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Auteur
 Sujet :

AUBE, la saga de l'Europe, ch XVI

 
n°222974
Atos101
Posté le 16-10-2009 à 22:51:12  profilanswer
 

Reprise du message précédent :
Difficile à solutionner ça !

n°222975
pseudo for​um
Posté le 16-10-2009 à 22:51:21  profilanswer
 

ça craint du boudin

n°222976
Atos101
Posté le 16-10-2009 à 22:52:11  profilanswer
 

Je me suis fait plaisir ( le sportif hagard de fatigue)

n°222978
Atos101
Posté le 16-10-2009 à 22:53:29  profilanswer
 

Que du bonheur !

n°222979
pseudo for​um
Posté le 16-10-2009 à 22:53:35  profilanswer
 

Comment ça va meuf ?

n°222980
Atos101
Posté le 16-10-2009 à 22:54:30  profilanswer
 

Je suis surbooké !

n°222981
suricate30
Posté le 16-10-2009 à 22:54:42  profilanswer
 

Elle est trop bonne !

n°222982
Atos101
Posté le 16-10-2009 à 22:55:26  profilanswer
 

Je fantasme grave !

n°222983
pseudo for​um
Posté le 16-10-2009 à 22:56:18  profilanswer
 

Rah,la pomme de terre (variante légumière de : se faire carotter)

n°222984
Atos101
Posté le 16-10-2009 à 22:57:09  profilanswer
 

C'est gagnant-gagnant !
 
A + "On" m'appelle.
 
Bonne soirée, les miss !

n°222985
suricate30
Posté le 16-10-2009 à 22:58:11  profilanswer
 

Adios, Brandon.

n°222986
pseudo for​um
Posté le 16-10-2009 à 22:59:03  profilanswer
 

Reviens un jour, on t'aime. (les feux de l'amuuuuur, horage et détestement, patio selon St Cricrii XII - tous les jours sur ce forum, un nouvel épisode).


Message édité par pseudo forum le 16-10-2009 à 23:01:53
n°222996
Morue tres​ fraiche
Tourte est la reine des tartes
Posté le 17-10-2009 à 10:26:57  profilanswer
 

Wé, à mort !


---------------
Physiquement au régime, intellectuellement en sous-régime.
n°222997
Atos101
Posté le 17-10-2009 à 10:30:26  profilanswer
 

Houlàlàlà ! Lalère !
(Nouveau standard de l'émotion !)

n°223058
pseudo for​um
Posté le 17-10-2009 à 22:23:59  profilanswer
 

Rhésus positif.

n°223061
Profil sup​primé
Posté le 17-10-2009 à 22:32:09  answer
 

Le 17-10-2009 à 10:30:26, Atos101 a écrit :

Houlàlàlà ! Lalère !
(Nouveau standard de l'émotion !)


 
 :lol:

n°223074
Galan Marc
Posté le 18-10-2009 à 10:20:31  profilanswer
 

L'échange de connivences, très bref, fut perçu d'eux seuls. Toute l'attention se portait sur la cérémonie. Le bhlaghmen, sans plus sembler se soucier de lui, vint auprès de la pierre. Il fit signe à son aide de descendre et de venir à ses côtés, près du Joyau. Il reprit sa cassette dans la châsse. Il en fit glisser le couvercle et montra au regs bhlaghmen le Signe tant attendu. Le plus haut première caste le saisit. Il l'admira sous toutes ses faces. L'élevant très haut au-dessus de sa tête, il gravit la pente vers la citadelle. Arrivé seul à son sommet, il se retourna. Il le fit jouer dans les rayons du soleil. La bruine baignait Kerdarya. Il aurait pu manquer son effet. La foi suppléa l'éclat de l’astre. Tous furent éblouis par les reflets sur la pierre-lumière. L'ostension terminée, il pénétra dans la citadelle. Les porteurs de l'arche, le prêtre du clan du Cheval ailé, Kleworegs, Pewortor, grimpèrent à leur tour la courte pente, lui emboîtant le pas, vers le temple de Dyeus Pater, hôte provisoire du Signe jusqu'à l'érection de son autel et de son sanctuaire. Les première caste y pénétrèrent, les laissant dehors de part et d'autre de sa porte.
Ils jetèrent un coup d'œil à l'intérieur de la demeure sacrée. Le prêtre-roi disparaissait dans sa pénombre. Le Joyau et sa cassette s'effaçaient à jamais de leur horizon ! Ils le regrettèrent. Il serait honoré ici bien plus qu'il ne l'aurait jamais été dans leur village. Leur récompense pour s'en être emparé et l'avoir amené à ses adorateurs serait grande... Cette idée n'arrivait à noyer ni leur nostalgie, ni leurs regrets. Si encore on leur avait permis de garder l’écrin ! ... Ce piètre succédané eût constitué une preuve de leur inégalable exploit. Que valaient, à côté, leurs souvenirs?
Le prêtre du village revint, mains vides. Le chanceux ! Lui, au moins, resterait auprès du Joyau ! Tous trois s'éloignèrent – laissant leur trésor sous la garde du regs bhlaghmen – de son temple d’accueil. Tête basse, l'impression de ne plus servir à rien, ils allèrent dormir dans leur maison d'hôtes. Leurs compagnons les y attendaient. Ils refusèrent de festoyer et se couchèrent. Ils devaient se reposer avant de rencontrer les chefs de leur nation. Les cérémonies finales se déroulèrent sans eux.

