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 Sujet :

vivre sans travailler

 
n°1431
meetchong
Posté le 14-12-2009 à 23:27:13  profilanswer
 

Mon nom n’a aucune importance : je suis un illustre inconnu, comme la majorité d’entre vous.  
 
De mon expérience professionnelle, j’ai tiré la leçon suivante : quand on ne peut plus supporter le cynisme des « patrons vedettes » et des « hommes gris », leurs vils laquais, ce qui a été mon cas, soit on part, on quitte son employeur pour aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs (ou pour se lancer dans l’aventure exaltante de la création d’entreprise), soit on reste et, si on reste, on adopte une stratégie de survie (soit en jouant la comédie, en adoptant le langage « politiquement correct » en vigueur dans l’entreprise, soit en essayant de trouver du sens à son travail). Mais, en tous cas, on cesse de pleurnicher en se regardant le nombril.  
 
En ce qui me concerne, après mes études, j’ai purgé une peine de vingt-et-un ans de travaux forcés en entreprises multinationales américaines qui, dans mon esprit, représente « le temps de la souffrance ». Pour survivre, durant les huit premières années, j’ai joué la comédie, et durant les treize suivantes, j’ai essayé de trouver du sens à mon travail.  
 
Puis, n’en pouvant plus, j’ai fini par claquer la porte à l’occasion d’un plan de licenciement pour « causes économiques » dans lequel je me suis retrouvé parce qu’on me jugeait « trop vieux, trop cher ». Je suis donc parti sans regret.  
 
Pendant six années que je nomme « le temps de la réflexion », j’ai vécu au sud de la Chine, sur l’île de Taïwan où j’ai eu l’opportunité d’approfondir mes connaissances en matière de philosophies extrême-orientales dont j’avais entrepris l’étude dès 1988.  
 
Enfin, depuis mon retour en France effectué à la mi-2007, est venu pour moi « le temps de l’action ».  
 
L’action ?  
 
Je milite activement en faveur de la « Meetchong attitude ».  
 
Un « Meetchong », ques aquo ?  
 
En Chinois, le mot « Meetchong » désigne un insecte nuisible, un homme qui ne travaille pas, qui vit aux crochets de son épouse, un parasite de la société. Il est très péjoratif. C’est ainsi que l’on m’a surnommé quand je suis arrivé à Taiwan…  
 
Je venais de quitter un pays, la France, qui envoie ses salariés à la poubelle dès qu’ils deviennent « trop vieux, trop cher », j’arrive à Taiwan et là, on me traite de « Meetchong » ! Ça commençait à faire beaucoup…  
 
Alors, à la chinoise, j’ai décidé de transformer mon problème en opportunité.  
 
Je me suis dit : « puisque le travail est souffrance quand il est dépourvu de sens, pour ne plus souffrir, le meilleur moyen est de cesser de travailler. »  
 
Question : comment vivre sans travailler quand on n’est pas rentier (ce qui est mon cas) ?  
 
Réponse : pour vivre sans travailler, il « suffit » de faire ce que l’on aime et de s'en trouver rétribué. En agissant de la sorte, on devient un « Meetchong professionnel ».  
 
Un « Meetchong professionnel » est effectivement un Meetchong au sens où il ne travaille pas (« travailler n’est pas travailler quand on aime ce que l’on fait », ce qui est bien son cas), mais ce n’est pas un parasite de la société puisque ce qu’il fait par passion n’en est pas moins une activité professionnelle qui créé une vraie valeur ajoutée et qui vaut à ce Meetchong-là le qualificatif honorifique de « professionnel ».      
   
Chacun peut constater que des « Meetchong professionnel », des gens qui font ce qu’ils aiment et qui sont payés pour ça, il en existe des millions dans le monde.  
 
Par leur simple existence, tous les « Meetchongs professionnels » de la terre prouvent qu’il est possible de se libérer du travail.  
 
