L'Allemagne a ouvert depuis le 1er mai son marché du travail à huit pays d'Europe centrale et orientale. Confrontées à une pénurie de main-d'œuvre, les entreprises allemandes saluent la venue de ces immigrés.
Les travailleurs issus de huit pays d'Europe de l'Est - sauf Roumanie et Bulgarie - sont libres de chercher du travail en Allemagne depuis le 1er mai. Craignant un afflux d'immigrés, l'Allemagne avait retardé de deux ans l'ouverture de son marché du travail aux nouveaux adhérents de l'ex-bloc soviétique. Mais avec la pénurie de main-d'œuvre provoquée par l'embellie économique, elle salue désormais leur arrivée comme une chance. Pour désamorcer les critiques, Berlin a annoncé un durcissement des contrôles sur le travail au noir et une vigilance accrue à l'égard du «dumping» salarial.
Le ministère fédéral du Travail s'attend à un afflux de près de 100.000 personnes par an. «La plupart sont jeunes, instruits et mobiles», souligne le ministère. Les candidats à un emploi en Allemagne devraient essentiellement venir de deux pays frontaliers: la Pologne et de la République tchèque. Confrontées à une pénurie d'ingénieurs, d'informaticiens, de cadres, de médecins, d'aides-soignants et de main-d'œuvre spécialisée, notamment dans le bâtiment, les entreprises allemandes considèrent l'arrivée de ces immigrés comme une chance. Mais ils ne suffiront pas à combler la pénurie.
En 2009, l'Allemagne et l'Autriche avaient été les seuls pays de l'Union européenne à repousser de deux ans l'ouverture de leur marché du travail aux ressortissants de huit pays ex-communistes ayant adhéré en 2004 (Pologne, République tchèque, Slovaquie, Slovénie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Estonie).
Mais depuis la donne économique a changé. Le taux de chômage en Allemagne (7,3%) a encore reculé en avril. Le nombre de demandeurs d'emploi devrait tomber durablement sous la barre des 3 millions, en 2011. Alors qu'ils avaient la main pour négocier des augmentations de salaires conséquentes branche par branche, les syndicats craignent cependant que l'afflux d'immigrés contribue à pérenniser la précarité et le dumping salarial.