n°223168
Morue tres​ fraiche
Tourte est la reine des tartes
Posté le 19-10-2009 à 10:49:06  profilanswer
 

Le 18-10-2009 à 10:20:31, Galan Marc a écrit :

Toute l'attention se portait sur la cérémonie.


Déformation professionnelle :  
J'avais lu Tourte l'attention se portait sur la cérémonie.


---------------
Physiquement au régime, intellectuellement en sous-régime.
n°223364
Galan Marc
Posté le 22-10-2009 à 08:23:43  profilanswer
 

AMBITIONS
 
Le regard de connivence avait fait son effet. Depuis, le regs-bhlaghmen n’avait pas perdu une occasion de le louer et d’en vanter les multiples qualités. Ténue au départ, la rumeur de ses qualités de guerrier hors du commun s’était épaissie et enflée, nuée avant la tempête... Et c’était une tempête qu’il allait faire souffler sur Aryana. Kleworegs était ambitieux, mais sans appuis. Leur tacite complicité serait son marchepied vers les sommets.  
Son bhlaghmen, dans le temple, avait instruit son supérieur de toutes ses vertus : Kleworegs le respectait et ne décidait rien sans en référer à lui. Il avait doublé les dons qu’offrait son prédécesseur, et avait été salué du beau nom de pieux l’année même de son accession au pouvoir, avant même d’avoir mené son premier raid. Oui, il était de son intérêt de le favoriser au plus haut point... Et si ces vertus ne suffisaient pas, il possédait la plus prisée du prêtre : la faveur de Bhagos. Elle était grande. Il fallait voir combien s’était répandu son renom. Jamais on n’avait été aussi rapide, aussi unanime, à suivre son avis. Il avait pris sa décision. Il n’irait pas se coucher. Il fit venir ceux du collège des grands dieux dans le temple de Dyeus. Il fallait d’urgence examiner son cas et prendre toutes mesures pour le rencontrer avant de décider, ou non, de l’appuyer.
Il argumenta longtemps dans l’obscurité percée de faibles lueurs de torches, forçant leur apathie. Ils étaient tous d’accord avec lui, prêts à profiter de ses initiatives, mais refusaient de s’engager. Qu’il se contente de leur aval ! D’autres lui demandèrent pourquoi Kleworegs avait mérité le nom de pieux. Il leur rapporta les révélations de son prêtre. Ce portrait était plus rêvé que réel. Il en reprit et en accentua tous les traits. Nul ne respectait plus les première caste, leurs visions, leurs appels, leurs décisions. Les dieux saluaient cette piété en le favorisant. Il serait vain d’aller contre leur volonté.
Il sut aussi flatter les avides. Kleworegs était plus intéressé par les beaux combats que par le pouvoir. Ce n’était peut-être pas tout à fait vrai, mais entre la gloire de Thonros et le pouvoir royal, il n’hésiterait pas. Un sanglier nourrit plus que l’ombre d’un urus. Ils discutèrent jusqu’à plus soif. Ils le verraient avant que le roi ne le reçoive pour l’élever au rang de noble aux mille bovins. S’il leur plaisait, ils lui obtiendraient bien plus.
Il désigna des amis pour juger de son état d’esprit. Il lui enverrait un messager à l’aube. Il le prendrait au saut du lit. Il partit se coucher. Bien reposé, il influencerait mieux le roi et emporterait sa décision d’aider plus que de raison le roitelet si pieux – ou de le briser à jamais, si...

n°223415
Morue tres​ fraiche
Tourte est la reine des tartes
Posté le 22-10-2009 à 12:38:50  profilanswer
 

Le 22-10-2009 à 08:23:43, Galan Marc a écrit :

