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 Sujet :

. Aprés la monarchie mittérrandienne !!

 
n°739
Humourix
Posté le 20-05-2006 à 02:38:41  profilanswer
 

Dix ans que le monarche de la gauche française est mort. Quel héritage a-t-il laissé? Il est difficile d'en parler à quelqu'un qui n'a pas vécu en France à cette époque .  
 
En 1981, la France était une grande puissance, un pays riche. Un gouvernement à peu près pris au sérieux à l'étranger, une économie qui comptait, un peuple avec zeste d'optimisme, qui pouvait trouver du boulot et acquérir son logement simplement parce que les prix étaient abordables et que les salaires amenaient un réel pouvoir d'achat.  
Pour reprendre un terme tellement à la mode chez les élus de tous poils, la France rayonnait.
 Certes, la lumière de l'astre avait déja fortement pâli avec le septennat précédent,à cause des deux chocs pétroliers; Valéry Giscard d'Estaing avait déjà instauré les bases de sa vision sociale et fut surpris et humilié que le peuple français choisisse une vraie politique à gauche plutot que la médiocre imitation qu'il mettait en place. Après sa gifle électorale, il s'en alla donc en direct pour faire pleurer les gens dans les chaumières, qui ne pleurèrent pas.  
 
Ah, les années Mitterrand! Tout à tour chef de clan, parrain maffiosi, empereur romain, le politicien qui s'était fait limer les dents pour paraître moins carnassier à l'image savait gérer la sienne comme personne. Décoré de la francisque par le gouvernement de Vichy, il devint ministre à la Libération. Adversaire acharné de la constitution de 1958, il s'en accommoda parfaitement une fois président: ... Avec son accession au trône, la France allait enfin redevenir une vraie monarchie.  
 
C'était les années 80 et leur folie, une période où la France pouvait tout tenter parce qu'elle était riche et qu'elle "pouvait bien se le permettre".
 Les socialo-communistes au pouvoir purent mettre en place leur programme. Il y eut une immense vague de nationalisation (46 grands groupes dont 36 banques), une politique de relance par la dépense qui dilapida rapidement les maigres économies de l'Etat français - et dont on aperçut, un peu tard, qu'elle se traduisit seulement par une augmentation des importations pour un montant équivalent. Les réserves épuisées, il fut temps de creuser les dettes! Selon la vulgate keynésienne, chaque franc dépensé reviendrait au décuple, comme une nouvelle parabole d'un Jésus économique. Mais les pains tardaient à se multiplier et les dettes s'accumulaient. Qu'à cela ne tienne, une bonne dévaluation monétaire associée à une inflation galopante permettrait de réduire la charge des emprunts. Et au passage de faire fondre l'épargne de tous les Français.  
 
Alors, le franc dévalua, le 4 Octobre 1981. Puis le 12 Juin de l'année suivante. Puis encore le 21 Mars 1983. Et encore en avril 1986 - quatre dévaluations de la monnaie française! Le dollar passa un moment à dix francs, alimentant les spéculations. Quelques Français réalisèrent, au cours d'un voyage à l'étranger sans doute, que leur monnaie ne valait plus rien.  
 
En France, il y avait le contrôle des prix, l'augmentation des salaires indexée sur l'inflation, une succession de "politiques de rigueur" alternant avec des "politiques de relance" qui fit augmenter le nombre de chômeurs d'un million entre 1980 et 1987.  
Ah, les années Mitterrand! Une décennie et demie de fête extatique. C'était l'époque joyeuse des trafics d'armes en Angola, les dessous de tables du conflit Iran-Irak, la tornade Tapie, des scandales financiers sans nombre... le jeu de Cour avec ses courtisans, ses favoris, et les exclus des cercles du pouvoir. Les copains se retrouvaient à la tête des innombrables régies d'Etat ou dans les postes clef des médias, pour y creuser leur trou et placer leurs complices pour les vingt années suivantes. On commença à "expérimenter" de nouvelles méthodes éducatives pour réformer la société par sa tranche la plus malléable, les enfants, associées au monopole d'Etat de l'Education nationale. En bon monarque absolu, le Roi-Soleil pouvait tout se permettre, comme faire dynamiter le Rainbow Warrior dans les eaux territoriales néo-zélandaises en 1985 ou mettre sur écoute téléphonique n'importe quel individu qui avait l'heur de lui déplaire. Libertin, le Président usa de son pouvoir pour cacher autant que possible l'existence de sa fille Mazarine Pingeot née hors mariage et consultait la voyante Elizabeth Teissier pour prendre ses décisions...à moins que..  
En 1991, il nommait même une ancienne Mme dePompadour 1er ministre.
 
