Je lis ma ville chaque jour ... A travers les vitres du tramway, le ciel est bleu, sans oiseau. Les gens regardent le bitume ou l'horizon. Par le temps qu'il fait, seuls les pauvres s'aventurent longtemps sous le vent glacé. Ils ont l'air préoccupés, pas le temps ni l'amitié de parler entre deux abris. Les mendiants sont jeunes, souvent accompagnés d'un chien trop calme ; les plus vieux sont partis ou bien ... Il y a un tas de voitures garées le long des routes ; tant de piétons qui s'agitent, et tant de bolides qui ne servent qu'une ou deux heures par jours. Dans les constructions, tant de radios et de télés parlent, tandis que les gens ne se disent rien ; ce sont les robots qui parlent, et on opère les chiens pour qu'ils se taisent ... Une femme parle seule dans le tramway ; sa voisine cherche quelqu'un du regard, l'air de demander ce qui se passe. Les gens ont l'air plus laid qu'à la télé ; s'apprêter est une question de survie, mais la fatigue et le dégoût gagnent, et les robots ont l'air fringuant ! Plus loin, dans le quartier où les logements sont spacieux, les gens sont apprêtés. Ils défilent dans de jolies toilettes ; ils ont toutes leurs dents. Les voitures ne sont pas loin, alors ils n'ont pas l'air de souffrir du froid. Leurs sorties sont des divertissements et ça les réchauffe surement. Ceux qui sortent longtemps se restaurent souvent dehors au lieu de traîner une cantine de plat froid. Ils dévorent des sandwiches faits de viandes, de mayonnaise ou de fromage avec des traces de salade ; à bon prix ... La ville respire les marchés de dupes ! A côté du palais de justice, les avocats regardent les passants amusés ...
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Refuser de comprendre tout au long de leurs vies, afin que l’argent soit l’appât et les individus des poissons de l’injonction d’avoir.