AMBITIONS
Il avait doublé les dons qu’offrait son prédécesseur, et avait été salué du beau nom de pieux l’année même de son accession au pouvoir, avant même d’avoir mené son premier raid. Oui, il était de son intérêt de le favoriser au plus haut point... Et si ces vertus ne suffisaient pas, il possédait la plus prisée du prêtre : la faveur de Bhagos. Elle était grande. Il fallait voir combien s’était répandu son renom. Jamais on n’avait été aussi rapide, aussi unanime, à suivre son avis. Il avait pris sa décision. Il n’irait pas se coucher. Il fit venir ceux du collège des grands dieux dans le temple de Dyeus. Il fallait d’urgence examiner son cas et prendre toutes mesures pour le rencontrer avant de décider, ou non, de l’appuyer.
Il argumenta longtemps dans l’obscurité percée de faibles lueurs de torches, forçant leur apathie. Ils étaient tous d’accord avec lui, prêts à profiter de ses initiatives, mais refusaient de s’engager. Qu’il se contente de leur aval ! D’autres lui demandèrent pourquoi Kleworegs avait mérité le nom de pieux. Il leur rapporta les révélations de son prêtre. Ce portrait était plus rêvé que réel. Il en reprit et en accentua tous les traits. Nul ne respectait plus les première caste, leurs visions, leurs appels, leurs décisions. Les dieux saluaient cette piété en le favorisant. Il serait vain d’aller contre leur volonté.
Il sut aussi flatter les avides. Kleworegs était plus intéressé par les beaux combats que par le pouvoir. Ce n’était peut-être pas tout à fait vrai, mais entre la gloire de Thonros et le pouvoir royal, il n’hésiterait pas. Un sanglier nourrit plus que l’ombre d’un urus. Ils discutèrent jusqu’à plus soif. Ils le verraient avant que le roi ne le reçoive pour l’élever au rang de noble aux mille bovins. S’il leur plaisait, ils lui obtiendraient bien plus.
Il désigna des amis pour juger de son état d’esprit. Il lui enverrait un messager à l’aube. Il le prendrait au saut du lit. Il partit se coucher. Bien reposé, il influencerait mieux le roi et emporterait sa décision d’aider plus que de raison le roitelet si pieux – ou de le briser à jamais, si...


 
Il... il...il ...il ... il... il... il... ils... il....
 
Une chose est sûre :
Il faut arrêter, maintenant.


---------------
Physiquement au régime, intellectuellement en sous-régime.
n°223419
Atos101
Posté le 22-10-2009 à 12:47:45  profilanswer
 

Le 22-10-2009 à 12:38:50, Morue tres fraiche a écrit :


 
Il... il...il ...il ... il... il... il... ils... il....
 
Une chose est sûre :
Il faut arrêter, maintenant.


 
 
C'est une écriture hypnotique, comme la musique répétitive de Terry Riley ou John Adams.
Bref c'est post-moderne !

n°223535
Galan Marc
Posté le 23-10-2009 à 10:01:22  profilanswer
 

À la prime, le messager vint réveiller le héros. Il était déjà levé, et repu. Un vieux rêve lui était revenu. Il avait revu son ancêtre. Son visage se reflétait, au cours de la cérémonie du passage à l’âge d’homme, dans la pierre qui entourait le cou de son chef, une pierre qui était le Joyau. Il ne fit pas attendre ceux qui l’appelaient. Ils étaient, par chance, tout près ; la pluie glacée du matin transperçait la peau.  
Au seuil de la maison du bhlaghmen, son escorte l’abandonna. Il entra. Les occupants le saluèrent. Il ne les avait qu’entr’aperçus, la veille, mais en avait senti la puissance et l’ascendant. Proches du plus grand prêtre, premiers sacrificateurs de divinités mineures ou acolytes, ils comptaient à Kerdarya. Il devait s’assurer leur soutien, s’en faire des alliés.
Il n’aurait pu mieux tomber. Influencés comme par osmose par leur chef, ils étaient tout disposés à l’écouter avec faveur s’il abondait dans leur sens. L’idée de son excellence avait, insidieuse, pénétré leur âme. Il n’avait rien à faire, qu’à prendre garde de ne pas leur déplaire. Ce n’était pas au-delà de ses moyens.
Leurs désirs étaient faciles à deviner. Ils le voulaient flagorneur. Il le fut, sans se départir un instant de son orgueil de caste. Ils ne pouvaient rêver mieux. L’un s’absenta pour revenir peu après. Il avait fait son rapport, favorable, en haut lieu. La suite le confirma. Le ton passa à la franche amabilité. Ils étaient fiers d’accueillir le loyal serviteur des dieux qui avait offert à Aryana son nouveau flambeau, réification de son unité et de sa puissance éternelle. Sa découverte, annoncée par eux, venait à point nommé restaurer la piété. Il jura les grands dieux qu’elle n’aurait meilleur défenseur. Ils continuèrent à se confier.
Il se pencha pour mieux les entendre. Ils chantaient les louanges du Joyau. Il était, dans sa blondeur, le signe vivant et tangible de leur prééminence. Ils avaient craint, un instant, de se la voir usurpée à jamais par des guerriers plus retors et ambitieux que vaillants. Ce n’était certes pas son défaut. Il entendait de plus loin. Ces mots n’étouffaient pas le cri de leur cœur. Ils désiraient reprendre toute leur ancienne puissance et la faire sentir sur Aryana et, grâce à lui, au-delà. Un pouvoir qui a vacillé et se retrouve, après l’orage, plus affermi, durcit sa nouvelle vigueur au feu de sa peur passée. Il en savait assez. Il tendit de nouveau l’oreille aux bruits sortant de leurs lèvres.

