Je suis le premier à féliciter et approuver le journalisme d'investigation. C'est effectivement ce que projetait de faire les réalisateurs de cette émission.
Mais, alors, franchement, si le journalisme d'investigation se résume à filmer une pauvre journaliste, tirant sa valise d'un rendez-vous à l'autre, à l'observer en train d'essayer d'obtenir, via son téléphone portable, un rendez-vous, dans la minute, avec un méchant banquier, qui évidemment à autre chose à faire, et n'est pas forcément à la disposition de la dame avec son attaché case à roulette, c'est à pleurer ! Car, en fait, il n'y a pas, surtout sur ce reportage sur les paradis fiscaux, pas un seul scoop, rien de nouveau au soleil ! Il faut vraiment que les gens soient aveugles et totalement coupés du monde réel - et le monde financier en est un !- pour découvrir aujourd'hui que toutes les banques ont des filiales dans les paradis fiscaux. Cela existe depuis largement plus d'un siècle !
Pour moi, cette émission donne dans la facilité, dans le populisme à la Sarko, dans le bouc émissaire désigné. Il n'y a pas un brin d'explication sur les causes réelles de la crise, sur son étendue, sur ses conséquences.
Ce sujet est un sujet complexe, qui ne peut pas être traité sérieusement en promenant une valise aux quatre coins du monde. Il faut du fond -comprendre de quoi on parle - et de la forme - interroger des gens qui ont vraiment des choses à dire, qui savent de quoi ils parlent, et pas des seconds couteaux trop contents aujourd'hui de tirer à boulets rouges sur ceux qui ont mieux réussi qu'eux dans un système, certes pourri, mais dont ils ont profité comme tout le monde- !
Bref, à quand un sujet sur les vrais causes de la crise : la fuite en avant d'une société mondiale qui, au nom de la paix sociale et de l'enrichissement encore plus rapide des plus nantis, vit à crédit sur le dos des générations futures !