Mr Hulot | Le 31-12-2010 à 17:30:30, grisbiche a écrit :
Me sentant visé, je me sens obligé de revenir dans le netement correct. Aussi je ne manquerai pas de présenter des voeux, en utilisant comme je suis paresseux une formulation ready made que j'emprunte au regretté Pierre Desproges :
Bonne année, mon cul !
Qu’est-ce que le premier janvier, sinon le jour honni entre tous où des brassés d’imbéciles joviaux se jettent sur leur téléphone pour vous rappeler l’inexorable progression de votre compte à rebours avant le départ vers le Père Lachaise…
Cet hiver, afin de m’épargner au maximum les assauts grotesques de ces enthousiasmes hypocrites, j’ai modifié légèrement le message de mon répondeur téléphonique. Au lieu de dire « Bonjour à tous», j’ai mis « Bonne année, mon cul ». C’est net, c’est sobre, et ça vole suffisamment bas pour que les grossiers trouvent ça vulgaire.
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Citation :
Bonne année, mon cul !
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Qu'ajouter d'autre, sinon Bonne année cul-turelle ! avec ces bonnes et saines lectures :
Et puisqu'il nous est enfin permis de souffler et d'en finir avec les corvées festives, "le dîner, la messe de minuit (facultative), le réveillon, le vomi du réveillon, la remise des cadeaux, le déjeuner de Noël, le vomi du déjeuner de Noël et la bise à la tante qui pique" et le Nouvel An, "l’occasion de festivités exactement semblables à celles de Noël, à ce détail près qu’il s’agit cette fois d’un rite païen", revenons à la cuisine ordinaire avec ces propos desprogiens :
"Les champignons
Dans notre édition d’hier, une légère erreur technique nous a fait imprimer les noms de champignons vénéneux sous les photos des champignons comestibles, et vice versa.
Nos lecteurs survivants auront rectifié d’eux-mêmes."
"Une mauvaise cuisinière
Entre une mauvaise cuisinière et une empoisonneuse, il n’y a qu’une différence d’intention."
"Endive
n.f. Sorte de chicorée domestique que l’on élève à l’ombre pour la forcer à blanchir. La caractéristique de l’endive est sa fadeur : l’endive est fade jusqu’à l’exubérance.
Sa forme, qu’on peut qualifier de n’importe quoi, genre machin, est fade.
Sa couleur, tirant sur rien, avec des reflets indescriptibles à force d’inexistence, est fade.
Son odeur, rappelant à l’amnésique qu’il a tout oublié, est fade.
Son goût, enfin, puisque, dit-on, de nombreux pénitents mystiques préfèrent en manger plutôt que de crapahuter sur les genoux jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle, atteint dans la fadeur gastronomique des sommets que le rock mondial frôle à peine dans la pauvreté créatrice.
L’endive, en tant que vivante apologie herbacée de la fadeur, est l’ennemie de l’homme qu’elle maintient au rang du quelconque, avec des frénésies mitigées, des rêves éteints sitôt rêvés, et même des pinces à vélo.
L'homme qui s'adonne à l'endive est aisément reconnaissable, sa démarche est moyenne, la fièvre n'est pas dans ses yeux, il n'a pas de colère et sourit au guichet des Assédic. Il lit Télé 7 Jours. Il aime tendrement la banalité. Aux beaux jours, il vote, légèrement persuadé que cela sert à quelque chose." Message édité par Mr Hulot le 04-01-2011 à 08:06:47
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