n°223607
Morue tres​ fraiche
Tourte est la reine des tartes
Posté le 23-10-2009 à 14:54:40  profilanswer
 

Le 23-10-2009 à 10:01:22, Galan Marc a écrit :

À la prime, le messager vint réveiller le héros. Il était déjà levé, et repu. Un vieux rêve lui était revenu. Il avait revu son ancêtre. Son visage se reflétait, au cours de la cérémonie du passage à l’âge d’homme, dans la pierre qui entourait le cou de son chef, une pierre qui était le Joyau. Il ne fit pas attendre ceux qui l’appelaient. Ils étaient, par chance, tout près ; la pluie glacée du matin transperçait la peau.  
Au seuil de la maison du bhlaghmen, son escorte l’abandonna. Il entra. Les occupants le saluèrent. Il ne les avait qu’entr’aperçus, la veille, mais en avait senti la puissance et l’ascendant. Proches du plus grand prêtre, premiers sacrificateurs de divinités mineures ou acolytes, ils comptaient à Kerdarya. Il devait s’assurer leur soutien, s’en faire des alliés.
Il n’aurait pu mieux tomber. Influencés comme par osmose par leur chef, ils étaient tout disposés à l’écouter avec faveur s’il abondait dans leur sens. L’idée de son excellence avait, insidieuse, pénétré leur âme. Il n’avait rien à faire, qu’à prendre garde de ne pas leur déplaire. Ce n’était pas au-delà de ses moyens.
Leurs désirs étaient faciles à deviner. Ils le voulaient flagorneur. Il le fut, sans se départir un instant de son orgueil de caste. Ils ne pouvaient rêver mieux. L’un s’absenta pour revenir peu après. Il avait fait son rapport, favorable, en haut lieu. La suite le confirma. Le ton passa à la franche amabilité. Ils étaient fiers d’accueillir le loyal serviteur des dieux qui avait offert à Aryana son nouveau flambeau, réification de son unité et de sa puissance éternelle. Sa découverte, annoncée par eux, venait à point nommé restaurer la piété. Il jura les grands dieux qu’elle n’aurait meilleur défenseur. Ils continuèrent à se confier.
Il se pencha pour mieux les entendre. Ils chantaient les louanges du Joyau. Il était, dans sa blondeur, le signe vivant et tangible de leur prééminence. Ils avaient craint, un instant, de se la voir usurpée à jamais par des guerriers plus retors et ambitieux que vaillants. Ce n’était certes pas son défaut. Il entendait de plus loin. Ces mots n’étouffaient pas le cri de leur cœur. Ils désiraient reprendre toute leur ancienne puissance et la faire sentir sur Aryana et, grâce à lui, au-delà. Un pouvoir qui a vacillé et se retrouve, après l’orage, plus affermi, durcit sa nouvelle vigueur au feu de sa peur passée. Il en savait assez. Il tendit de nouveau l’oreille aux bruits sortant de leurs lèvres.


27 "il" en 25 lignes.
C'est bien.
Vous progressez.


