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 Sujet :

dans l'indifférence......

 
n°29588
luculus1
Posté le 11-06-2011 à 21:56:47  profilanswer
 

LE SUJET; Dans l'indifférence-  ça convient assez bien aux nécroses ambiantes de l'actualité....
 

Citation :

avotboncoeur a écrit :
pour l'hotel de paulo, ca commence a grincer car les gens s'attendent à du super haut de gamme alors que c'est un super rapport qualité prix : on ne peut pas avoir une femme de ménage ganéene à tous les étages pour 70 € la nuit (lol)


 
Mr Hulot

Citation :

on ne peut pas avoir une femme de ménage ganéene à tous les étages pour 70 € la nuit  :lol:

 
 
Les bons usages se perdraient-ils ? Heureusement, les lecteurs de DVD mis à la disposition des clients  
 
http://cinememorial.com/FILMS/AFFICHE/JOURNAL_D_UNE_FEMME_19640.jpg  
http://2.bp.blogspot.com/-SQU3NY4Mv70/TdBMq0DBrJI/AAAAAAAAFt8/xxQbWaMUDPs/s1600/18864732.jpg
 
doivent permettre de pallier cette carence bien dommageable, il faut le reconnaître, quoique limitant les risques ...  :lol:
 
Édito du n°3241 du 9 juin 2011 : "Dans l'indifférence"
 
Impossible d’ouvrir une gazette, d’allumer un téléviseur, d’écouter une radio ou de consulter un site web d’information sans avoir droit à l’écœurant déballage des ‘affaires’ qui semblent passionner les foules.
 
Il est vrai que nos excellences sont particulièrement en forme en ce printemps chaud et précoce. De l’incroyable feuilleton new-yorkais qui nous est proposé depuis trois semaines - et semble bien parti pour animer la chronique pendant des mois -, jusqu’aux rumeurs élégamment distillées par un ancien ministre au comportement pour le moins surprenant, sans oublier les vicissitudes d’un secrétaire d’État en butte aux accusations très précises d’anciennes collaboratrices, le citoyen “normal”, comme dit François Hollande, a de quoi méditer et commenter.
 
Hélas, cet affligeant déballage de supposées turpitudes, entre le nauséabond et le ridicule, occulte une réalité autrement dramatique qui mériterait autant, sinon davantage, d’attentions. Il ne s’agit pas ici de se livrer à une analyse des informations générales, mais la profession étant concernée par plusieurs faits de l’actualité, il est nécessaire d’essayer d’y réfléchir quelques instants.
 
Bien sûr, ce n’est guère le lieu de décortiquer le procès de DSK, même si le lourd contentieux engagé à son endroit risque de soulever quelques questions relatives à la gestion hôtelière dans sa délicate dimension des relations entre clients et salariés dans les établissements. Le fonds du dossier dépasse largement le Sofitel de New York, car il aurait pu se produire dans n’importe quel hôtel, y compris ailleurs que sur le territoire américain.
 
Mais le silence peut parfois être plus meurtrier que le bruit médiatique, par l’indifférence qu’il exprime cruellement.
 
C’était le 4 avril dernier, dans la ville d’Abidjan à feu et à sang à la suite de soubresauts d’une histoire trop tourmentée. Dans la fureur d’un début de guerre civile, le Novotel d’Abidjan fut envahi par un ‘commando’ des partisans du président déchu, mais décidé à garder le pouvoir, chargé (par qui ?) de s’emparer des journalistes descendus dans l’hôtel et qui étaient accusés d’avoir pris parti pour le nouvel élu.
 
Ce jour là, Stéphane Frantz di Rippel, retenez son nom, était à son poste de directeur du Novotel. Il fit face aux soudards qui exigeaient de connaître les chambres des représentants de la presse. Devant sa détermination à garantir la sécurité de ses clients, c’est lui, et trois de ses compagnons d’infortune qui furent embarqués vers un destin sans retour.  
 
Stéphane Frantz di Rippel n’était pas le triste héros d’une affaire de mœurs ou de corruption médiatisée à outrance. Il se contentait de faire son métier et son devoir avec honneur et discrétion. On a retrouvé son corps torturé au fond de la lagune ivoirienne. Pour sa compagne, ses filles et sa famille, l’indifférence ne saurait atténuer leur douleur.                                                                            L. H.  
 