Les élections législatives de 1986 forcèrent une cohabitation entre le Président Mitterrand et le Premier Ministre Jacques Chirac, qui se révéla finalement moins pénible que prévu à cause de la proximité de vue des deux hommes. Mais la réélection du président en 1988 permis de repartir de plus belle. Posant avec son béret sur un fond de village embrumé, le slogan de sa campagne faisait mouche: "La force tranquille". Quelle force! Quelle tranquillité! Entre le pèlerinage annuel à la roche de Solutré avec fidèles et journalistes en passant par des répliques du cynisme le plus total, le vieux roi - déjà dévoré par un cancer, et il le savait - avait tout pour plaire à un peuple déja formaté par la "pensée unique".
 
La population avait toujours été éprise de ce royalisme dont la Révolution l'avait privé. Avec Mitterrand, elle le retrouvait. TONTON 1er
 
Mais alors que les années passaient, comme par une sorte de lassitude, l'ère Mitterrand semblait en bout de course. Il y avait bien encore quelques côpains-coquins à placer, mais le coeur n'y était plus. Le référendum de Maastricht instaurant l'Euro ne fut accepté que du bout des lèvres et après moult menaces. Le scandale du sang contaminé - des milliers d'hémophiles infectés par le SIDA simplement parce que l'Etat avait souhaité attendre pour disposer d'un test de dépistage français - entachait le pouvoir. Les chômeurs étaient 3,3 millions en 1993, il devenait urgent de réformer la méthode statistique utilisée pour les compter! Et la droite, revenue au gouvernement au travers d'une nouvelle cohabitation avec Edouard Balladur, privatisait et assainissait ce qu'elle pouvait, détricotant le merveilleux étatisme si cher aux collectivistes. Le président, asséché, malade, apparaissait de moins en moins en public et semblait se momifier vivant. Il est vrai que la population était tenue au secret de la tumeur qui le rongeait, alors même que lui et ses proches le savaient depuis 1981. Et encore plus en 1988 ou il s'est présenté pour barrer la route à Rocard.  
 
En 1995, l'ambitieux Jacques Chirac accéda enfin au poste suprême si longtemps convoité. François Mitterrand, le président français le plus longtemps en exercice, mourut le 8 janvier 1996 de son cancer de la prostate. La France avait la gueule de bois: en quinze ans, le déclin fut colossal. L'économie française n'était plus que l'ombre d'elle-même dans le marché mondial, la France étant descendue dans tous les classements internationaux (sauf celui de l'endettement.) Sur le plan politique, le pays gardait une forte influence dans ses anciennes colonies mais son paternalisme et ses prises de position en faveur des régimes dictatoriaux faisaient des vagues. Les chômeurs étaient devenus légions, secondés par une immense population d'assistés nourrie au RMI et aux allocations familiales. La vanité gouvernementale se confrontant au déclin du pays, il fallait trouver des solutions au moins sur le plan du vocabulaire; ainsi le ministre Hubert Védrine, qui passe à la postérité pour avoir traité les Etats-Unis "d'hyperpuissance", n'a guère inventé ce terme que pour continuer à qualifier la France de "superpuissance" dans ce nouveau contexte... Oui, l'Etat français est aussi vain que cela.  
 
