Je sais qu'aveugle et sourd, j'ai laissé sans recours,
Mais pourquoi-mais comment, se perdre mon amour.
Le désespoir d'étreindre à jamais dans l'oubli,
Mon amour enterré vivant, inaccompli ! -
L'irréparable ! Quand j'arpente les couloirs,
Interminablement de mille allers-retours.
L'irrémissible dont je sais le désespoir...
Comblé j'ai délaissé, au mépris des serments,
Mon amour : c'est certain ! C'est, sans fin, mon tourment.
Sais-tu le désespoir
Desséchant qui ne laisse
Rien ? Et qui n'a de cesse
D'oppresser de détresse
Je sais le désespoir
Des espaces glacés,
Souffle à souffle passés,
Si lassé...Et je sais
Des étendues torrides
De remords obsédants
Et de regrets mordants
Qui poignent, broient et vident,
Comme la vie s'éteint
Epuisée de ces nuits
Que nul rêve ne vient
Arracher à l'ennui...
Et je sais du mépris,
Le silence odieux
Où l'oubli a surpris
De tourments furieux,
Comme un lac asséché de brûlants coup de vent,
Mon coeur écorché vif : Il anonne en suivant,
Aveugle et sourd d'allers-retours, d'obscurs couloirs
Qu'interminablement j'arpente au désespoir !
Remords de ce qui fut...
Ennui de ce qui est...
Refus de ce qui vient :
Ces jours noirs et confus
Tiennent-ils, étranglés
De sinistres liens,
Le présent, l'avenir,
Clos de se souvenir ?
F. Berthoumeau