En présentant ces « pièces à conviction » – éléments de preuve- qui portaient tous sur la manière dont les immigrés clandestins vivent actuellement en France, les journalistes de France 3 et Mme LUCET en particulier font plutôt honneur à leur profession .
Ces journalistes n’ont fait que porter à la connaissance de nos concitoyens une réalité que d’autres chaînes de télévision ne veulent surtout pas traiter ( TF1 notamment).
Pour certains téléspectateurs, à la lumière de ces pièces, le système d’expulsions tel qu’il est mis actuellement en place par HORTEFEUX ne règle pas convenablement le problème des flux migratoires. Il comporte plus d’effets pervers que d’aspects positifs tant pour les immigrés clandestins actuellement en France que pour notre Nation. Les nombreux témoignages présentés sont là pour illustrer cet état de choses.
Pour d’autres téléspectateurs, au contraire, ces journalistes seraient partiaux dans le choix de leurs pièces. C’est une accusation classique souvent avancée lorsque les faits rapportés dérangent la bonne conscience de ceux à qui ils sont présentés. C’est la raison pour laquelle ces critiques préfèrent-ils l’analyse historique en longue période pour examiner ces mêmes faits sauf qu’une telle attitude d’esprit est totalement inadéquate pour décrire une situation actuelle dont le thème était, faut-il le rappeler « Immigration clandestine: vivre avec la peur ».
Monsieur Mariani reconnaît lui-même que l’immigration est nécessaire pour notre pays….même si celle-ci devrait, selon lui, être plutôt « choisie »
Toujours est-il qu’il y a, en France, environ « 300.000 et 400.000 immigrés clandestins » ? La question qui se pose, ici et maintenant, est donc de savoir comment la Nation doit traiter ce problème.
1)HORTEUFEUX propose dans l’immédiat: expulser ces « clandestins ».
Pour quelles raisons ? Pour l’exemple : En expulsant ces clandestins, l’opinion commune s’imagine que les futurs immigrants ne devraient plus s’engager dans un tel voyage vers la France dès lors qu’ils seraient susceptibles d’être expulsés et rapatriés aux frais de l’Etat français dans leur pays d’origine. Cette réponse fondée sur l’exemple n’est pas une barrière efficace à l’entrée des immigrés clandestins. Le témoignage objectif du représentant de la CIMADE est la dessus très édifiant.
2) Pour donner du travail aux 20 % des immigrés « en situation régulière » dixit Mariani. Voila encore une autre fausse bonne idée. Cette conception repose sur la physique des vases communiquants. Les amis de M Le Pen avaient déjà mis l’immigration en accusation. Sans très grande originalité d’ailleurs, ils avaient déjà affiché, en 1981 . "3 millions de chômeurs ce sont 3 millions d'immigrés de trop". Ils pensaient aussi qu’il suffisait d’expulser pour résorber le chômage en France. Ils prenaient déjà leurs désirs pour des réalités.
On sait très bien que l’expulsion d’un chinois clandestin travaillant dans la restauration extreme-orientale ne permettra certainement pas d’offrir un emploi dans le dit restaurant à un algérien disposant, lui, d’une carte de séjour. Cette mécanique ne fonctionne pas.
3) A plus long terme, Hortefeux estime que le pays doit maîtriser l’immigration . Le but n’est pas en soi condamnable. Mais les méthodes pour y parvenir Oui. Cette politique de l’immigration choisie « consisterait à adapter les flux annuels d’immigration aux besoins et au capacités d’accueil de la France », en fixant des plafonds en fonction des différents voies d’entrée ( immigration économique, asile, regroupement familial…). Elle viserait également à attirer dans notre pays « les meilleurs étrangers » en fonction des besoins de notre économie » .
Cette politique part du principe implicite selon lequel globalement les personnes immigrées entrées en France au cours de ces quarante dernières années - immigration régulière ou non- n’ont pas été très utiles au développement de notre pays -ce qui est faux- et qu’il conviendrait donc de re-organiser les flux migratoires dans le but d’en limiter le nombre dont la trop grande importance serait implicitement un facteur de déstabilisation sociale.
Que dire de cette politique ? L’arrivée d’un très grand nombre de personnes d’origine étrangère concentrée dans un espace limité provoque à l’intérieur de cet espace dans un premier temps une perturbation. Les autochtones ( les français) ont souvent le sentiment de ne plus être chez eux devant l’apparition de coutumes, langages, d’habitudes différentes des leurs. C’est à ce niveau que se pose le problème qu’il faut traiter.
Mais pour endiguer les vagues successives d’immigrés clandestins prévisibles, dès lors qu’ils ne sont pas attendus, il vaut mieux faire comme l’ont fait les italiens ou les espagnols qui ont envoyé leur marine dans les eaux sénégalaise ou marocaines pour intercepter leurs embarcations et les ramener dans leur pays de départ.
L’idée que l’Etat français irait choisir dans les pays étrangers ces « bons immigrés » est contestable. Dire que nous allons faire entrer chez nous tous ceux qui sont « présentables » : les Princes du pétrole, les étudiants des autres pays, les quotas vraiment nécessaires à l’économie….) c’est certes un moyen pour atténuer le sentiment d’insécurité que peuvent éprouver les populations autochtones. Mais est-ce le meilleur moyen pour régler le problème de l‘immigration à long terme? Pas si sûr.
La France ne pourra pas « choisir » ses immigrés .
Quoiqu’on fasse, l’attrait de l’Europe est si fort que cette « sélection » ne sera pas possible. Il demeurera une « immigration clandestine » toujours très mal maîtrisée, comme le reconnaît d’ailleurs HORTEFEUX.
L’écart de développement entre l’Europe et l’Afrique est tel que les flux d’immigration sont très difficilement maîtrisables, aujourd’hui plus qu’hier. C’est une réalité qu’il ne faut pas sous-estimer.
Et si en plus on va chercher leurs meilleurs éléments ( étudiants ou autres - médecins etc..), on appauvrit ces pays d’émigration . A terme la politique de l’immigration choisie risque de renforcer encore plus « l’immigration sauvage »,en tarissant ainsi les sources du développement potentiel de ces pays.
Il faut tirer les leçons de l’histoire.
Les rapports bilatéraux d’Etat à Etat ont été un échec grave car dans la plupart des pays africains, les Etats sont des « simulacres d’Etat ». Toutes les aides ont été plus ou moins détournées par les personnels politiques en poste dans ces pays.
L'idée d'instaurer une politique plus réaliste de « co-développement » est certainement plus réaliste même si elle est plus difficile à mettre en place.
Le rôle devrait revenir aux ONG plus qu’aux représentants des Etats européens qui risqueraient d’être aussitôt accusés de néo-colonialistes. Le développement encore plus grand du micro crédit dans les pays d’émigration devrait permettre, en outre, de concrétiser localement des micro projets favorisant ainsi l'activité et la création de richesse. Ces mesures pourraient touchés de nombreux secteurs aussi divers que l'agriculture (groupements villageois, coopératives paysannes, organisations professionnelles agricoles), l'artisanat (groupements d'artisans, associations artisanales féminines), le financement de l'économie sociale (mutuelles d'épargne et de crédit, banques villageoises), la protection sociale (mutuelles de santé, caisses de santé primaire).
Bref ces solutions permettraient plus sérieusement de stabiliser les populations de ces pays jusqu’alors trop chroniquement d’émigration.