Mr Hulot | Le 29-07-2007 à 18:34:55, Mr Hulot a écrit :
La date de cristalic, 1989, doit être la bonne. C'est celle qui est donnée par Amazon et d'autres sites et qui correspond à la période de parution des autres ouvrages de la même collection éditée par Robert Laffont : entre autres, le Guérard paru en 1976, le Girardet en 1982, le Jean-Pierre Billoux et le Senderens en 1984, le Troisgros en 1985, le Robuchon en 1986
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Découvert hier dans La Montagne : deux grands classiques de la fameuse collection dirigée par Claude Lebey "Les recettes originales de" viennent d'être réédités, relus et corrigés par leurs auteurs, sous une nouvelle jaquette : Avant et après :
A quand la réédition de Senderens, Girardet, Claude Peyrot, le maître de Bernard Pacaud, et les autres ... dont Robuchon ?
Pour le plaisir, cet article de Marianne : «La Grande Cuisine minceur» de Michel Guérard, ou l'acte refondateur de la gastronomie française
"Octobre 1976, il y a trente-trois ans. La France sort d'une sécheresse estivale retentissante, Valéry Giscard d'Estaing est président de la République depuis seize mois et le film l'Aile ou la cuisse, de Claude Zidi, met en scène Louis de Funès et Coluche dans une ineffable parodie raillant la bouffe industrielle et le Guide Michelin. Cette année-là, un événement littéraire bouscule l'univers culinaire français: la sortie de la Grande Cuisine minceur, de Michel Guérard, aux éditions Robert Laffont, sous la direction de Claude Lebey. S'il est un ouvrage refondateur de la cuisine française contemporaine, c'est bien celui-là. Outre l'audace d'associer la diététique et la gastronomie, ce traité révolutionnaire est un peu le pendant maîtrisé de 1968 dans l'assiette. Déjà célèbre pour les originalités de son bistrot d'Asnières, Le Pot-au-feu, où il jette, de 1965 à 1974, les bases de ce qui va devenir la nouvelle cuisine gourmande, Michel Guérard imprime sur le papier les principes dont une génération de futurs grands chefs s'inspirera pour s'émanciper du dogme escoffien. Du haut de son Camélia, Jean Delaveyne, le maître de Bougival, voit ainsi son discours repris et affiné par son disciple, le seul ayant compris que le produit, bien choisi, se suffit à lui-même. Une véritable fronde visant à libérer la cuisine de ses tares. Hier le gros fond de sauce, aujourd'hui la fusion artistico-technique. L'école Delaveyne en fait une antiécole, tord le cou aux lourdeurs de la cuisine de cour, aux faisandages, aux sauces trop riches et aux complications inutiles, leur préférant des cuissons raccourcies, une carte réduite inspirée par le marché et la saison, le répertoire régional revisité, mais aussi le droit à l'innovation et à l'allégement des mets, à l'expérience maîtrisée. Hormis Alain Senderens et Joël Robuchon, compagnons de virées du jeune Guérard à Bougival qui mettent, à leur façon, les pratiques de leur pote au feu, rares sont ceux qui mesurent l'ampleur du phénomène naissant. Il faut l'impulsion d'un Henri Gault et d'un Christian Millau pour médiatiser le processus et généraliser la tendance. Bien vite va naître la cuisine de star, avec les dérives que l'on sait. A la lecture de ce document, on comprend ce qu'a voulu être la «nouvelle cuisine», pour mieux regretter ce qu'est devenue la «nouvelle nouvelle cuisine». Comme une fusée s'étant déviée de sa course pour exploser en vol.
Les recettes y sont gourmandes, sensuelles, généreuses et, surtout, respectueuses du produit, à l'opposé des acrobaties gustatives du cirque gastronomique actuel. Cette grande cuisine minceur n'a rien à envier aux facéties branchées de certains ténors triplement étoilés au Michelin, on pourrait même dire qu'elle les recadre. Alain Ducasse, alors employé de Guérard, qui participa aux exercices pratiques de l'ouvrage, en a gardé, et même sublimé, les valeurs et la sagesse. En refermant l'ouvrage, on réalise que l'esprit de Bougival est encore bien vivant, même si l'on est parfois tenté de taguer un «Delaveyne, réveille-toi, ils sont devenus fous» sur la façade du Guide Michelin. Heureusement, Guérard et sa génération de jeunes fous sont toujours là pour nous confirmer que la bonne cuisine a la vie dure." |