Le 25-05-2011 à 16:59:02, Minnehaha a écrit :
Bonjour, je me permets de vous communiquer quelques références sur les sujets de l'Occupation, de la Résistance allemande et des amours franco-allemandes. Il y a plusieurs ouvrages de littérature jeunesse car je travaille en rapport avec ce secteur.
Bibliographie Occupation
sur l'Occupation en général :
Sous l'œil de l'occupant : la France vue par l'Allemagne. 1940-1944, de Cécile Desprairies, éditions Armand Colin, 220 pages (22.50 €)
C'est un ouvrage que j'ai repéré dans le magazine « Armées d'aujourd'hui » de mai 2011. Il regroupe une centaine de photographies prises par la propagande allemande pendant l'Occupation. Bien sûr, ces photos ne montrent jamais les répressions, les privations ou les souffrances des Français, mais l'auteur s'est livrée à un travail de décodage et de mise en perspective.
Merci d'avoir pensé à nous détailler tous ces livres, je retiens, entre autres, les titres destinés aux ados pour les faire connaître à mes petites-filles de dix et treize ans qui aiment lire et s'intéressent à l'Histoire, l'aînée surtout.
J'ai lu en son temps Fabrice Virgili mais apprécie davantage les enquêtes de jean-Paul Picaper qui, avec Ludwig Norz a publié "Enfants maudits" (nés d'une française et d'un allemand) et aussi "Le crime d'aimer" les enfants du STO.
le premier existe en poche "J'ai Lu", le second, je ne sais pas. Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates » de Mary Ann Schaffer et Annie Barrows, éditions Nil EDS (mais il est aussi paru en Poche).
Un roman sur l’Occupation aussi, mais pas exactement celle de la France, puisqu’il s’agit de Guernesey, l’une des îles anglo-normandes. Les îles anglo-normandes ont été le seul territoire britannique occupé par les Allemands. Janvier 1946. Alors que Londres se relève douloureusement de la guerre, Juliet, jeune écrivaine anglaise (la petite trentaine), qui s’est fait connaître avec ses chroniques sur Londres pendant le blitz, est contactée par un inconnu, un natif de l'île de Guernesey. Elle va se mettre à correspondre avec cet homme et ses amis, qui avaient créé pendant l’Occupation un club de lecture, au départ pour échapper aux foudres d'une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ils venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates...) et puis ils se sont aussi pris au jeu. Juliet est conquise et un jour, elle décide de répondre à l'invitation chaleureuse de ses nouveaux amis et se rend à Guernesey.
C’est un roman épistolaire, très agréable à lire, et même si des détails atroces de l’Occupation sont mentionnés (la terrible « division Todt » par exemple), l’impression globale qui s’en dégage reste très agréable. Il y a des passages vraiment amusants, d’autres plus tragiques, un mélange assez anglais en fait. (même si l’auteur était Américaine). Pas de manichéisme : il y a des Allemands qui commettent des atrocités, d’autres qui sont de vrais humanistes (le médecin qui tombe amoureux d’une des membres du Cercle, un simple soldat qui vole des médicaments pour les donner à une femme dont le fils est gravement malade…), et les compromis des habitants de Guernesey, la Collaboration… Le quotidien de l’Occupation, version British. C’est aussi un joli hommage à la lecture.
Encore un roman sur l’Occupation dans les Anglo-normandes, mais côté français cette fois-ci, puisque ça se passe à Chausey et Granville.
Les îles oubliées : îles normandes 1944-1945, de Pierre Davy, éditions Nathan, collection « Les Romans de la Mémoire », 121 pages (5 €)
Roman jeunesse : Janvier 1944 : Simon Jourdan, 17 ans et sa mère Rachel doivent fuir Paris parce que la mère de Simon est soupçonnée d’être juive. Ils se réfugient à Granville dans la famille paternelle de Simon, le père est prisonnier de guerre. Simon s’initie au métier de pêcheur avec son oncle, patron pêcheur à Chausey. Les mois passent, c’est le Débarquement et les Allemands sont de plus en plus nerveux. Contre toute attente, c’est la période où Simon va se lier d’amitié avec un jeune soldat allemand, guère plus âgé que lui, qui parle bien français (et pour cause, sa mère est française) et qui est tombé amoureux d’une Granvillaise.
