Le 21-02-2012 à 20:53:27, IronDark a écrit :
Thiago Motta n'est pas le joueur le plus spectaculaire de la planète. Mais aujourd'hui, beaucoup regrettent son départ à Milan. Avec ou sans lui dans l'équipe, l'Inter présente des statistiques édifiantes.
Dans le football moderne, le milieu de terrain défensif a pris une importance énorme. La sentinelle, ou registro comme l’appellent les Italiens, est bien souvent déterminante. Au Milan AC, Mark van Bommel assure ce rôle. Ailleurs en Europe, ces joueurs sont également vénérés par leurs coachs comme Sergio Busquets à Barcelone. On ne peut pas dire que ce sont les joueurs qui brillent le plus mais allez demander à leurs entraîneurs de se passer d’eux… Alors quand Thiago Motta a quitté l’Inter Milan pour le PSG, certains se sont interrogés sur la stratégie du PSG. On attendait un buteur acrobatique ou un dribbleur frénétique. Et on a eu droit à un maître ès tactique. Pourquoi mettre si cher pour un joueur plus connu pour son intelligence tactique que pour son coefficient « spectacularité » ? Parce que tout simplement, Thiago Motta est le genre de joueur qui, comme Claude Makelele l’était au Real Madrid ou à Chelsea, bonifie le milieu mais aussi la défense d’une équipe.
Les statistiques sont d’ailleurs là pour le prouver. Avec Thiago Motta (dix matchs joués en Serie A), l’Inter Milan a gagné neuf fois. Sans lui, les Nerazzurri n’ont gagné que deux rencontres en quatorze matchs. Bien sûr, d’autres facteurs peuvent expliquer ce tel différentiel car un unique joueur ne fait pas seul les résultats d’une équipe. Mais ces chiffres marquent une tendance : l’international italien d’origine brésilienne sécurisait sa formation. Avec lui, l’Inter n’encaissait que 0,3 but par rencontre. Sans lui, les hommes du président Moratti en prennent 2,15 ! Si offensivement la méforme des Lombards est moins visible avec une moyenne de 1,14 but marqués sans Thiago contre 1,8 avec lui, les statistiques montrent encore que la situation est moins florissante sans le nouveau numéro 28 parisien.
Didier Deschamps en avait la bave aux lèvres dimanche dans le JDD : « Thiago Motta, c’est du haut niveau. » Indiquant par ailleurs qu’il ne pouvait à l’OM s’offrir un tel joueur à dix millions la saison. Mais 10 millions, cela s’explique à la vue de telles statistiques. Cela explique aussi comment un joueur que Mourinho ne souhaitait pas recruter du temps où il dirigeait l’Inter est devenu l’une des pierres angulaires de la formation sacrée championne d’Europe en 2010 face au Bayern Munich (Motta était suspendu après son exclusion à Barcelone en demi-finale). Motta, c’est l’intelligence tactique à l’état brut. Elevé au Barça où il a débarqué en provenance de son pays natal, il a su développer son sens tactique en Liga puis en Serie A. Signe des temps, l’équipe nationale la plus férue de tableau noire n’a pas hésité à s’accaparer ce Brésilien aux vertus si transalpines. Et à l’Inter, on pensera forcément un peu à lui à l’heure d’entrer sur la pelouse du Vélodrome…
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