Il n'y a plus assez d'agriculteurs en France, car pour rentabiliser le coût des investissements, les agriculteurs ont dû agrandir leurs exploitation et racheter des terres. D'où une baisse vertigineuse du nombre des agriculteurs en 30 ans. C'était un objectif de "modernisation" de notre agriculture. L'Europe a aussi subventionné un temps la mise en jachère des terres. Tout ça c'est une politique voulue, mise en oeuvre sur le long terme. Aujourd'hui, comme vous dites, il faudrait des années pour en revenir à une agriculture respectueuse des sols et des animaux. Même l'agriculture "bio" n'est pas sûre de se retrouver sans pesticides. Parce que les labours profonds favorisent le lessivage des terres et le ruissellement des eaux (surtout depuis la disparition des haies et le remembrement) entrainant les pesticides du voisin sur les terres d'à côté. En outre, L'industrialisation de l'agriculture a des conséquences non seulement sur notre santé, mais aussi sur la société. On a des villes surpeuplées où sévit le chômage, où des familles n'ont parfois pas de toits, et on a des deserts ruraux où des maisons tombent en ruine, des villages se meurent parce que les écoles, les postes ferment et que les commerçants mettent la clef sous la porte faute de clients, où les petits vieux sont tout seuls.
Le passage à une agriculture bio, en réduisant la taille des exploitations, augmenterait le nombre d'agriculteurs et permettrait de revitaliser les campagnes, de créer de l'emploi dans les villages, de maintenir les écoles et d'entretenir les espaces publics dans les communes. Bref, de redonner vie à des régions rurales vidées de leurs habitants par cette agriculture intensive et productiviste mise en oeuvre dans les années 60.