Dix ans après sa mort, le prestige du dernier Roi de France reste inégalé au sein de la gauche. Mitterrand est celui qui a uni les partis disparates en une force politique décisive et qui a usé et abusé du pouvoir pendant tout le temps qu'il a pu l'exercer. Quel modèle! Dans ces conditions, il est normal que la foule des ténors socialistes se presse au cimetière devant les caméras, l'envie dans le regard, chacun cherchant à s'arroger le souvenir du vieux président pour se positionner aux prochaines élections présidentielles: Mitterrand est leur exemple, leur guide, un souvenir vivace. Aucun de ses proches n'a son habileté et son charisme (même en mettant l'écharpe et le chapeau), et il faudra plus que l'invocation de ce monstre sacré de la politique française pour redonner souffle au Parti Socialiste noyé dans son archaïsme. Chacun de ceux qui se prétendent ses dauphins espère en secret devenir un nouveau François Mitterrand sans en avoir la carrure; la France de 2006, descendue de plusieurs étages dans la richesse des nations, ne pourrait de toutes façons plus se le permettre, les caisses sont vides. Même avec un sous-Mitterrand déguisé en femme armé d'un sourrire de ravi de la crêche.
   
   
 
 
 

n°740
DRH
Posté le 20-05-2006 à 02:45:03  profilanswer
 

j'ai pas tout lu mais j'imagine.
 
j'espère que l'hitoire contée est la vraie
 
je lirai demain
 
@plusse

n°785
Nietzsche
Posté le 20-05-2006 à 12:29:25  profilanswer
 

Votre texte ,J.S.Mill, dit tout simplement le vérité.

n°786
Nietzsche
Posté le 20-05-2006 à 12:29:44  profilanswer
 

@plusse aussi !

n°787
Profil sup​primé
Posté le 20-05-2006 à 12:30:50  answer
 

[:ninik:2]  [:ninik:2]  
 
 to n texte est bcp trop long  :cry:  :cry:  
  la concision  est une qualité  pour  moi c'est  
 
http://actualite.benchmark.fr/depeche/pol/SGE.TFF24.180506185734.photo00.quicklook.default-172x245.jpg

n°800
alex 523
Posté le 20-05-2006 à 13:33:50  profilanswer
 

Le 20-05-2006 à 02:38:41, Humourix a écrit :


en quinze ans, le déclin fut colossal. L'économie française n'était plus que l'ombre d'elle-même dans le marché mondial, la France étant descendue dans tous les classements internationaux (sauf celui de l'endettement.) Sur le plan politique, le pays gardait une forte influence dans ses anciennes colonies mais son paternalisme et ses prises de position en faveur des régimes dictatoriaux faisaient des vagues. Les chômeurs étaient devenus légions, secondés par une immense population d'assistés nourrie au RMI et aux allocations familiales. La vanité gouvernementale se confrontant au déclin du pays, il fallait trouver des solutions au moins sur le plan du vocabulaire; ainsi le ministre Hubert Védrine, qui passe à la postérité pour avoir traité les Etats-Unis "d'hyperpuissance", n'a guère inventé ce terme que pour continuer à qualifier la France de "superpuissance" dans ce nouveau contexte... Oui, l'Etat français est aussi vain que cela.  


 
 

Excellentissime analyse !! Très juste et très complet.
 
Aux jeunes qui ne connaissent pas les années Mitterrand, je conseillerait de lire et relire ce texte.
Et une fois fini le relire encore ...
 
Pour "ninik",  
pour tous ceux dont les références culturelles se limitent à la star académie,  
pour ceux qui estiment Djamel Debouse comme la référence en matière d'analyse politique,
pour ceux qui considèrent que Segolène Royale va sauver la France grâce à sa platique irreprochable,
pour ceux qui ne sont pas capable de lire plus de 2 lignes :
 
En résumé : Avant Mitterrand la France rayonnait dans le monde. L'héritage des 14 ans de monarchie Mitterandienne, c'est 2000 milliards d'euro de dette publique, 5 milllions de chomeurs, une immense population d'assistés nourrie au RMI et aux allocations familiales, un pays au bord de l'asphixie.
 

