Qui êtes-vous vraiment, Monsieur « Leloupmarseille », pour tenir des propos aussi acrimonieux et n’avoir, pour soulager votre rancœur, que l’argument, Ô combien vil et éculé, de brandir la déclaration de revenus ou la feuille d’impôts ?
Bien des hommes politiques (puisque vous abordez ce sujet), incapables d’élever le débat et terrassés par leur adversaire, n’ont eu d’autre recours que de se replier sur ce terrain « minable », comme vous dites, en espérant rallier à eux les aigris, les acariâtres, atrabilaires, hypocondriaques, bilieux, envieux, jaloux, et tous les autres qui leur ressemblent... Vous savez ce qui leur est advenu. Tout cela nous fait bien sourire…
Qui êtes-vous donc ? L’honnêteté et le courage seraient de vous faire connaître.
Êtes-vous un salarié de la Caisse d’Épargne, un de ceux dont vous prétendez défendre l’emploi ? Si c’est le cas, vous ne faites sûrement pas partie des milliers de personnes qui travaillent dans les agences, en contact direct et permanent avec le public. Vous seriez mieux informé de leurs conditions de travail et vous connaîtriez le stress qu’ils vivent quotidiennement, soumis aux contraintes commerciales démesurées qui leur sont imposées par leur hiérarchie.
Vous affichez votre souci de ne pas mettre en péril le Groupe des Caisses d’Épargne ? C’est un souci que nous partageons. Mais une fois encore, vous êtes mal informé. Sachez que les difficultés que traverse le Groupe ne datent pas d’aujourd’hui. Nous n’en sommes nullement responsables et Doubl’Ô n’y est pour rien. C’est un fétu de paille dans les erreurs de gestion et de stratégie commises par les dirigeants.
Vous évoquez la longue liste des associations, collectivités, projets sociaux qui ont bénéficié de l’aide de la Caisse d’Épargne ? C’est la vérité, nous en convenons. Ou plus exactement, "c’était" la vérité. Car depuis la création de “cette institution morale, cette institution de saine et vaste politique” fondée par François Alexandre Frédéric de La Rochefoucauld, duc de Liancourt, en 1818, bien des choses ont changé. Aujourd’hui, la morale a perdu son sens. Votre volonté de ne vous référer qu’à l’image passée mais révolue d’un établissement qui fut jadis l’emblème de la bienfaisance et du service public est bien la preuve de votre parfait jésuitisme.
Les associations et sociétés caritatives feraient bien de se méfier de leur banque. Il n’en est pour preuve que le dernier scandale des organismes HLM piégés par des produits financiers complexes, affaire pour laquelle la Caisse d’Épargne a été condamnée par le tribunal de commerce de Toulouse le 27 mars dernier. Celle-ci leur avait proposé des prêts à taux variables indexés sur des paramètres “exotiques” en leur assurant qu’ils seraient “gagnants à tous les coups”. Mal leur en a pris. Les intérêts se sont emballés. Et pourtant, les gestionnaires financiers des sociétés d’HLM ne sont pas nés d’hier, ils ne sont pas les petits épargnants bêtes et naïfs raillés par ceux qui n’y connaissent rien, ceux qui se vantent en assurant « À moi, ça ne serait jamais arrivé ! ». Accusez-vous aussi ces gestionnaires d'HLM d'être motivés par l'appât du gain? Ils ne font que gérer au mieux le patrimoine dont ils ont la charge.
Savez-vous encore que l’AMF a infligé des sanctions à plusieurs caisses régionales pour manquements graves à l’obligation d’évaluation et d’information des clients ? Savez-vous que la Cour de Cassation a annulé un jugement sur la base d’un défaut d’information du client ? Savez-vous que l’AMF a lancé récemment une enquête sur les conditions de commercialisation de Doubl’Ô ? Nous vous invitons à mieux vous renseigner. Depuis bien des années, des alertes ont été lancées, notamment par Laurent Mauduit, journaliste de Mediapart. Personne n’a voulu les entendre. Parlons-en des dirigeants de la Caisse d’Épargne ! Notamment les trois qui ont été “démissionnés” tout récemment à la suite du détournement frauduleux de 751 millions d’euros. Bizarrement, vous ne semblez pas attacher autant d’attention à leur train de vie ni à leur situation financière !
Et d’abord, pour vous attaquer ainsi au Collectif Lagardère, de quel droit vous déclarez-vous concerné ? Il est évident en tout cas, au vu de votre acharnement hystérique à vouloir nuire à son action, que le Collectif Lagardère vous touche de très près !
Vous prétendez être “un simple salarié qui, comme beaucoup d’autres, s'inquiète pour son emploi et celui de beaucoup d'habitants de notre planète” ? Votre grandeur d’âme vous honore. C’est peut-être vrai. C’est peut-être faux. Sous couvert d’anonymat dans un forum, on peut tout affirmer. Il est possible, pourquoi pas, que vous ayez trois appartements à Paris et un yacht en Corse. Pour arriver à ses fins ou pour assumer une vengeance, on s’abaisserait à n’importe quoi.
Pourquoi ne seriez-vous pas non plus commandité par certains hauts responsables de la CNCE pour discréditer notre action auprès de l’opinion publique ?
Pire, je vous soupçonne d’être vous-même un « arnaqué » d’un placement financier quelconque, un de ces visiteurs qui sont légion sur les forums boursiers de la toile et qui, profondément humiliés de s’être fait avoir, s’en retournent la queue basse, dépourvus du courage de tenter la moindre action contre leur banque. Ce sont les mêmes qui, quand ils rencontrent un témoignage qui leur ressemble, donnent des leçons, ajoutent un commentaire sarcastique et font des gorges chaudes en pérorant sur la crédulité, l’aveuglement des épargnants et leur appétit présumé à vouloir le beurre et l’argent du beurre.
Mais respectez, je vous le demande, les 240000 épargnants qui se trouvent aujourd’hui spoliés, qui ne demandaient rien d’autre qu’à protéger les quelques économies durement acquises au long de leur vie. Leur confiance a été abusée par le discours insidieux et les pratiques notoires, foncièrement déloyales, de la Caisse d’Épargne. Vous les insultez et vous les outragez gravement en les assimilant à des oisifs et à des rentiers qui pensent que la seule valeur c’est l’argent.
Il est tout à fait normal qu’ils représentent un échantillon de toutes les classes de notre société. Il y a, cela est vrai, quelques nantis (en très petit nombre) et de moins bien nantis, voire en situation précaire (en très grand nombre). Des gens actifs, des qui se tuent au travail, d’autres qui sont retraités, chômeurs, licenciés… des jeunes et beaucoup de gens ayant dépassé la cinquantaine, certains même très âgés, parfois décédés et représentés par leurs enfants. Il y a des gens instruits et d’autres qui n’ont pas eu la chance de faire des études, les premiers mettant leurs compétences au service des seconds.
Mais aucun d’entre eux n’a volé ou gagné sur le dos des autres l’argent placé entre les mains de leur banque. Tous, sans exception, ont été abusés et trompés. La justice doit être la même pour tout le monde.
Un membre du Collectif Lagardère