> 02.11.07 - Le « Clos Saint-Lazare », quartier de Stains (Seine-Saint-Denis), ce soir sur France 3, Par : nathalie vincentelli, 5 novembre 2007
"Le tableau est terrifiant ".Certes...mais ce n ’est pas nouveau. J ’ai travaillé de 1990 à 1995 comme enseignante au collège du clos .J’ ai habité Stains à la même époque.Les jeunes dont on parle dans le reportage je les ai eus au collège
as 13 à 15 ans et déjà depuis bien longtemps livrés à eux même dans une spirale de violence et de misère qui ne remonte ni à 2005 ni à 1990 mais est bien plus antérieure ...Tous les commerces étaient déjà fermés et peu d ’ adultes attendaient le bus pour aller bosser le matin quand j arrivais au collège
éjà 30% de chômeurs.Services publics ?-La crèche elle venait juste de cramer- .
Quels choix ont les habitants du clos que d ’assister à tout cela sans boulot et sans perspectives très concrètes ?
TOUS les jeunes du clos ne finissent pas dealers et heureusement, TOUS ne vivent pas de trafics .La majorité des habitants peinent à essayer de donner des conditions décentes de vie à leurs gosses.
Rien n ’ a été fait ?On croit rêver.On peut toujours parler de l’ impuissance du maire , de son adjoint et de la gouttte d eau dans le vase que représentent les travaux sur une école :c ’est cependant une réalité :trouver de l’ argent pour une cité de trente hectares dont tout le monde se fout (et qui il me semble n ’est pas gérée par la commune ) n ’est pas une affaire simple.Les travailleurs sociaux , les institutions publiques (poste, éducation nationale, collectivités ), les bonnes volontés effectuent un travail ingrat ,de fourmi -pas toujours bien perçu -et pourtant ce sont les seuls qui restent auprès des habitants.
La manne économique -celle qui fait rêver les exclus -est depuis bien longtemps absente du clos.
En 1993 aprèsla tentative d 'incendie du collège deux jeunes pigistes du nouvel ob’s franchissaient bravement le périph' et débarquaient déjà au milieu de la cité en s'étonnant:"Comment peut -on habiter là ???"
Et oui il y a des gens qui vivent au quotidien ces situations et 15 ans après c ’est pareil les morts en plus.Encore une fois au risque de se répéter années après années: Sortons ces ados en péril de ces cités , éloignons ces enfants, livrés à eux mêmes sans autre repères que celui de l ’argent facile.(RE-Donnons les moyens à la justice , à l ’Education et aux associations de s ’en occuper de façon décente.
Quand au "Jo" de la cité -comme disait hier soir F.Amara -aucun crédit et publicité à accorder à ces gens là-En quoi servent ils leur copains avec des propos aussi négatifs ?
Le terrain de foot est en friche , la faute à qui ?'N'oublions pas: Il ne l ’était pas avant 1995 :tous les enfants du clos jouaient encore dehors...A tout le monde de se retrousser les manches en souhaitant beaucoup d 'énergie et de courage aux habitants du clos et ce qui n 'est pas évident ...
N.Vincentelli