 
 [:faz06:1] Je me suis bien amusé avec les posts d'AVBC et de M. Hulot, extraits d'un autre sujet.....mais je suis effaré de lire cet article du journal L'Hôtellerie qui est noyé dans un silence de plomb pour ce genre de fait......

n°29589
Mr Hulot
Posté le 13-06-2011 à 08:04:44  profilanswer
 

Le 11-06-2011 à 21:56:47, luculus1 a écrit :

Édito du n°3241 du 9 juin 2011 : "Dans l'indifférence"
 
Impossible d’ouvrir une gazette, d’allumer un téléviseur, d’écouter une radio ou de consulter un site web d’information sans avoir droit à l’écœurant déballage des ‘affaires’ qui semblent passionner les foules.
 
Il est vrai que nos excellences sont particulièrement en forme en ce printemps chaud et précoce. De l’incroyable feuilleton new-yorkais qui nous est proposé depuis trois semaines - et semble bien parti pour animer la chronique pendant des mois -, jusqu’aux rumeurs élégamment distillées par un ancien ministre au comportement pour le moins surprenant, sans oublier les vicissitudes d’un secrétaire d’État en butte aux accusations très précises d’anciennes collaboratrices, le citoyen “normal”, comme dit François Hollande, a de quoi méditer et commenter.
 
Hélas, cet affligeant déballage de supposées turpitudes, entre le nauséabond et le ridicule, occulte une réalité autrement dramatique qui mériterait autant, sinon davantage, d’attentions. Il ne s’agit pas ici de se livrer à une analyse des informations générales, mais la profession étant concernée par plusieurs faits de l’actualité, il est nécessaire d’essayer d’y réfléchir quelques instants.
 
Bien sûr, ce n’est guère le lieu de décortiquer le procès de DSK, même si le lourd contentieux engagé à son endroit risque de soulever quelques questions relatives à la gestion hôtelière dans sa délicate dimension des relations entre clients et salariés dans les établissements. Le fonds du dossier dépasse largement le Sofitel de New York, car il aurait pu se produire dans n’importe quel hôtel, y compris ailleurs que sur le territoire américain.
 
Mais le silence peut parfois être plus meurtrier que le bruit médiatique, par l’indifférence qu’il exprime cruellement.
 
C’était le 4 avril dernier, dans la ville d’Abidjan à feu et à sang à la suite de soubresauts d’une histoire trop tourmentée. Dans la fureur d’un début de guerre civile, le Novotel d’Abidjan fut envahi par un ‘commando’ des partisans du président déchu, mais décidé à garder le pouvoir, chargé (par qui ?) de s’emparer des journalistes descendus dans l’hôtel et qui étaient accusés d’avoir pris parti pour le nouvel élu.
 
Ce jour là, Stéphane Frantz di Rippel, retenez son nom, était à son poste de directeur du Novotel. Il fit face aux soudards qui exigeaient de connaître les chambres des représentants de la presse. Devant sa détermination à garantir la sécurité de ses clients, c’est lui, et trois de ses compagnons d’infortune qui furent embarqués vers un destin sans retour.  
 
Stéphane Frantz di Rippel n’était pas le triste héros d’une affaire de mœurs ou de corruption médiatisée à outrance. Il se contentait de faire son métier et son devoir avec honneur et discrétion. On a retrouvé son corps torturé au fond de la lagune ivoirienne. Pour sa compagne, ses filles et sa famille, l’indifférence ne saurait atténuer leur douleur.                                                                            L. H.  
 
 [:faz06:1] Je me suis bien amusé avec les posts d'AVBC et de M. Hulot, extraits d'un autre sujet.....mais je suis effaré de lire cet article du journal L'Hôtellerie qui est noyé dans un silence de plomb pour ce genre de fait......


Citation :

"Dans l'indifférence"


Pas totale, du moins dans la presse écrite et sur le web. Ainsi cet hommage paru le 9 juin dans Libé :
 
"A vous quatre qui nous avez sauvé la vie au Novotel d'Abidjan  
 
Par un collectif de journalistes  
 
Dans le cours de l’actualité que nous couvrons, nous les reporters, correspondants et envoyés spéciaux, il y a des moments rares, où le temps s’arrête, où l’infini renouvellement des drames et des tragédies qui font le quotidien de nos «sujets» marque une pause. L’annonce de la mort de Stéphane Frantz di Rippel, ce jeudi 2 juin, est de ceux-là. Son assassinat perpétré par un commando issu de la garde républicaine de Laurent Gbagbo, un sort sans doute partagé par Yves Lambelin et ses deux collaborateurs béninois et malaisien, Chelliah Pandian et Raoul Adeossi, nous a tous bouleversés.  
 
