Deux poids et deux mesures sur l’autodétermination.
Dans le même espace et dans le même temps ; sur le même continent, l’Afrique, à la même période , l’année 2010, nous vivons simultanément deux logiques politiques pour des problèmes similaires qui conduisent à des incidences diamétralement opposées pour l’un et l’autre. Il s’agit du referendum d’autodétermination du sud Soudan et celui du Sahara occidental. On ne peut s’empêcher de faire la parallèle entre ces deux situations similaires. Deux peuples qui veulent s’exprimer. Dans le cas du sud Soudan, l’autodétermination est plaidée, encouragée, voire imposée par les Etats Unis et des pays de l’Europe. Elle est fondée sur le prétexte d’une situation de mécontentement pour défaire un pays souverain constitué selon la norme internationale en vigueur. Il est vrai que le Soudan n’est pas un modèle de démocratie mais tout de même. Il est possible d’envisager d’autres solutions pour le Soudan. Soit et admettons que le referendum soit la solution. Pour le second il est question de rattacher, par la force, un pays à un autre (le Maroc) au mépris des règles élémentaires du droit, en refusant le principe juste du referendum prévu par la charte des Nations Unies pour les pays anciennement colonisés. Le problème du Sahara est un cas de décolonisation qui ne prête à aucune équivoque. Comme le Soudan, la monarchie marocaine n’est pas un modèle de démocratie non plus, sauf qu’elle est au service d’une logique marchande. Dans la cas du Sahara, le referendum est déconseillé, découragé, voire banni, à coup de veto, par les Etats Unis et des pays de l’Europe. La question pour un individu sahraoui, normalement constitué, entre le choix d’un statut de citoyen, et celui de sujet d’une monarchie archaïque ne se pose pas. Les hommes ont-ils encore de l’espoir de justice dans ces logiques mercantiles dans notre siècle ? Malgré ce jeu à deux poids, je suis sûr que la liberté finira par triompher.
La question est posée à des démocrates.