---------------
Physiquement au régime, intellectuellement en sous-régime.
n°224008
Galan Marc
Posté le 29-10-2009 à 08:23:48  profilanswer
 

... Pour obtenir ce regain et ce surcroît de pouvoir, et diriger à nouveau les destinées plutôt que de se les faire dicter au gré des intérêts et des dons des guerriers, ils s’appuieraient sur lui. Il partait de trop bas pour jamais espérer accéder aux tout premiers rôles (À moins que les dieux ne l’aient destiné au pouvoir suprême, et il valait alors mieux être de son côté), et trop imbu de sa valeur de combattant pour voir que leur plan visait à éroder la croissante puissance des seconde caste. Ils opposèrent le résultat médiocre de la plupart des raids, depuis qu’on les écoutait moins, à l’immense succès de Kleworegs le pieux. Il était le chéri des dieux, l’inconnu pour qui ils priaient quand ils sacrifiaient en l’honneur du plus grand guerrier d’Aryana. Comprenait-il que c’était grâce à toutes leurs supplications que les dieux, ni sourds, ni aveugles, l’avaient favorisé. Jouant les dupes et les benêts, il hochait la tête. Il n’avait que peu de désirs : se battre, plaire aux puissances, s’illustrer à la conquête de ses futures terres. Il l’entreprendrait sans tarder sitôt ner gheslom gwowom. Trop heureux si cela permettait aux dieux d’être adorés, à leurs prêtres d’être honorés, sur les terres qu’ils lui indiqueraient (et c’était celles de son ambition). Il élèverait son fils dans le même esprit...  
Leurs yeux brillaient. Il avait gagné dans leurs cœurs. Quoi qu’il fasse, ils n’en démordraient pas de le soutenir. C’était important d’avoir l’appui du premier bhlaghmen, mais il était âgé. Un d’eux le remplacerait un jour. Il le manœuvrerait à son tour. Aucun n’avait deviné sa haine de leurs projets. Sur la route du pouvoir, on ne choisit pas ses alliés. Les circonstances décident.

n°224067
Galan Marc
Posté le 30-10-2009 à 17:58:31  profilanswer
 

Il sortit. Un beau soleil, pâle, froid, avait chassé la pluie. Il musa avant de rentrer à la maison des hôtes. Devant, un messager du roi des rois parlait d’armes avec Pewortor. Le marchandage les absorbait. Sa toux sèche et insistante interrompit leur négoce. Le héraut releva la tête. Il le reconnut. Il le pria de le suivre au palais royal avec le guerrier qui avait pris le Joyau et fabriquait de si puissantes lames.  
Il ne voyait pas son prêtre. Pewortor le renseigna. Il avait été convoqué par les bhlaghmenes au temple de Dyeus Pater. Seul, des trois associés autour du Joyau, le forgeron n’avait pas attiré leur intérêt. Il n’était qu’un guerrier qui, grâce à son exploit, leur permettrait peut-être de recouvrer leur pouvoir, qu’un chien qui rapporte du gibier : à récompenser, sans excès ; à bien traiter, mais à laisser dehors ou dans un coin où il restera sage. Ces façons ne renforçaient pas sa sympathie, déjà plus que chancelante, à leur égard.
 
Pewortor ne serait pas leur seul déçu. Son prêtre subissait de leur part une amère nasarde. Autant ils avaient choyé Kleworegs, n’ayant aucune raison de le jalouser ou d’en favoriser un autre, tant il semblait le fantoche idéal, autant ils renâclaient à lui accorder les honneurs qu’il espérait. Malgré ses discrètes (il était dans un temple) protestations, ils refusaient d’en faire le desservant du futur autel du Joyau, en tout cas pas le principal. Le premier bhlaghmen avait des amis à obliger. Il devait respecter les susceptibilités. Si le nouveau venu était désigné à ce poste si convoité, l’admiration envers lui serait empuantie de jalousie. Elle se corromprait et pourrirait vite. La vie lui deviendrait impossible. Il devrait repartir pour ne jamais revenir. Son retour, ou celui de ses enfants, à Kerdarya, se heurterait à la haine vigilante de ceux un instant évincés. Rage au cœur, il consentit à un rôle mal défini d’ambassadeur itinérant du coffret. Enfin, si cela aidait son fils ! Le haut prêtre le rassura. Son sacrifice serait apprécié. Il aurait tous les avantages d’un fils de desservant principal... La fonction de son père les lui garantirait sans que nul n’y redise, sur sa foi jurée. Ce combat d’arrière-garde gagné, il céda sur tout. Pour un prêtre de petit clan, et au regard de son passé, la promotion était inespérée. Et il réalisait son plus cher désir : préparer la voie à sa lignée.

n°224070
Profil sup​primé
Posté le 30-10-2009 à 19:29:36  answer
 

Encore 19 "ils" pour cet extrait. Marc! Le style! Le mien est classique, banale et médiocre, je me demande bien ce que dirait le dilettante sur le tien...

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