Hier, soirée rustique, filets d'oie fumés puis crêpes en dessert.
A cette occasion, j’ai testé pour vous la pâte à crêpe de Mr Hulot*….
EPISODE 1 :

J’ai sorti et mis en chauffe le billig ; bon, c’est bien chaud, je verse une louche et tente d’étaler avec le rozell.
Mais cet instrument ne fait que déplacer la flaque et ramener un peu de liquide sur la partie déjà cuite. Cette masse protéiforme finit par donner ce que n’oserai qualifier de crêpe, mais un objet vallonné aux contours indéfinis, une sorte d’îlot mystérieux agité de séismes. Après cuisson, je suis très perplexe devant le résultat, puis je me dis que ce serait parfait pour un far déstructuré. Un pruneau ayant macéré dans le jus de yuzu par-dessus, et voila le travail ! Qui eut dit que Mr Hulot puisse être l’inspiratrice d’une revisitation…
EPISODE 2 :
J’affirme sournoisement à Mme Grisbiche qu’elle est bien plus adroite que moi et lui confie la louche et le rozell. Le résultat est tout aussi pitoyable, quoique d’une forme plus gracile.
Nous sommes obligés de convenir qu’il faut renoncer au billig. La pâte contient trop de graisse et patine sur la plaque avec autant de facilité qu’un Candeloro à Holiday on Ice. Et comme lui elle ne s’étalera pas… Passons à la poêle.
Mais ouksetykona rangé la crêpière ? Tant pis, on ne va pas tout déplacer pour la retrouver, on se contentera de cette poêle céramique qui offre la bonne taille.

Allez, une louche de pâte, quelques coups de poignet pour étaler. Mais voila, ce n’est pas si facile, la pâte glisse trop sur la céramique, ce qui a commencé à coaguler se déplace, des ourlets se forment. Je réussis quand même à recouvrir tant bien que mal le fond de la poêle. Une face est cuite, mais je dois confesser que je suis bien incapable de faire virevolter la crêpe vers le plafond et de la recevoir correctement à son retour. Il me faut la spatule …et là je comprends pourquoi les bords des crêpières sont bas, impossible de se faufiler sous la crêpe, je la mets en accordéon. Et mes tentatives durent si longtemps qu’un côté risque d’être brûlé avant même que l’autre soit cuit.
Il vaut quand même mieux dégotter la crêpière !
EPISODE 3 :
On a retrouvé la crêpière !

Alors, là, le bonheur…
Les crêpes s’entassent sur le plat, moelleuses et savoureuses, la hotte n’empêche pas une bonne odeur de beurre d’envahir la cuisine.
Mais Mme Grisbiche ne peut s’empêcher d’affirmer : « Pas très light quand même…»
*P.S : J'avais lu trop vite, devant la quantité de beurre, j'ai cru que la recette était signée Mr Hulot, alors qu'elle n'était que le truchement de Robuchon...
Message édité par grisbiche le 06-02-2012 à 11:57:02
---------------
L'homme ne communique avec son semblable que quand l'un écrit dans sa solitude, et que l'autre le lit dans la sienne. -Gómez Dávila