Un bon papier sur un site:
REVELATION !
Les papiers de "l'Humanité" sont souvent surprenants par leurs raccourcis doctrinaires et par la paresse intellectuelle qui en est génitrice. Le terme surprenant est ici bien mal venu puisque en réalité, il y a surprise lorsque c'est inhabituel, ici c'est d'une navrante routine. Définir l'OAS dans son ensemble, à un ramassis de nazillons est une façon d'interdire le débat. Les Martini, Garcia et Cohen qui votaient communiste, et qui faisaient partie de cette "organisation fasciste" auraient de quoi se sentir offensés. Aussi bien que les militaires, ces soldats perdus comme on les appelait, qui combattaient l'occupant pendant que les rédacteurs du journal frappé de la faucille et du marteau proclamaient à longueur de colonnes qu'il fallait coopérer avec les fiers soldats à l'uniforme vert de gris. Nous pourrions les traiter d'orphelins Staliniens, cela ne ferait pas avancer un débat démocratique, qui est systématiquement occulté par des anathèmes de circonstance. Car en matière de contradiction, les chanteurs d'Internationale, on montré depuis bien longtemps, leur vision d'un paradis où Soviets et Maos imposaient aux damnés de la terre", le bonheur à grand coups d'exterminations et de déportations.
Mais ce qui nous interpelle et qui est une révélation, tient en une phrase :"Roger Gavoury, commissaire central d'Alger chargé de la lutte contre les menées subversives en Algérie". Il était d'usage de dire que ce policier avait été envoyé, à son corps défendant, comme simple fonctionnaire pour rétablir l'ordre, on découvre ici, que sa mission essentielle consistait à "casser du Pieds-Noirs". Faut-il rappeler, qu'il existait pour ce faire, une organisation barbouzarde qui sévissait dans ce but, en dehors de toute règle du droit et en marge des lois ; qui alimentait des camps d'internement dont on ne parle jamais où de simples citoyens venaient y croupir sous prétexte "d'activisme" dès qu'il déclaraient un attachement à leur terre natale. Que cette organisation maffieuse, dont ne parle jamais ce quotidien épris de vérité, accumula en toute impunité et sous couvert d'un gouvernement complice, les meurtres, les enlèvements, les tortures.
Merci donc à l'Humanité pour ce scoop d'importance.
Pas étonnant qu'un passé si tourmenté ne puisse pas passer. (fin de citation)
Voici l'article en question
Face aux nostalgique de L'OAS, la République a-t-elle abdiqué ?
Pourquoi et comment, dans la France de Sarkozy, « ce passé qui ne passe pas » refait surface.[b] L'Humanité 23.09.2006
"LA RÉPUBLIQUE, AUJOURD'HUI, FACE A L'OAS"[/b]
Avec Jean-Paul Ould Aoudia*, fils d'une victime de l'OAS, Jean-François Gavoury*, fils de victime de l'OAS et président de l'Association pour la protection de la mémoire des victimes de l'OAS, Sylvie Thénauît, historienne et Nicole Borvo - sénatrice communiste.
L'existence légale de l'Organisation armée secrète (OAS) a cessé le 17 juin 1962, après l'accord signé entre Jean-Jacques Susini, dernier chef de l'OAS, et le gouvernement de la République provisoire d'Algérie, juste avant la proclamation de l'indépendance. Aujourd'hui, anciens cadres et nostalgiques de l'OAS refont surface. Dernier scandale en date, l'érection de « stèles de la honte » en hommage aux « fusillés de l'OAS».
Une «caution» à des criminels de guerre «insupportable» pour Jean-Philippe Ould-Aoudia. Fils de l'un des inspecteurs des centres sociaux éducatifs assassinés par l'OAS, il se bat par «fidélité à la mémoire de (son) père et aux valeurs que lui et ses collègues ont enseignées ». Jean-François Gavoury, autre fils de victime (Roger Gavoury, commissaire central d'Alger chargé de la lutte contre les menées subversives en Algérie), président de la jeune Association pour la protection de la mémoire des victimes de l'OAS, a poursuivi les responsables de l'Association amicale pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus politiques et exilés de l'Algérie française (ADIMAD) pour «apologie de crimes de guerre». C'est elle qui a convaincu en 2005 la municipalité de Marignane d'honorer par une stèle « deux des assassins de (son) père », Claude Piegts et Albert Dovecar.
Cette mise en place n'aurait pu se faire sans «les lois de la République française ». L'article 13 de celle du 23 février 2005 offre en effet une « indemnité forfaitaire et non imposable», rappelle Jean-François Gavoury, au bénéfice de « personnes (...) ayant fait l'objet, en relation directe avec les événements d'Algérie (...), de condamnations ou de sanctions amnistiées». Requalifiés en « exilés politiques », déplore Jean-Philippe Ould-Aoudia, les anciens de l'OAS qui réclament cette indemnité «n'auront pas de mal à l'obtenir: le représentant des rapatriés, nommé par le gouvernement, au sein la commission qui l'accorde, est Athanase Georgopoulos, fondateur de la zone 3 de l'OAS, dans l'Oranais... »
La République aurait-elle abdiqué devant «ceux qui veulent réécrire l'histoire », dénonce Nicole Borvo, sénatrice communiste? Inquiétants, « des liens avec ces idées perdurent encore », rappelle l'historienne Sylvie Thénauît. Selon elle, ils tiennent à la composition de l'OAS à l'époque où « la défense de l'Algérie française a été rejetée à l'extrême droite ». Y coexistaient des pétainistes nostalgiques et des fondamentalistes catholiques, des nationalistes « convaincus du déclin de la France et de l'expansion sournoise du communisme » et un courant fasciste «véhiculant un discours raciste de défense de l' "ethnie française" ou de la "civilisation blanche" ».
Proche de Jean-Marie Le Pen, Susini, dernier chef de l'OAS, est l'exemple type de cette continuité « honteuse ». N'a-t-il pas été parlementaire européen et membre du bureau politique du Front national ?
Grégory Marin
*Jean-Philippe Ould-Aoudia et Jean-François Gavoury sont les auteurs de la Bataille de Marignane, aux éditions Tirésias.
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