En réalité, plus que d'un parasite, on doit parler d'un « Meetchong professionnel » comme d'un un authentique héros des temps modernes.  
 
Pour ma part, je ne suis encore qu’un « apprenti Meetchong professionnel » mais, contrairement à ceux qui glosent à l’infini et qui ne font rien, j’agis. J’agis à mon petit niveau et à ma façon mais, j’agis : j’ai abandonné la ville au bénéfice de la campagne, j’ai transformé ma maison en machine thermodynamique et j’ai créé une TPE pour être autonome et ne plus avoir à supporter les « patrons vedettes » et les « hommes gris » et leur quête obsessionnelle de l’argent, du pouvoir et de la notoriété.  
 
En me comportant de la sorte, longtemps après avoir connu la honte de celui que l’on montre du doigt parce qu’il ne travaille pas, un beau jour, j’ai senti monter en moi la « Meetchong pride » (la fierté d’être un « Meetchong »).  
 
Oui, je suis devenu un « Meetchong » et je suis fier de l’être !  
 
Étant un individu ordinaire, si je le suis devenu, vous le pouvez aussi…  
 
« Les patrons ont les salariés qu’ils méritent », mais n’oublions jamais que, réciproquement, « les salariés ont le patron qu’ils méritent… »  
 
Bon courage à toutes et à tous !  
 
Meetchong  
 
PS : qui me cherche, me trouve

n°1432
chrisdraw
Posté le 14-12-2009 à 23:47:05  profilanswer
 

Ben, moi je suis content de t'avoir trouvé ! :)
Excellent !

n°1433
liloo711
Posté le 15-12-2009 à 20:36:55  profilanswer
 

[#0000ff][#0000ff][i]C'est vrai que nos noms respectifs n'ont pas grande importance mais les illustres inconnus partageant les mêmes idées se reconnaissent au travers de textes bien plaisant. J'ai aimé vous lire et j'ai découvert un atout suppémentaire à la culture asiatique. J'ai 38 ans et n'attendrai pas toute une vie de servitude....pour devenir libre...du travail (car sommes-nous rarement libres dans cette vie???!!!), rappelons que le mot travail (trapelium en latin) signifie torture....
Ce soir je me suis arrêtée sur votre message, ça m'a fait du bien de penser qu'il y a des personnes qui refusent de poursuivre cette masquarade au profit de gens mal intentionnés à la recherche de pouvoir.
Merci illustre inconnu et ne suis pas contre l'ntroduction à la Meetchong Attitude.
 [/#0000ff][/#0000ff]  
 

Le 14-12-2009 à 23:27:13, meetchong a écrit :

Mon nom n’a aucune importance : je suis un illustre inconnu, comme la majorité d’entre vous.  
 
De mon expérience professionnelle, j’ai tiré la leçon suivante : quand on ne peut plus supporter le cynisme des « patrons vedettes » et des « hommes gris », leurs vils laquais, ce qui a été mon cas, soit on part, on quitte son employeur pour aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs (ou pour se lancer dans l’aventure exaltante de la création d’entreprise), soit on reste et, si on reste, on adopte une stratégie de survie (soit en jouant la comédie, en adoptant le langage « politiquement correct » en vigueur dans l’entreprise, soit en essayant de trouver du sens à son travail). Mais, en tous cas, on cesse de pleurnicher en se regardant le nombril.  
 
En ce qui me concerne, après mes études, j’ai purgé une peine de vingt-et-un ans de travaux forcés en entreprises multinationales américaines qui, dans mon esprit, représente « le temps de la souffrance ». Pour survivre, durant les huit premières années, j’ai joué la comédie, et durant les treize suivantes, j’ai essayé de trouver du sens à mon travail.  
 
Puis, n’en pouvant plus, j’ai fini par claquer la porte à l’occasion d’un plan de licenciement pour « causes économiques » dans lequel je me suis retrouvé parce qu’on me jugeait « trop vieux, trop cher ». Je suis donc parti sans regret.  
 