n°802
amarcord
Posté le 20-05-2006 à 13:38:03  profilanswer
 

Votre analyse est bonne.Le résultat de tout ça?La France du patrimoine( communément appellée vieille France, avec tout ce que celà implique de morale égoïste, catho etc...), celle qui met ses énarques, de gauche ou de droite dans nos ministères (sans se soucier de son hypocrisie non plus), qui vénéra De Gaulle , qui se convertit au socialisme mitterandien (mouais) par soumission intérressée, c'est toujours cette France là qui s'imagine tirer les ficelles....pendant que l'Europe sans constitution, sans gouvernement, est soumise au bon vouloir des financiers internationaux des fonds de pension américains.Ceux là ne sont pas de sentimentaux: le profit...toujours le profit.Quand on riait du culte de l'homme...de Mao , par exemple, quand notre parti communiste était encore le dernier de son espèce à être Stalinien..quand enfin aujourd'hui De Gaulle ou Mitterand sont vénérés encore comme des monarques de génie....il y a de quoi rire....jaune , certes? Surtout quand on sait ce que le developpement chinois va signifier pour les pays comme nous....Alors, l'autre catégorie de Français, plus nombreuse, souvent désinformée, avec un quotidien difficile, c'est celle là qui doit réflechir à sa manière  de voter.Le chômage, l'avenir des jeunes, le désadaptation de l'enseignement, les difficultés d'intégration...les retraites, la santé.Ce seront les points où il ne faudra demander une vraie responsabilité gouvernementale.Si nous voulons celà, il faudra réduire le pouvoir du Président, et passer à un système de démocratie citoyenne d'opinion, avec une réelle information et de vrais débats...Vaste chantier ...Souvenez vous que depuis 1962, aucun gouvernement n'a été renversé par l'Assemblée Nationale.Pourquoi à votre avis? Parce qu'il est impossible, avec le système actuel, d'exiger la responsabilité politique de ceux qui sont en place...Alors bien sur, nos valeureux candidats pourront faire des promesses, prendre des engagements même impossibles à tenir....quand au bout du compte, on s'apercevra une nouvelle fois qu'elles n'ont pas été tenues....il resteront en place pareil....car ils n'ont même plus la fierté de la fonction qu'ils occupent.Je pense qu'il va falloir devenir trés humble, et sourire de la grandeur de la France, de sa puissance économique, militaire etc....heureusement qu'il nous reste la Culture, n'est-ce pas? Hélas, elle ne nourrit pas trés bien son Peuple, surtout quand on voit sa télévision...Alors, demandons tous qu'on cesse de rejouer ( piteusement!) les "rois maudits", et qu'on nous raconte réellement ce que font les "maudits rois" qui nous gouvernent sous couvert de l'assentiment démocratique.Voilà qui vous donne le poids exact de votre futur bulletin de vôte....immense enjeu!

n°803
sixtifan
Posté le 20-05-2006 à 13:40:04  profilanswer
 

Le 20-05-2006 à 02:38:41, Humourix a écrit :

Dix ans que le monarche de la gauche française est mort. Quel héritage a-t-il laissé? Il est difficile d'en parler à quelqu'un qui n'a pas vécu en France à cette époque .  
 
En 1981, la France était une grande puissance, un pays riche. Un gouvernement à peu près pris au sérieux à l'étranger, une économie qui comptait, un peuple avec zeste d'optimisme, qui pouvait trouver du boulot et acquérir son logement simplement parce que les prix étaient abordables et que les salaires amenaient un réel pouvoir d'achat.  
Pour reprendre un terme tellement à la mode chez les élus de tous poils, la France rayonnait.
 Certes, la lumière de l'astre avait déja fortement pâli avec le septennat précédent,à cause des deux chocs pétroliers; Valéry Giscard d'Estaing avait déjà instauré les bases de sa vision sociale et fut surpris et humilié que le peuple français choisisse une vraie politique à gauche plutot que la médiocre imitation qu'il mettait en place. Après sa gifle électorale, il s'en alla donc en direct pour faire pleurer les gens dans les chaumières, qui ne pleurèrent pas.  
 
Ah, les années Mitterrand! Tout à tour chef de clan, parrain maffiosi, empereur romain, le politicien qui s'était fait limer les dents pour paraître moins carnassier à l'image savait gérer la sienne comme personne. Décoré de la francisque par le gouvernement de Vichy, il devint ministre à la Libération. Adversaire acharné de la constitution de 1958, il s'en accommoda parfaitement une fois président: ... Avec son accession au trône, la France allait enfin redevenir une vraie monarchie.  
 
