Citation :
Mais vous aurez également des résultats différents en comparant plusieurs variétés de persil plat
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Mais vous aurez également des résultats différents en comparant plusieurs variétés de persil frisé.
Il y a quelque temps, un commerçant, dans un grand élan de générosité, avait joint à mon achat une belle botte de persil frisé. Et là, surprise ! Alors que je réserve d’habitude le frisé à la décoration, ou, mieux, à la friture, n’ayant rien d’autre sous la main, je l’ai haché et des parfums puissants et agréables se sont élevés de la planche.
Je vais finir par penser que l’auteur qui affirmait que c’était le mode de culture qui était le plus discriminant avait raison…
Citation :
Car ce qui rend si beau une tête de veau C'est le persil dans les narines
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Zélas, la tête de veau que j’ai cuisinée dimanche n’avait même pas de narines, ni d’oreilles non plus. Trop dégraissée aussi, bref une tête de veau de régime…
Citation :
Regarder donc l'étalage des tripiers, ils ont compris
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Zélas, pas les bouchers. Sont pas des esthètes de veau…
Dépité, pour le repas de hier soir, je me suis tourné vers la modernité :
Le diable dans la mélasse:
J’avais à ma disposition une petite queue de lotte et des belles carottes bien parfumées achetées sur un marché de campagne. J’ai décidé de préparer le tout sous vide.
Et c’est là que l’on souffre quand on cuisine dans un espace réduit !
Il m’a fallu d’abord habiller la lotte, l’éplucher, dégager la colonne centrale, enlever les panoufles. J’ai obtenu deux beaux filets que j’ai tronçonnés en deux. Pensant que je pourrai réaliser une sauce avec j’ai réservé aussi les chutes. Bon, ya plus qu’à laver la planche…
Les carottes sont pleines de sable, ouste, sous le robinet aussi, épluchées en quatre coups de cuillères à pot d’éplucheur Rösle, que j’avais acheté car Avotboncoeur en avait fait la louange, il ne s’en souvient peut-être pas, mais il avait raison. Ces carottes, d'une variété bien cylindrique, j'en ai tourné soigneusement les extrêmités, on ne rechigne pas à la tâche chez les Grisbiche. Puis j’ai pris quelques brins de persil (plat !), ai séparé les queues des feuilles et ai réservé le tout. J’ai épluché une grosse échalote cuisse de poulet et l’ai grossièrement hachée. Un bout de gingembre s'est rappelé à mon souvenir, ni une ni deux, je l’ai découpé en fines tranches.
Bon, ça doit être tout pour la découpe. Out, la planche ! Passons à la mise en sachet.
J’ai saupoudré les carottes d’un peu de fleur de sel (de l'île de Ré, ya marre du sempiternel Guérande !), un tour de moulin de poivre blanc Sarawak, un morceau de beurre, j’ai hésité, cumin ou pas cumin, non, pas avec des carottes si parfumées, et puis il y aura la sauce sur le poisson, ne dispersons pas…
Dans le sachet, mis de côté.
Maintenant, au tour du poisson. Salé lui aussi, semé de safran, non, pas 1 g, pas ½ g, pas ¼ g, quelques pistils seulement. Le gingembre, un peu de zeste de citron vert râpé à la Microplane, un morceau de beurre…
Dans un autre sachet, mis de côté.
J’ai nettoyé le plan de travail, et là seulement j’ai pu installer la machine à vide.
Bon les deux sachets sont sous vide et scellés. Je range la machine à vide.
Entrée en scène du bac et du thermoplongeur. Je verse des casseroles d’eau chaude prise au robinet, la chaudière réglée au maximum de température, car la cuisson des carottes doit se faire à 90°C. Mais je ne parviens pas à dépasser environ 55°C. Je jette un regard inquiet sur l’heure, car si le thermoplongeur est impeccable pour stabiliser la température, ce n’est pas un foudre de guerre pour la chauffe. L’idéal eut été de commencer cette étape en premier lieu, avant la découpe et la mise sous vide, mais je n’ai pas la place.
Bon j’en profite pour commencer à réaliser la sauce. Dans une petite casserole, je fais revenir dans un peu d’huile d’olive les chutes de lotte parsemées d’un peu de sel afin de leur faire perdre leur eau (tout en n’oubliant pas qu’à la fin la sauce sera réduite, prudence et parcimonie !) jusqu’à un début de caramélisation. Puis je baisse la flamme, ajoute l’échalote que je fais un peu suer (pas autant que me suis fait suer moi-même à régler les occupations d’espace de travail !), verse deux verres d’eau, le jus d’un quart de citron jaune, une petite cuillérée de paprika fort fumé, une feuille de laurier, un petit brin de thym, les queues de persil (plat !) et je laisse tranquillement réduire à feu doux. Puis je pense que j’ai deux poireaux dans le frigo. Je prends la paire de ciseaux et leur vole subrepticement un bout de feuille que je lave et jette dans la casserole.