C’est un roman qui m’a personnellement touchée parce que je connais bien les lieux ; on y retrouve le vieil antagonisme entre Français et Britanniques autour de ces îles, Chausey et l’archipel proche des Minquiers semblent hors du temps, ignorés de tous. Petit documentaire en fin de roman sur les îles anglo-normandes pendant la guerre, et notamment la tragédie d’Aurigny.
sur les amours franco-allemandes et leurs conséquences : Naître ennemi : les enfants de couples franco-allemands nés pendant la seconde guerre mondiale. De Fabrice Virgili, éditions PAYOT (25 €).
Je ne l'ai pas lu à proprement parler mais j'ai eu l'occasion de le feuilleter en librairie et il m'avait l'air vraiment intéressant. Il se veut assez exhaustif sur le sujet car il parle aussi bien des enfants nés de père allemand et de mère française dans la France occupée que d'enfants nés de mère allemande et de père prisonniers de guerre français dans le Reich. Des exemples aussi de la répression générale exercée sur les Allemands « coupables » de relations intimes avec des hommes ou femmes des « races inférieures ».
L'auteur est un historien et avait déjà publié un autre livre sur un sujet très proche :
La France « virile » : des femmes tondues à la Libération (chez Payot aussi).
Né maudit, de Arthur Ténor, éditions Nathan, collection « Poche ».
Il s'agit d'un roman jeunesse, accessible à partir de 12 ans, sur la difficile enfance de François, né des amours éphémères entre sa mère, Française, qui l'a abandonné et un soldat allemand. L'histoire se passe un peu après la fin de la guerre. François vit heureux dans une famille d'accueil mais sa grand-mère maternelle vient le chercher. Elle déteste ce « fils de Boche » et c'est pareil avec les autres habitants du village. L'auteur, spécialisé en littérature jeunesse, s'est inspiré d'une histoire vraie et on retrouve à la fin du roman l'interview de son « modèle ».
J'ai rajouté un autre roman jeunesse sur le thème des amours franco-allemandes, un peu hors sujet puisqu'il porte sur une autre guerre, un peu oubliée aujourd'hui : celle de 1870 :
Mon ennemi, mon amour. De Anne-Marie Pol, éditions Bayard Poche, collection « Je Bouquine », 90 pages (5.80 €)
Cela se passe en décembre 1870, quand Paris est assiégée par les Prussiens. Louise a 15 ans et s'est accidentellement retrouvée séparée de sa grand-mère, la seule famille qui lui reste, au moment où les gens fuyaient la capitale. Par hasard et par chance, elle trouve refuge au Théâtre de l'Odéon, que la célèbre comédienne Sarah Bernhardt a transformé en hôpital de fortune pour les nombreux blessés qui arrivent du front. Un jour, on amène un jeune soldat Prussien blessé. Louise détestait les Prussiens jusque là, mais c'est le coup de foudre... Toute l'histoire se déroule en 4 jours : du 20 au 24 décembre, elle est racontée à la première personne, comme pour un journal intime. Les chapitres sont courts. Accessible à partir de 11 ans.
Sur la Résistance allemande :
Encore un roman jeunesse sur l'histoire tragique de Sophie Scholl et du mouvement « La Rose Blanche » :
Mon amie, Sophie Scholl. de Paule du Bouchet, éditions Gallimard, collection « Scripto », 138 pages (7.50 €)
L'auteur a choisi de créer un personnage fictif, Elisa, pour raconter à la première personne, façon journal intime, l'histoire de son amie Sophie Scholl. Le récit démarre le 15 février 1943, c'est-à-dire trois jours avant l'arrestation de Sophie, son frère Hans et leur ami Christl Probst pour s'achever le 18 mai de la même année , avec l'arrestation des derniers membres ou sympathisants de la Rose Blanche (mais il y a un épilogue). Entre ces deux dates, de nombreux retours en arrière qui permettent de cerner la personnalité des Scholl et leur engagement politique.
C'est tout à fait accessible à des adolescents (pas de détails trop sanglants).
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