C'était les années 80 et leur folie, une période où la France pouvait tout tenter parce qu'elle était riche et qu'elle "pouvait bien se le permettre".
 Les socialo-communistes au pouvoir purent mettre en place leur programme. Il y eut une immense vague de nationalisation (46 grands groupes dont 36 banques), une politique de relance par la dépense qui dilapida rapidement les maigres économies de l'Etat français - et dont on aperçut, un peu tard, qu'elle se traduisit seulement par une augmentation des importations pour un montant équivalent. Les réserves épuisées, il fut temps de creuser les dettes! Selon la vulgate keynésienne, chaque franc dépensé reviendrait au décuple, comme une nouvelle parabole d'un Jésus économique. Mais les pains tardaient à se multiplier et les dettes s'accumulaient. Qu'à cela ne tienne, une bonne dévaluation monétaire associée à une inflation galopante permettrait de réduire la charge des emprunts. Et au passage de faire fondre l'épargne de tous les Français.  
 
Alors, le franc dévalua, le 4 Octobre 1981. Puis le 12 Juin de l'année suivante. Puis encore le 21 Mars 1983. Et encore en avril 1986 - quatre dévaluations de la monnaie française! Le dollar passa un moment à dix francs, alimentant les spéculations. Quelques Français réalisèrent, au cours d'un voyage à l'étranger sans doute, que leur monnaie ne valait plus rien.  
 
En France, il y avait le contrôle des prix, l'augmentation des salaires indexée sur l'inflation, une succession de "politiques de rigueur" alternant avec des "politiques de relance" qui fit augmenter le nombre de chômeurs d'un million entre 1980 et 1987.  
Ah, les années Mitterrand! Une décennie et demie de fête extatique. C'était l'époque joyeuse des trafics d'armes en Angola, les dessous de tables du conflit Iran-Irak, la tornade Tapie, des scandales financiers sans nombre... le jeu de Cour avec ses courtisans, ses favoris, et les exclus des cercles du pouvoir. Les copains se retrouvaient à la tête des innombrables régies d'Etat ou dans les postes clef des médias, pour y creuser leur trou et placer leurs complices pour les vingt années suivantes. On commença à "expérimenter" de nouvelles méthodes éducatives pour réformer la société par sa tranche la plus malléable, les enfants, associées au monopole d'Etat de l'Education nationale. En bon monarque absolu, le Roi-Soleil pouvait tout se permettre, comme faire dynamiter le Rainbow Warrior dans les eaux territoriales néo-zélandaises en 1985 ou mettre sur écoute téléphonique n'importe quel individu qui avait l'heur de lui déplaire. Libertin, le Président usa de son pouvoir pour cacher autant que possible l'existence de sa fille Mazarine Pingeot née hors mariage et consultait la voyante Elizabeth Teissier pour prendre ses décisions...à moins que..  
En 1991, il nommait même une ancienne Mme dePompadour 1er ministre.
 
Les élections législatives de 1986 forcèrent une cohabitation entre le Président Mitterrand et le Premier Ministre Jacques Chirac, qui se révéla finalement moins pénible que prévu à cause de la proximité de vue des deux hommes. Mais la réélection du président en 1988 permis de repartir de plus belle. Posant avec son béret sur un fond de village embrumé, le slogan de sa campagne faisait mouche: "La force tranquille". Quelle force! Quelle tranquillité! Entre le pèlerinage annuel à la roche de Solutré avec fidèles et journalistes en passant par des répliques du cynisme le plus total, le vieux roi - déjà dévoré par un cancer, et il le savait - avait tout pour plaire à un peuple déja formaté par la "pensée unique".
 
