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La publication les plus récentes (ONU, 2005) indique que l'accident a fait quelques dizaines de morts à relativement bref délai (essentiellement parmi les premiers "liquidateurs", qui étaient majoritairement des pompiers), a incontestablement provoqué un surplus de cancers de la thyroïde d'environ 4.000 cas (lesquels ont fait à peu près 10 morts à ce jour ; c'est un cancer qui, pris à temps, se soigne assez bien), et que pour le reste il n'est pas possible de caractériser un surplus de pathologies (leucémies, cancers solides, malformations à la naissance, etc) lié à l'accident de Tchernobyl sauf, peut-être, un léger surplus de leucémies pour les liquidateurs les plus exposés.
La borne supérieure du nombre total de décès qui pourraient venir de Tchernobyl (notez le conditionnel !), calculée avec une règle statistique qui n'a pas de validité médicale établie pour les faibles doses mais est néanmoins souvent utilisée pour donner des valeurs maximales (elle a été établie et vérifiée pour des doses de type Hiroshima qui étaient 50 à 100 fois plus fortes !), est de 4.000 morts. Cela ne veut pas dire que Tchernobyl fera 4.000 morts, mais que le calcul permet de dire que c'est le maximum envisageable (mais le nombre réel sera peut-être de 245 !). Or ces 4.000 morts au maximum concernent 600.000 personnes (200.000 "liquidateurs", 130.000 évacués, et 270.000 personnes vivant au sein des zones les plus touchées), dont environ 25% mourront de cancer de toute façon, comme partout ailleurs dans le monde ou presque.
Et le Diable est dans ce "environ", parce que, d'une année sur l'autre, sans raisons particulières, la mortalité par caancer varie de plus ou moins 5% pour un pays donné (c'est le cas en France). En clair, sur les 600.000 personnes concernées, ce n'est pas exactement 150.000, mais de 140.000 à 160.000 individus vont mourrir de cancer sans que l'on sache exactement combien à l'avance (on ne peut rien dire de plus précis). Comment, avec une incertitude "naturelle" de 20.000 décès, attribuer avec certitude à Tchernobyl quelques centaines ou milliers de morts "qui n'auraient pas du être là" ? Comment en être sûr, sachant que les cancers déclenchés par les radiations sont en tous points identiques à ceux qui ont une autre cause ? En clair, le nombre de morts ne sera pas détectable compte tenu de la variabilité naturelle.
Mais n'est-ce pas que "on nous cache tout on nous dit rien" ? A chacun de juger si les médecins (car il s'agit pour l'essentiel de médecins hospitaliers, spécialistes du traitement du cancer) qui ont conduit ou expertisé les dizaines d'enquêtes épidémiologiques citées par l'OMS et l'UNSCEAR sont tous des vendus...
Allons plus loin : alors que les lobbies du pétrole et celui de l'automobile, autrement plus riches et plus puissants que celui du nucléaire, n'ont pas pu empêcher les médecins de dénoncer les inconvénients de la pollution automobile ; alors que l'industrie chimique, qui est aussi autrement plus puissante que celle du nucléaire, n'a pas empêché l'Organisation Mondiale de la Santé de dire que Bhopal avait fait des milliers de morts, par quel miracle ce même organisme (l'OMS) se serait alors "écrasé" devant Framatome et Westinghouse pour les morts de Tchernobyl, si des études médicales faites dans les règles de l'art avaient anoncé des milliers de morts ?
source: manicore
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