Lisez ce que dit Mélenchon qui a voté Maestricht ! Je cite:
Jean-Luc Mélenchon : "c'est Chevènement qui avait raison !"
LE PLUS. Reconnaître ses erreurs, c'est beau. Reconnaître que quelqu'un d'autre avait raison, c'est grand. C'est le cas du leader du Front de gauche dimanche, qui a reconnu avoir eu tort sur le traité de Maastricht.
> Par Yohann Duval Militant républicain
Edité par Amandine Schmitt
Les campagnes électorales sont toujours pleines d'imprévus et d'événements exceptionnels. Mais s'il y a bien une chose rare, c'est de voir un homme politique de haut niveau reconnaître avoir eu tort. Dimanche soir, BFM TV recevait le candidat du Front de Gauche à l'élection présidentielle de 2012, Jean-Luc Mélenchon.
Jean-Luc Mélenchon sur BFM le 18 décembre 2011 - Capture d'écran
Au détour d'une question sur le traité de Maastricht, ce dernier a fait un mea culpa dans les règles de l'art, alors qu'il était face à Mélanie Delattre (aux alentours de la 7ème minute, sur cette vidéo).
"- Cette Europe ranime les nationalismes. Cette Europe est une Europe des compétitions.
- Oui mais à l'époque, vous disiez : "On va mettre de la politique face au libéralisme, face à l'Europe des marchés". Vous n'avez pas l'impression que c'est un échec ? Et aujourd'hui comment on va mettre de la politique ?
- Là, vous touchez juste. C'est un échec absolu. Tous ceux qui, comme moi, ont cru à l'époque qu'on allait mettre de la politique se sont fait rouler. C'est Chevènement qui avait raison ! C'est le contraire qui s'est passé. On a ouvert, en grand, le pouvoir absolu à la finance."
Voir un dirigeant politique de ce calibre reconnaître ses torts et louer les analyses de l'un de ses concurrents à l'élection suprême, voilà un geste d'une noblesse et d'une élégance rares. Une réaction qui mérite d'être saluée !
D'une manière plus anecdotique, nous noterons également qu'au cours de la même émission, c'est Christian Estrosi qui est venu rappeler que la crise que connait actuellement la zone euro n'est pas tombée du ciel mais qu'elle n'est en réalité que la conséquence directe de la ratification du traité de Maastricht, qui a entériné la création d'une monnaie unique mal pensée dès le départ (aux alentours de la 5ème minute, sur cette vidéo).
"Vous abordez le cœur du problème. Pourquoi renégocie-t-on aujourd'hui un traité ? Parce que nous voyons que toutes les erreurs sont parties du même point. Le premier point, c'est Maastricht. Les autres traités ont découlé de Maastricht."
Cette analyse qui relève de l'évidence est désormais partagée par une large partie de l'échiquier politique, il est vrai. Bien peu peuvent cependant se vanter d'avoir eu la même constance dans les idées que le sénateur de Belfort.
Il aura fallu attendre 20 ans pour que les analyses de Jean-Pierre Chevènement soient reconnues à leur juste valeur. Combien de temps faudra-t-il pour que ses analyses et ses propositions actuelles, sur la surévaluation de l'euro qui nous pénalise considérablement et sur sa nécessaire mutation en monnaie commune au cas où l'Allemagne refuserait de transiger sur le rôle de la Banque Centrale Européenne, sur l'indispensable réindustrialisation de la France pour sauvegarder son système social, sur la reprise en mains des institutions bancaires et financières, sur la construction d'une Europe réaliste, qui ne nous offre pas pour seul horizon une austérité à perpétuité, qui respecte enfin les nations qui la composent et qui ne brade pas leur souveraineté, soient entendues à leur tour ?
( fin de citation)
Il n'y a pas que Chevénement qui a crié "Casse cou !" quand Mitterrand utilisa son cancer en pleine évolution, pour désarmer Ph. Séguin chargé de lui porter la contestation lors de la fameuse émission de TV du 3 septembre 1992, où celui ci fut au-dessous de tout. Il faut reconnaître que Le Pen avait vu juste et dénonça cette manoeuvre, ce qui lui valut les foudres de la bien-pensance. Quelques années après, elle dût reconnaître qu'il avait dit la vérité, et qu'elle était sordide ( malaise dans les coulisses quelques minutes avant, etc...).
Et c'est ainsi qu'un Traité absurde, voté à 51 %, nous a entraînés dans des difficultés imprévisibles, car atteler 17 wagons de taille et de poids différents articulés dans un ensemble rigide ne peut qu'aboutir à la dislocation, à la première accélération de l'Histoire, suivant une loi de mécanique bien connue ( "comportement imprévisible" ).
Milton Friedman, le grand économiste Us décédé, Maurice Allais ( prix Nobel d'économie qui a dénoncé aussi les Accords d'Evian) JJ. Rosa, Alain Cotta, et bien d'autres ont vu la folie de cette construction.
Décidément, cette Vème République , monarchie élective à deux têtes, faite sur mesure par un homme d'un orgueil démentiel et qui méprisait son prochain, aura volé d'échecs en échecs. Le réveil risque d'être douloureux.