La population avait toujours été éprise de ce royalisme dont la Révolution l'avait privé. Avec Mitterrand, elle le retrouvait. TONTON 1er
 
Mais alors que les années passaient, comme par une sorte de lassitude, l'ère Mitterrand semblait en bout de course. Il y avait bien encore quelques côpains-coquins à placer, mais le coeur n'y était plus. Le référendum de Maastricht instaurant l'Euro ne fut accepté que du bout des lèvres et après moult menaces. Le scandale du sang contaminé - des milliers d'hémophiles infectés par le SIDA simplement parce que l'Etat avait souhaité attendre pour disposer d'un test de dépistage français - entachait le pouvoir. Les chômeurs étaient 3,3 millions en 1993, il devenait urgent de réformer la méthode statistique utilisée pour les compter! Et la droite, revenue au gouvernement au travers d'une nouvelle cohabitation avec Edouard Balladur, privatisait et assainissait ce qu'elle pouvait, détricotant le merveilleux étatisme si cher aux collectivistes. Le président, asséché, malade, apparaissait de moins en moins en public et semblait se momifier vivant. Il est vrai que la population était tenue au secret de la tumeur qui le rongeait, alors même que lui et ses proches le savaient depuis 1981. Et encore plus en 1988 ou il s'est présenté pour barrer la route à Rocard.  
 
En 1995, l'ambitieux Jacques Chirac accéda enfin au poste suprême si longtemps convoité. François Mitterrand, le président français le plus longtemps en exercice, mourut le 8 janvier 1996 de son cancer de la prostate. La France avait la gueule de bois: en quinze ans, le déclin fut colossal. L'économie française n'était plus que l'ombre d'elle-même dans le marché mondial, la France étant descendue dans tous les classements internationaux (sauf celui de l'endettement.) Sur le plan politique, le pays gardait une forte influence dans ses anciennes colonies mais son paternalisme et ses prises de position en faveur des régimes dictatoriaux faisaient des vagues. Les chômeurs étaient devenus légions, secondés par une immense population d'assistés nourrie au RMI et aux allocations familiales. La vanité gouvernementale se confrontant au déclin du pays, il fallait trouver des solutions au moins sur le plan du vocabulaire; ainsi le ministre Hubert Védrine, qui passe à la postérité pour avoir traité les Etats-Unis "d'hyperpuissance", n'a guère inventé ce terme que pour continuer à qualifier la France de "superpuissance" dans ce nouveau contexte... Oui, l'Etat français est aussi vain que cela.  
 
Dix ans après sa mort, le prestige du dernier Roi de France reste inégalé au sein de la gauche. Mitterrand est celui qui a uni les partis disparates en une force politique décisive et qui a usé et abusé du pouvoir pendant tout le temps qu'il a pu l'exercer. Quel modèle! Dans ces conditions, il est normal que la foule des ténors socialistes se presse au cimetière devant les caméras, l'envie dans le regard, chacun cherchant à s'arroger le souvenir du vieux président pour se positionner aux prochaines élections présidentielles: Mitterrand est leur exemple, leur guide, un souvenir vivace. Aucun de ses proches n'a son habileté et son charisme (même en mettant l'écharpe et le chapeau), et il faudra plus que l'invocation de ce monstre sacré de la politique française pour redonner souffle au Parti Socialiste noyé dans son archaïsme. Chacun de ceux qui se prétendent ses dauphins espère en secret devenir un nouveau François Mitterrand sans en avoir la carrure; la France de 2006, descendue de plusieurs étages dans la richesse des nations, ne pourrait de toutes façons plus se le permettre, les caisses sont vides. Même avec un sous-Mitterrand déguisé en femme armé d'un sourrire de ravi de la crêche.


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que de bla-bla pour essayer de faire oublier la Chiraquie.  Que de temps perdu !

n°804
subversiv
Posté le 20-05-2006 à 13:40:48  profilanswer
 

Chirac est un radical socialiste donc pire que Mittérand, vous avez raison.
 
Ils me dégoutent tous.

n°809
amarcord
Posté le 20-05-2006 à 14:03:00  profilanswer
 

A la relecture ( ravie...) de votre texte, je m'aperçois d'un omission!!!Nous devons à Tonton premier, le rôle d'arbitre que joue le FN et JM LePen...et la conception d'un pouvoir basé sur la menace de l'atteinte à la démocratie, avec le spectre de la dictature...ce qui nous fait choisir la solution du moindre mal .Merci Tonton!

n°810
subversiv
Posté le 20-05-2006 à 14:05:10  profilanswer
 

Le Fn a le golem créé par la gauche...
Un golem qui s'est retourné contre son créateur en 2002....
 
