Journal de Thomas, année 2011, (extraits...)
31 décembre 2011
Curieuse Saint-sylvestre! Je ne peux jamais sacrifier à ce rite avec la personne qui partage ma vie. Mais il m'arrive de "festoyer" en compagnie d'un être cher. La dernière fois, ce fut avec ... Bruno.
Pourquoi fronces-tu les sourcils, mon amour, alors que malgré lui, Gabriel me permet de te retrouver?
Que veux-tu! Je pensais avoir touché le fond quand j'ai cru perdre Nicolas. Cette mort déconcertante avait été une réalité qui ne m'appartenait pas. Je la subissais. Je ne me sentais pas impliqué. Elle devenait le résultat d'une logique dans laquelle je n'avais rien à y faire.
D'ailleurs Nicolas est revenu, zombi dérisoire; et ce qui avait existé entre lui et moi, nonobstant un frémissement, rejoignait les ombres d'un passé définitivement révolu.
Pourtant, en disparaissant, Nicolas allait me permettre de faire la rencontre déterminante: cette rencontre! Toi. Florian Estève. Désormais, il a fallu t'inclure dans ma réalité.
Paradoxalement, c'est aussi à cause de Nicolas que Bruno a fracassé ma vie. Il a été la seule réponse supportable dans un univers qui s’effondrait. Il ne savait pas le pauvre, qu'il contribuait à édifier mon martyrologe de l'amour. J'aurais tout donné pour que tu n'y fusses pas, ô mon Florian! Mais tu es à moi, et j'avais si mal, si mal! Pardon! Pardon! Tu me manques trop!
Si je pouvais comme ma chère Luna, n'avoir à choisir qu'entre un plaisir coupable et une activité professionnelle sur fond d'érotisme exacerbé... Devrai-je comprendre que l'on voulait m'interdire l'amour? Quelle présomption!
Quand le docteur Riva m'enlace, ma douleur se tait. Ma peau contre la sienne, son odeur qui se mêle à la mienne, enrobent le silence et je brûle... Le plaisir me fauche.
"Pourquoi pleures-tu?" me dit Gabriel.
Tu parles! Je suis pat. Je peux me sentir bien dans d'autres bras, jouir de corps nouveaux, mais tu restes ma substance. Personne ne saurait te remplacer.
"Souvenir, souvenir, que me veux-tu?" Comment imaginer qu'un simple bonjour pouvait contenir tant d'espoir? Mon regard s'attardait sur ta silhouette gracile. Et cette manière de mettre les mains dans la poche du pantalon... Bon! Pas terrible le "costard-cravate". Mais enfin, c'était déjà "toi". Ah! Florian, tu n'allais plus quitter mon quotidien. Et pourtant je t'ai abandonné au moment où tu avais le plus besoin de moi. Tu es parti avec ma rancœur, puisque bien évidemment, je l'ai été, "enc***** d'éphèbe". Maintenant, il faut faire sans toi. Je ne peux pas. Je n'ai pas eu le temps d'apprendre.
Par occasion, il m'arrive de penser que s'il y a un Dieu, il nous a oubliés. Eh bien! Vous savez quoi? Je l'em*****! Probablement, cela fait des lustres qu'il a fait son choix!
Alors, durant cette soirée solitaire, je veux opposer à la pudeur de tes mots, la hardiesse et la force de mes émotions. Laisse-moi t'aimer, t'aimer dans l'enivrement des sens, dans la folie des odeurs, comme il se doit, peau contre peau, et le goût nonpareil de ton f***** qui en veloute ma langue. Plongeant et replongeant dans ta chaleur, je me perds pour mieux me retrouver car tu es moi, comme je suis toi.