Par sa position centrale, au cœur d’Abidjan, par l’habitude que certains d’entre nous avaient déjà d’y descendre, par le fait aussi qu’en situation de guerre les points de chute ne sont pas si nombreux et que les journalistes ont tendance à se regrouper pour mieux évaluer les risques et partager l’information, l’hôtel Novotel du Plateau s’est transformé en quelques jours, début avril, en QG de la presse internationale, de la presse française en particulier. Stéphane Frantz di Rippel en est le directeur depuis quelques mois. Il n’a pas demandé à gérer cette situation. Son professionnalisme lui commande d’improviser au mieux. Une cinquantaine de clients parmi lesquels une majorité de journalistes, mais aussi quelques ressortissants étrangers sont répartis sur les neuf étages que compte l’établissement. Le Français Yves Lambelin, patron du premier groupe agroalimentaire ivoirien, Sifca, y a trouvé refuge un peu en catastrophe au moment où la métropole ivoirienne, sous l’effet de l’offensive des combattants pro-Ouattara, plonge dans le chaos.  
 
Très vite, il apparaît que cette bulle rassurante qu’aurait pu être le Novotel n’en est pas une. Les forces loyales au président déchu contrôlent le Plateau, le quartier des affaires, et celui du palais présidentiel. Les tireurs embusqués et les miliciens pro-Gbagbo font peser une menace constante sur les civils terrés dans les immeubles alentours. Les «patriotes» défilent chaque jour devant l’hôtel allant parfois jusqu’à en secouer les grilles. Le risque est assumé par les reporters de guerre. Il ne peut l’être par les employés de l’hôtel, de plus en plus inquiets pour leur sécurité, ni par les réfugiés qui réclament depuis plusieurs jours leur évacuation par la force Licorne vers le camp militaire français de Port-Bouët. L’enquête judiciaire en cours menée à la fois par les autorités françaises et ivoiriennes déterminera, espérons-le, les raisons de l’opération meurtrière qui a visé le Novotel d’Abidjan. Mais il n’est pas impossible que la volonté de mener un raid punitif contre le lieu de rassemblement d’une presse considérée comme hostile au pouvoir sortant en ait été l’une des causes.  
 
Que cherchait le commando de tueurs ce 4 avril en début d’après-midi ? Des «Blancs», des journalistes ? Une monnaie d’échange ? Les victimes expiatoires d’un régime agonisant ? Toujours est-il que lorsque ces hommes en armes atteignent le 7e étage où se trouve le bureau de Stéphane Frantz di Rippel, ce dernier a un réflexe qui va sauver des vies, les nôtres, et condamner la sienne. Il nie la présence de journaliste dans son hôtel, alors même qu’une quinzaine d’entre eux se trouve à l’étage supérieur. Sortis de la chambre voisine pour intervenir, Yves Lambelin, son adjoint Raoul Adeossi et Chelliah Pandian, responsable d’une filiale de Sifca, sont emmenés eux aussi manu militari. On craint qu’ils aient également été exécutés dans les heures qui ont suivi. Longtemps, nous avons espéré que les quatre disparus étaient détenus comme otages, que des traces de leur survie feraient surface, qu’une demande de rançon allait être transmise. Dans les premiers jours, nous avons même pensé qu’une certaine discrétion médiatique permettrait aux services français œuvrant dans le chaos d’Abidjan de négocier leur libération. Et la terrible confirmation de ce que l’on pressentait est arrivée. A ces hommes avec qui nous avons partagé quelques jours, quelques heures, nous voulons rendre hommage. Beaucoup d’entre nous en sont convaincus, leur sort aurait pu être le nôtre.  
 
Merci à toi, Stéphane, pour ton courage, à vous M. Lambelin, ainsi qu’à Chelliah Pandian et Raoul Adeossi. Nous pensons très fort à vos familles, à vos proches. Nous ne vous oublierons jamais.  
 
Cyril Bensimon grand reporter RFI, Tanguy Berthemet grand reporter Figaro, Dominique Derda correspondant France 2, Omar Ouahmane grand reporter France Culture, Grégory Philipps grand reporter France Info, Bruno Poizeuil preneur de son-monteur TF1, Frédéric Ranc journaliste reporteur d’images France 2, Jean-Philippe Rémy journaliste au Monde, Michel Scott grand reporter TF1, Iker Zabala journaliste reporteur d’images TF1, Michaël Zumstein photographe agence Vu.

 
http://www.liberation.fr/monde/010 [...] -d-abidjan


Message édité par Mr Hulot le 13-06-2011 à 08:28:06

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