Le 05-03-2007 à 14:19:45, justego a écrit :
J'ai aussi pris le temps de regarder l'émission. Ce qui m'a le plus marqué, c'est d'une part le caractère avéré et je m'en suis rendu compte maintenant du bombardement effectif du camp français de Bouaké. Il y a eu effectivement mort d'hommes. On a pu voir enfin les images des décombres tant cachées aux enquêteurs ivoiriens.
Cependant, il se trouve à travers les éléments de l'enquête que depuis le début, les forces françaises étaient au courant. Le haut commandement français savait, il est indéniable, que le camp allait être attaqué puisque après le bombardement, les pilotes qui ont commis cet acte d'assassinat (je partages à juste titre, la position de l'avocat des familles des victimes) alors qu'ils étaient proprement filmés à leur descente des Sukoi n'ont jamais été inquiétés.
D'autre part, alors que les services français étaient en possession des mercenaires biélorusses ayant participé à toute les opérations de bombardement des positions rebelles et du camp français, ces services les ont tout bonnement relaché, au lieu de les interroger comme ça doit être le cas dans toutes les enquêtes criminelles. Des millitaires français ont mêmes exfiltrés les pilotes biélorusses d'un hotel au Togo vers la biélorussie. Ces derniers sont maintenant devenus introuvables.
L'émission nous montre aussi qu'il n'y a pas eu d'autopsie des corps des victimes. Ceci est vraiment rocambolesque. Dans toute enquête criminelle et il s'agirait bien d'un crime (dans la mesure où c'est cette option qu'ont bien prétextée les autorités françaises pour détruire toute la flotte aérienne ivoirienne en seulement 15 min pour montrer leurs "muscles" à un petit Etat nègre tel que la Côte d'Ivoire), le minimum et c'est une obligation de procédure, ne serait-ce pour prouver qu'il y a bien eu assassinat, donc crime, de pratiquer une autopsie sur les victimes. Ce minimum de l'enquête n'a pas été réalisé.
Un autre fait tout aussi rocambolesque, c'est la déstruction des Sukoi par l'armée française immédiatement après qu'ils se soient posés au sol. Comment peut-on prétendre à un crime, pour ce qui est du bombardement "délibéré" du camp français de Bouaké, lorsque l'on détruit avant même le début d'une quelconque enquête, l'arme du crime ? C'est vraiment le monde à l'envers dans l'univers de la françafrique. On dit qu'il y a crime, mais on laisse filer les assassins et par dessus le marché on détruit l'arme même du crime. Enfin, tout au long de l'émission, nous nous rendons compte que le ministère de la défense dirigé par la ministre Michelle Alliot Marie a toujours mis un frein au bon déroulement de l'enquête, déclassifiant les dossiers (qui pour le coup était évidemment classés secret-défense) au compte goutte.
A travers tous ces élements, il nous apparaît clairement que c'est l'Etat français qui a planifié le bombardement de son propre camp au risque de sacrifier ses propres compatriotes, dans le but d'obtenir le prétexte tant rêvé de parachever avec succès le coup d'Etat manqué du 19 septembre 2002 contre le régime de Laurent Gbagbo. Mais le coup a encore une fois échoué et ce grâce aux PATRIOTES IVOIRIENS.
Dans cette entreprise, l'Elysée a eu la collaboration maintenant bien connue de l'ancien Chef d'Etat Major des Armées (CEMA) ivoirienne, le Général de Brigade Mathias Doué. Ce général fut à juste titre limogé par le Pr Laurent Gbagbo, lorqu'il a pris possession de toutes les informations le concernant. Ce général s'est encore manifesté à plusieurs reprises dans d'autre tentative de coup d'Etat avec bien sûr le soutien de la France.
Ma position sur l'emission de France 3 est très claire : bonne émission mais particulièrement frileuse dans les prises de positions contre l'Etat français incarné par le président en exercice Jacques Chirac, traduisant le manque d'indépendance des médias français dans leur ensemble. Cependant les journalistes sur le plateau notament le pseudo-spécialiste de l'Afrique à Libération, Thomas HOFNUNG, ont montré du zèle à comdamné l'Etat ivoirien et Laurent Gbagbo comme ils en ont l'habitude pour être dans la droite ligne du politiquement correct, craignant peut être pour leur poste respectif. Comme on pouvait le remarquer, cette attitude n'a pas été celui, aussi bien de la mère d'une des victimes, de l'avocat des familles ou de l'ancien expatrié (un merci à ce dernier qui n'a pas voulu mettre sous silence, les morts ivoiriens).
Une autre question: que faisaient des soldats français dans un camp rebelle à bouaké puisqu'ils étaient en dehors de la zone de confiance où est censé stationner les soldats français soi-disant de maintien de paix.
Cette émission nous a montré la laideur de la politique française en Afrique sans informer et rendre des comptes aux contribuables français.
Merci et je pense que mon message ne sera pas censuré.
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