Je regarde le bac. Il n’est parvenu qu’à la température de 66°C.
L’heure tourne, et ce n’est pas un médianoche que je prépare.
Je prends donc la décision de ne pas attendre les 90°C, et je plonge le sachet de carottes, ça m’avancera quand même un peu. Le calculateur du thermoplongeur, en train de contempler la courbe d’évolution de température, doit se demander ce qui se passe. Tant pis pour lui, ce ne sont pas ses oignons !
Quant à moi, je retourne vers la casserole…
…………………………..
Une demi heure passe, plus que deux ou trois millimètres de liquide. J’arrête le feu.
Le bain vient d’atteindre les 90°C. J’estime, au pifomètre, que trois quarts d’heure devraient alors suffire pour mener à bien la cuisson des carottes. Cinq minutes avant la fin de ce délai, je plonge le sachet avec les morceaux de lotte dans le bac. Bon, ce n’est pas l’idéal, il eut mieux valu vingt minutes à 60°C, il me faudrait un deuxième thermoplongeur, mais mon banquier n’est pas d’accord, et puis, d’ailleurs, où le mettrais-je ? La cuisson sera moins uniforme, mais après tout, un centre encore un peu nacré, ce n’est pas plus mal.
Je profite de ces cinq dernières minutes, mais oui, bien sûr, pour remettre la flamme sous la sauce refroidie qui est entièrement prise en gelée et la mener à une petite ébullition. J’en extrais les plus gros morceaux de chutes de lottes et herbes aromatiques avec une pince, je transfère à travers un petit chinois dans une autre casserole que je pose sur un feu très doux puis, et voici, mesdames et messieurs, l’explication de l’intitulé de la recette :
diable, la lotte, surnommée diable des mers pour délit de faciès, et mélasse, car j’ajoute trois cuillérées de mélasse de grenade.
La minuterie sonne, je sors les sachets et commence le dressage. Sur chacune des deux assiettes, le morceau de filet de lotte côté tête avec posé dessus le morceau côté queue la pointe un peu en l’air, les deux débarrassés du gingembre qui a terminé son boulot, ainsi que du persil qui a viré à un vert peu appétissant, morceaux d'un beau blanc teintés par endroit du jaune des pistils de safran. Un coup d’œil sur la casserole, tout va bien, la sauce continue à réduire doucement et devient de plus en plus sirupeuse. Je pose les cylindres des carottes au rouge bien conservé côte à côte en décalé, les parsème d’un tour de moulin de poivre blanc. Dans l’angle entre la lotte et les carottes trois brins de persil (plat !) s’épanouissant depuis la pointe du triangle, une rondelle de citron jaune posée en biais contre les tuyaux d’orgue purpurins… Un coup d’œil sur la sauce : elle me semble à point, bien nappante, j’en vernis une partie de la surface des morceaux de lotte, en mets une tache d’un brun violacé dans un coin vide de l’assiette. Je verse le reste dans une petite saucière bien chaude. Un petit filet d’huile d’olive herbacée zébrant les carottes, quelques grains de poivre noir sur deux centimètre de leur côté queue (je me suis dit que si j’avais eu de la poudre de charbon de bois !) et…
A TABLE !
Grands compliments de Mme Grisbiche qui s’est extasiée devant la sauce : subtile, complexe, multipliant les parfums, quasi comme un grand vin ! Ce sont ses propres mots...
J’en suis encore aussi rouge de confusion que mes carottes.
Carottes al dente qui auraient peut-être mérité quelques minutes de plus de cuisson, mais qui exhalaient toutes leur saveur.
Je n’ai pas pris de photo du plat. Pas le temps. Et puis je ne veux pas passer pour l’exhibitionniste du forum, soulevant à tout bout de champ son tablier de cuisine (que d’ailleurs est uniquement virtuel..), attention, le petit oiseau va sortir !
Message édité par grisbiche le 11-10-2011 à 22:31:33
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L'homme ne communique avec son semblable que quand l'un écrit dans sa solitude, et que l'autre le lit dans la sienne. -Gómez Dávila