Pendant six années que je nomme « le temps de la réflexion », j’ai vécu au sud de la Chine, sur l’île de Taïwan où j’ai eu l’opportunité d’approfondir mes connaissances en matière de philosophies extrême-orientales dont j’avais entrepris l’étude dès 1988.  
 
Enfin, depuis mon retour en France effectué à la mi-2007, est venu pour moi « le temps de l’action ».  
 
L’action ?  
 
Je milite activement en faveur de la « Meetchong attitude ».  
 
Un « Meetchong », ques aquo ?  
 
En Chinois, le mot « Meetchong » désigne un insecte nuisible, un homme qui ne travaille pas, qui vit aux crochets de son épouse, un parasite de la société. Il est très péjoratif. C’est ainsi que l’on m’a surnommé quand je suis arrivé à Taiwan…  
 
Je venais de quitter un pays, la France, qui envoie ses salariés à la poubelle dès qu’ils deviennent « trop vieux, trop cher », j’arrive à Taiwan et là, on me traite de « Meetchong » ! Ça commençait à faire beaucoup…  
 
Alors, à la chinoise, j’ai décidé de transformer mon problème en opportunité.  
 
Je me suis dit : « puisque le travail est souffrance quand il est dépourvu de sens, pour ne plus souffrir, le meilleur moyen est de cesser de travailler. »  
 
Question : comment vivre sans travailler quand on n’est pas rentier (ce qui est mon cas) ?  
 
Réponse : pour vivre sans travailler, il « suffit » de faire ce que l’on aime et de s'en trouver rétribué. En agissant de la sorte, on devient un « Meetchong professionnel ».  
 
Un « Meetchong professionnel » est effectivement un Meetchong au sens où il ne travaille pas (« travailler n’est pas travailler quand on aime ce que l’on fait », ce qui est bien son cas), mais ce n’est pas un parasite de la société puisque ce qu’il fait par passion n’en est pas moins une activité professionnelle qui créé une vraie valeur ajoutée et qui vaut à ce Meetchong-là le qualificatif honorifique de « professionnel ».      
   
Chacun peut constater que des « Meetchong professionnel », des gens qui font ce qu’ils aiment et qui sont payés pour ça, il en existe des millions dans le monde.  
 
Par leur simple existence, tous les « Meetchongs professionnels » de la terre prouvent qu’il est possible de se libérer du travail.  
 
En réalité, plus que d'un parasite, on doit parler d'un « Meetchong professionnel » comme d'un un authentique héros des temps modernes.  
 
Pour ma part, je ne suis encore qu’un « apprenti Meetchong professionnel » mais, contrairement à ceux qui glosent à l’infini et qui ne font rien, j’agis. J’agis à mon petit niveau et à ma façon mais, j’agis : j’ai abandonné la ville au bénéfice de la campagne, j’ai transformé ma maison en machine thermodynamique et j’ai créé une TPE pour être autonome et ne plus avoir à supporter les « patrons vedettes » et les « hommes gris » et leur quête obsessionnelle de l’argent, du pouvoir et de la notoriété.  
 
En me comportant de la sorte, longtemps après avoir connu la honte de celui que l’on montre du doigt parce qu’il ne travaille pas, un beau jour, j’ai senti monter en moi la « Meetchong pride » (la fierté d’être un « Meetchong »).  
 
Oui, je suis devenu un « Meetchong » et je suis fier de l’être !  
 
Étant un individu ordinaire, si je le suis devenu, vous le pouvez aussi…  
 
« Les patrons ont les salariés qu’ils méritent », mais n’oublions jamais que, réciproquement, « les salariés ont le patron qu’ils méritent… »  
 
Bon courage à toutes et à tous !  
 
