric Woerth, très gênés, qui admettent à demi-mots qu'ils ont été les complices un peu dépassés d'un système risqué mais pas tout à fait illégal.
La cerise sur la gâteau pour moi étant d'apprendre que toutes les banques françaises jouaient (et continuent de jouer !) dans les bacs à sable des paradis fiscaux ! Toutes !
Et que 50 % des transactions bancaires mondiales se faisaient (et continuent de se faire ! ) dans ces paradis fiscaux !
Que voulons - nous de mieux ! Il nous en faut encore plus ?
...Avec des milliards de dollars exonérés d'impôts qui pourraient servir à construire des hôpitaux, des crèches, des écoles, des routes, qui pourraient améliorer les infrastructures collectives de transport, et créer des milliers d'emplois !
Nous en faut-il encore plus pour comprendre que cela ne peut plus durer et que c'est tout un système qui est à revoir ?
Mais à part quelques gesticulations médiatiques, que font véritablement nos responsables politiques pour tirer les leçons de leurs erreurs passées et reconstruire une nouvelle donne ?
Rien. Vraiment rien.
Tout est en train de refonctionner comme avant : votre reportage le montre bien avec un zoom sur la société de courtage IG qui pousuit tranquillement ses activités de spéculation à Londres.
Et le trader français qui oeuvrait pour Lehman Brothers, momentanément au chômage mais qui recherche un job dans le même milieu !
Quant à ceux qui sortent du système pour le critiquer (comme le « City Boy » de votre reportage, le plus jeune retraité de Londres qui a vendu toutes ses parts avant la crise et qui oeuvre à présent bénévolement dans une radio associative où il dénonce le système...), il faut dire qu'ils s'en sont quand même foutus plein les poches (4 millions de dollars dans son cas...) avant d'aller se donner bonne conscience auprès des citoyens ordinaires...
Des banques qui demeurent privées et des états qui demeurent à leur solde...
Et le monde des « petits » , le monde réel qui continue de geindre, en soupirant de manière fataliste : comme les retraités stépahanois sur leur banc à propos de la dette de leur ville qu'ils vont devoir payer...
A mourir de rire ? Ou de pleurer ?
Féliciations encore à vous qui avez su si bien brosser tout le tableau !
Et...c'est plus que jamais le moment de le dire : longue vie au service puublic !