Ski: la vie de Julien Lizeroux sans chaussures ni fixations (source = Le Nouvel Observateur)
Publié le 21-10-11 par Olivier Guillemain.
" Contraint de renoncer à la compétition en février dernier en raison d'une blessure et forfait pour la saison à venir qui débute ce week-end à Sölden, Julien Lizeroux n'a pas pour autant abandonné le ski, une passion qu'il entend pratiquer cette année même sans chaussures ni fixations.
Le slalomeur français, âgé de 32 ans, a subi une lourde opération au début de l'été et malgré les douleurs, les dizaines de jours d'immobilisation, ce dernier affiche un sourire inaltérable, tout excité à l'aube de cette "nouvelle rentrée".
"Ça va bien, ça va même très bien. Pour une première raison, c'est que je suis parti de très bas cet été, après une grosse opération au genou, qui consistait à rattacher mon quadriceps sur la rotule", a-t-il expliqué lors d'un entretien accordé à Reuters.
"Je sors de 45 jours de canapé donc ça va forcément mieux. Mais tout cela est très long et très lent. Ce qui fait du bien, c'est que j'ai pu reprendre récemment les sorties en vélo, en plus de la piscine et de la rééducation. C'est une vraie bouffée d'oxygène."
Après avoir passé plusieurs semaines dans un centre spécialisé à Hauteville (Ain), Julien Lizeroux a regagné désormais ses pénates à Albertville, en Savoie, où il suit un programme de réathlétisation très complexe.
"C'est assez paradoxal car d'un côté, il faut être à l'écoute de son corps, donc ne pas trop tirer sur la machine mais en même temps, si on veut que ça progresse, il faut travailler un minimum", détaille-t-il.
"Du coup, je fais tout un tas d'exercices spécifiques où je ne dois surtout pas utiliser le poids de mon corps. C'est un exercice de style assez compliqué", s'amuse-t-il, avant de préciser, non sans joie, que ses médecins lui ont néanmoins autorisé la pratique du golf.
BIENTÔT CONSULTANT SUR LE PETIT ÉCRAN
Car si à première vue, Julien Lizeroux affiche une démarche assurée et n'a pas l'air d'être blessé, certains gestes du quotidien, comme descendre un escalier tout doucement, lui sont encore impossibles à accomplir.
Lorsqu'on lui demande si le fait de ne pas pouvoir s'entraîner normalement et surtout si la perspective de ne pas skier cette saison ne le dépriment pas, Julien Lizeroux est déconcertant d'optimisme et de bonne composition.
"À partir du moment où j'ai pris la décision de me faire opérer, je savais très bien que je ne pourrais pas courir cette année. Donc c'est quelque chose qui est acquis et je ne suis pas du tout frustré", explique-t-il.
"Après, j'ai aussi l'expérience des blessures donc je savais où je mettais les pieds. Je n'ai aucune frustration, au contraire, je ressens une certaine excitation à l'idée de pouvoir regarder mes petits camarades. Je suis leur premier supporter."
Et pour jouer les supporters tout en gardant un contact privilégié avec la neige, Julien Lizeroux s'est déjà trouvé un substitut pour cette année de transition. Dès le début de la saison, et ce sur l'ensemble des courses techniques, il sera en cabine, pour jouer les consultants de luxe à la télévision.
"C'est un truc qui me faisait envie et ça s'est fait récemment. Plutôt que d'être dans mon canapé à regarder des courses, c'est quand même beaucoup mieux en étant un minimum acteur. Après, l'objectif c'est de pouvoir apporter un regard un petit peu neuf, éclairé sur les compétitions", ambitionne-t-il.
Une fois cet interlude passé, Julien Lizeroux espère rechausser des skis le plus vite possible. "Un retour ? C'est encore très loin. J'aimerais pouvoir reskier d'ici la fin de la saison, aux alentours du mois de mars. Mais ce sera uniquement du ski tranquille", prévient-il.
"Après, dans un scénario idéal, j'aimerais faire la préparation à l'été prochain avec le reste de l'équipe de France, mais là, on est dans un scénario vraiment idéal", estime-t-il, en doublant ses mots d'un croisement de doigts."
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