Meetchong  
 
PS : qui me cherche, me trouve

n°1434
chrisdraw
Posté le 18-12-2009 à 01:22:19  profilanswer
 

Le 15-12-2009 à 20:36:55, liloo711 a écrit :

rappelons que le mot travail (trapelium en latin) signifie torture...


 
Bonsoir liloo711,
 
En effet, il n'est pas inutile de rappeler l'étymologie du mot travail... car cela met en lumière la réalité que recouvre ce terme.
 
Nous sommes certainement plus nombreux que nous le croyons à penser de la sorte mais cela n'est pas convenable dans notre société... alors on évite d'en parler ne serait-ce que pour ne pas avoir à argumenter pendant des heures sans être compris pour autant.
 
C'est là que l'on voit que l'humanité n'a pas fait autant de progrès que cela...


Message édité par chrisdraw le 18-12-2009 à 02:02:53
n°1437
Arthefius
Posté le 28-12-2009 à 11:46:05  profilanswer
 

L'éternelle problèmatique : passer du rêve de changer la société  au cauchemar de s'y conformer en dernier recours. Question de survie... :pfff:  
Si les Hommes n'ont pas pour unique objet le passage dans l'état de "conscience humaine", c'est que les difficultés de la vie en société, la poursuite des moyens matériels d'existence ne leur laissent pas le "loisir" d'une telle préoccupation.
Les Hommes ne vivent pas seulement de pain, mais jusqu'à présent notre civilisation ne s'est pas montrée capable d'en fournir à tous... :heink:

n°1463
aucoeurdes​mots
Posté le 16-04-2010 à 17:35:44  profilanswer
 

Selon le rapport du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD):  
Les 3 personnes les plus riches du monde sont aussi riches que les 48 pays les plus pauvres.
Les avoirs des 84 personnes les plus riches dépasse le produit intérieur brut de la Chine avec ses 1,2 milliards d'habitants.  
 
Comment, en lisant ces chiffres officiels, ne pas avoir une sensibilité de gauche, c'est à dire celle d'un meilleur partage !
 
Par contre, comment ne pas reconnaître que l'emploi n'est pas un dû et que chacun devrait avoir comme premier souci de créer son propre emploi.  
Une noble recommandation à mettre dans la tête des plus jeunes...
Moi aussi meetchong, à quarante ans, j'en ai eu marre de servir de boy. J'ai créé mon entreprise et 20 ans plus tard, je ne m'en porte pas mal.  
 
Noble préoccupation que celle de ne pas dépendre d'un maître pour subvenir à ses propres besoins. Les technologies modernes et la reconstruction d'un monde propre offrent désormais des possibilités à l'infini...
 
C'est passionnant d'aider à construire ou à reconstruire le monde. Ne serait-ce pas même l'unique vocation de l'être humain  
 
http://aucoeurdesmots.org  
 
http://static-p3.fotolia.com/jpg/00/04/15/96/400_F_4159624_HHO3rRsBHDX5KP05Ojy3ZUeoOkIJjWYq.jpg
 
http://www.savoirs.essonne.fr/fileadmin/bds/MEDIA/Fonds_ecran/wp_terre1.jpg

n°1490
jeanjyjo
Posté le 03-06-2010 à 11:20:08  profilanswer
 

intéressant :-)
 
"travail (du latin tripalium, un instrument de torture)" : j'aurais encore appris quelque chose aujourd'hui
http://fr.wikipedia.org/wiki/Travail


---------------
jjj
n°1503
aucoeurdes​mots
Posté le 07-10-2010 à 17:26:27  profilanswer
 

Et si un minuscule rétrécissement de l'échelle des salaires était la solution universelle ??? Cela : personne n'en parle ! Consultez attentivement (courbe et chiffres à l'appui) cet article :  
LA CRISE : Chronique d'une lâcheté institutionnelle...

 
http://www.humour-blague.fr/blagues/crise-alimentaire.jpg
 
http://aucoeurdesmots.org/2010/06/ [...] onnalisee/


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