Sacrifier la France pour  garder le pouvoir...

n°1028
Jean le do​cker
Posté le 20-05-2006 à 22:02:36  profilanswer
 

Le 20-05-2006 à 14:03:00, amarcord a écrit :

A la relecture ( ravie...) de votre texte, je m'aperçois d'un omission!!!Nous devons à Tonton premier, le rôle d'arbitre que joue le FN et JM LePen...et la conception d'un pouvoir basé sur la menace de l'atteinte à la démocratie, avec le spectre de la dictature...ce qui nous fait choisir la solution du moindre mal .Merci Tonton!


Il est certain que Mitterrand savait que le FN mettrait la droite en difficulté. Et il n'y a qu'a voir commment sont élus des députés de gauche dans les triangulaires ou le FN fait perdre la droite.

n°1209
Nietzsche
Posté le 20-05-2006 à 23:49:47  profilanswer
 

Ca c'est vrai !

n°50062
mjr71
Posté le 02-09-2006 à 11:10:57  profilanswer
 

Et dire que Marie Ségolène et Jospin se réclament de MITTERAND.

n°2086829
Vladimir A​laspirine
Posté le 23-01-2011 à 15:05:05  profilanswer
 

Le 20-05-2006 à 14:05:10, subversiv a écrit :


           Le Fn a le golem créé par la gauche...
Un golem qui s'est retourné contre son créateur en Avril 2002....
 
Sacrifier la France pour  garder le pouvoir...

  [:anonyme34:2]


---------------
Les mouvements extrémistes, populistes ou de gauche, ne sont que des dérivatifs maladifs du système.  
n°2086830
Vladimir A​laspirine
Posté le 23-01-2011 à 15:05:47  profilanswer
 

Le 20-05-2006 à 22:02:36, Jean le docker a écrit :


Il est certain que Mitterrand savait que le FN mettrait la droite en difficulté. Et il n'y a qu'a voir commment sont élus des députés de gauche dans les triangulaires ou le FN fait perdre la droite.

        :jap:  :jap:   exact


---------------
Les mouvements extrémistes, populistes ou de gauche, ne sont que des dérivatifs maladifs du système.  
n°2352811
FBD et Nde​S
Posté le 04-02-2012 à 14:37:00  profilanswer
 

Le 20-05-2006 à 02:38:41, Humourix a écrit :

Dix ans que le monarche de la gauche française est mort. Quel héritage a-t-il laissé? Il est difficile d'en parler à quelqu'un qui n'a pas vécu en France à cette époque .  
 
En 1981, la France était une grande puissance, un pays riche. Un gouvernement à peu près pris au sérieux à l'étranger, une économie qui comptait, un peuple avec zeste d'optimisme, qui pouvait trouver du boulot et acquérir son logement simplement parce que les prix étaient abordables et que les salaires amenaient un réel pouvoir d'achat.  
Pour reprendre un terme tellement à la mode chez les élus de tous poils, la France rayonnait.
 Certes, la lumière de l'astre avait déja fortement pâli avec le septennat précédent,à cause des deux chocs pétroliers; Valéry Giscard d'Estaing avait déjà instauré les bases de sa vision sociale et fut surpris et humilié que le peuple français choisisse une vraie politique à gauche plutot que la médiocre imitation qu'il mettait en place. Après sa gifle électorale, il s'en alla donc en direct pour faire pleurer les gens dans les chaumières, qui ne pleurèrent pas.  
 
Ah, les années Mitterrand! Tout à tour chef de clan, parrain maffiosi, empereur romain, le politicien qui s'était fait limer les dents pour paraître moins carnassier à l'image savait gérer la sienne comme personne. Décoré de la francisque par le gouvernement de Vichy, il devint ministre à la Libération. Adversaire acharné de la constitution de 1958, il s'en accommoda parfaitement une fois président: ... Avec son accession au trône, la France allait enfin redevenir une vraie monarchie.  
 
 


 
ben oui

n°2352812
FBD et Nde​S
Posté le 04-02-2012 à 14:39:00  profilanswer
 

Le 20-05-2006 à 02:38:41, Humourix a écrit :

C'était les années 80 et leur folie, une période où la France pouvait tout tenter parce qu'elle était riche et qu'elle "pouvait bien se le permettre".
 Les socialo-communistes au pouvoir purent mettre en place leur programme. Il y eut une immense vague de nationalisation (46 grands groupes dont 36 banques), une politique de relance par la dépense qui dilapida rapidement les maigres économies de l'Etat français - et dont on aperçut, un peu tard, qu'elle se traduisit seulement par une augmentation des importations pour un montant équivalent. Les réserves épuisées, il fut temps de creuser les dettes! Selon la vulgate keynésienne, chaque franc dépensé reviendrait au décuple, comme une nouvelle parabole d'un Jésus économique. Mais les pains tardaient à se multiplier et les dettes s'accumulaient. Qu'à cela ne tienne, une bonne dévaluation monétaire associée à une inflation galopante permettrait de réduire la charge des emprunts. Et au passage de faire fondre l'épargne de tous les Français.  
 
Alors, le franc dévalua, le 4 Octobre 1981. Puis le 12 Juin de l'année suivante. Puis encore le 21 Mars 1983. Et encore en avril 1986 - quatre dévaluations de la monnaie française! Le dollar passa un moment à dix francs, alimentant les spéculations. Quelques Français réalisèrent, au cours d'un voyage à l'étranger sans doute, que leur monnaie ne valait plus rien.  
 
En France, il y avait le contrôle des prix, l'augmentation des salaires indexée sur l'inflation, une succession de "politiques de rigueur" alternant avec des "politiques de relance" qui fit augmenter le nombre de chômeurs d'un million entre 1980 et 1987.  
   
 


 
 ensuite

n°2352813
FBD et Nde​S
Posté le 04-02-2012 à 14:40:26  profilanswer
 

Le 20-05-2006 à 02:38:41, Humourix a écrit :

Alors, le franc dévalua, le 4 Octobre 1981. Puis le 12 Juin de l'année suivante. Puis encore le 21 Mars 1983. Et encore en avril 1986 - quatre dévaluations de la monnaie française! Le dollar passa un moment à dix francs, alimentant les spéculations. Quelques Français réalisèrent, au cours d'un voyage à l'étranger sans doute, que leur monnaie ne valait plus rien.  
 
En France, il y avait le contrôle des prix, l'augmentation des salaires indexée sur l'inflation, une succession de "politiques de rigueur" alternant avec des "politiques de relance" qui fit augmenter le nombre de chômeurs d'un million entre 1980 et 1987.  
Ah, les années Mitterrand! Une décennie et demie de fête extatique. C'était l'époque joyeuse des trafics d'armes en Angola, les dessous de tables du conflit Iran-Irak, la tornade Tapie, des scandales financiers sans nombre... le jeu de Cour avec ses courtisans, ses favoris, et les exclus des cercles du pouvoir. Les copains se retrouvaient à la tête des innombrables régies d'Etat ou dans les postes clef des médias, pour y creuser leur trou et placer leurs complices pour les vingt années suivantes. On commença à "expérimenter" de nouvelles méthodes éducatives pour réformer la société par sa tranche la plus malléable, les enfants, associées au monopole d'Etat de l'Education nationale. En bon monarque absolu, le Roi-Soleil pouvait tout se permettre, comme faire dynamiter le Rainbow Warrior dans les eaux territoriales néo-zélandaises en 1985 ou mettre sur écoute téléphonique n'importe quel individu qui avait l'heur de lui déplaire. Libertin, le Président usa de son pouvoir pour cacher autant que possible l'existence de sa fille Mazarine Pingeot née hors mariage et consultait la voyante Elizabeth Teissier pour prendre ses décisions...à moins que..  
En 1991, il nommait même une ancienne Mme dePompadour 1er ministre.
 
 
 
 


 
et puis le mieux est de relire en première ligne


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